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Chiff' - Page 46

  • L'empire ultime - Brian Sanderson

    766019.jpgDepuis plus de 1000 ans, le Seigneur Maître règne sur le monde par la tyrannie et la terreur. Sous sa férule et celle de ses inquisiteurs, les nobles commercent et pratiquent, pour certains, l’allomancie, les skaas, esclaves, triment jusqu’à la mort. Mais sous les pluies de cendre et dans les brumes, quelque chose se réveille. A commencer par Vin, une jeune voleuse skaa que ses pouvoirs allomantiques hors du commun font remarquer par Kelsier, le plus célèbre voleur de l’Empire, dont le dernier projet n’est rien moins que renverser le Seigneur Maître.


    Comme dirait une de mes connaissances, tout ceci est fort, fort original : imaginez donc, une héroïne/un héros qui se découvre des pouvoirs (rayez la mention inutile)! Fichtre ! Et puis une bande de joyeux aventuriers/voleurs/magiciens (rayez la mention inutile) qui se lance dans une quête/guerre/aventure (rayez de nouveau la mention intuile) !! Et un grand méchant pas beau pourvu de super pouvoirs qui lui permettent de pourrir la vie de tout le monde ! On verrait deux trois créatures bizarres errer dans le coin qu’on ne serait pas surpris. Ah, oui, en fait il y a des créatures bizarres qui errent dans le coin. Original je vous dis, suivez un peu !

    Ca, c’est que j’ai dit en découvrant la quatrième de couverture. Après j’ai pris la mesure de l’objet, soupiré sur la propension des auteurs de fantasy à déverser des torrents de pages sur leurs pauvres lecteurs et la perspective d’une énième trilogie. Avant de gémir en ouvrant la chose et en découvrant des marges réduites, une typo serrée et 600 pages qui me regardaient la bouche en cœur. Et de grogner en revenant sur la couverture pour découvrir un « Vivement recommandé » de Robin Hobb. Je suis comme ça, j’ai mauvais esprit. Et j’aime ronchonner.

    C’était donc assez mal parti entre Brian Sanderson et moi. Mais ça s’est bien, très bien terminé. J’ai eu beau grogner, soupirer, gémir, c’est avec le sourire satisfait et repu de l’amatrice-du-genre-dont-on-ne-s’est-pas-fichue que j’ai terminé L’empire ultime.

    Parce que dans L’empire ultime, vous trouverez :

    - un héros viril qui cache sous son sourire un grand drame et les bobos qui s’y rattachent dont un certain nombre de cicatrices ;

    - une bande de guignols prêts à tout pour le suivre ;

    - une héroïne cruchette mais finalement pas ;

    - un noble aux nobles sentiments, surtout amoureux ;

    - de l’amitié ;

    - de la noblesse et de l’honneur ;

    - de l’amour (une larmichette) ;

    - un grand méchant pas beau esclavagiste et tortionnaire avec des pouvoirs funky ;

    - de la stratégie ;

    - un peu de cuisine ;

    - de la baston enthousiasmante.

    Sans rire, l’empire ultime, c’est de la bonne. Bon, certes, il y a quelques défauts dont je vais parler très vite pour les oublier tout aussi vite puisque j’ai pour projet de hurler mon enthousiasme. D'accord, l’intrigue ne casse pas des briques. Oui, on aperçoit deux ou trois petits bouts de ficelles, par ci par là. Effectivement, c’est par moment un brin longuet. Mais avec tout ça, Brian Sanderson construit un univers politiquement crédible, intéressant et y fait bouger des personnages qui, pour archétypaux qu’ils soient, sont fouillés et deviennent très vite terriblement attachants ou terriblement détestables. Il maîtrise son intrigue de bout et bout, et à chaque fois qu’on pense avoir tout compris, sort un atout d’une manche histoire de brouiller un peu les pistes. Or, s’il y a une chose que j’adore, c’est me faire mener en bateau.

    Mais développons un brin cette analyse de haute volée.

    Le cadre déjà: celui d’une terre dévastée, d’une tyrannie religieuse à la tête de laquelle se trouve le Seigneur Maître, déifié pour avoir vaincu 1000 ans auparavant l’Insondable, monstre dont on ne saura rien sinon qu’il a manqué détruire la terre. Sous les chutes de cendres et dans les brumes, se dessinent les contours d’un monde désespérant et désespéré où la plus grande partie de la population se contente de survivre et de s’endurcir pendant que les nobles s’adonnent aux intrigues politiques et aux plaisirs de la vie. Ce monde un petit groupe de voleurs, d’aventuriers et de rebelles va tenter de le renverser pour donner, enfin, la liberté aux skaas. Et quel groupe ! Une bande de salauds sans beaucoup de scrupules mais le cœur sur la main et le sens de l’amitié chevillé au corps :: il y a le charismatique Kelsier, Vin, l’adolescente paranoïaque, Sazed l’intendant aux étranges capacités... Leurs aventures m’ont tenue en haleine pendant 600 pages, tant les fils des intrigues et des secrets se croisent et s’entrecroisent. Le tout est saupoudré d’une pincée de découverte amoureuse et de découverte tout court, Vin ouvrant les yeux sur un monde complètement différent de celui dans lequel elle a grandit (coups, faim, trahisons and co, idéal donc) et sur quelques petites choses comme l’amitié, la confiance, le sens d’un engagement, la fascination du pouvoir et de la richesse, la manipulation, l'injustice, et l'allomancie. L'allomancie, autre point fort du roman! Pour une fois, pas de sorts et de contre-sorts, mais un système fondé sur la manipulation des métaux, une faculté étrange mais finalement "naturelle", dévolue à certains. J'ai beaucoup aimé découvrir avec Vin le système de classement des métaux et sa prise de conscience de sa nature de Fille-des-Brume, une des rare personne à pouvoir utiliser tous les métaux, la suivre en train d'en maîtriser les effets, d'en tester les limites.

    J'ai aussi particulièrement apprécié le fait que Brian Sanderson n'hésite pas à malmener ses héros, à les parer de quelques défauts et failles, comme Keslier et sa tendance à classifier le monde en blanc et noir quand il s'agit des nobles, ou Brise et son arrogance... Et qu'au-delà de la quête, on suive surtout la préparation d'un casse hors du commun dans son ampleur et ses ramifications.

    Bref, c'est une bonne histoire, bien écrite (ou plutôt très bien traduite, bravo Mélanie Fazi pour ce travail superbe) et maîtrisée, qui, cerise sur le gâteau, ne se termine pas sur un climax idiot: l'histoire se termine, on devine tout juste les développements que les quelques indices et questions posés au fil des pages laissent augurer.

     

    Sanderson, Brian, L'empire ultime, Fils-des-Brumes t.1, Orbit, 2010, 4/5

  • Saltarello - Matthieu Dhennin

    9782742787654FS.gifNicolas Oresme est mort. Alix de Rougement, un de ses élèves porte son cercueil et se rend compte qu’il est trop léger pour contenir le corp. Dès lors, sa vie sera consacrée à découvrir ce qu’il est arrivé à son maître.

    Caro[line] était tellement enthousiaste. Et puis c’est chez Actes Sud. Et puis… De bonnes raisons en bonnes raisons, j’ai ouvert en toute vergogne le Saltarello de Matthieu Dhennin, me préparant à plonger avec délice dans un de mes univers préférés, le Moyen-âge. Que voulez-vous, entre deux vaisseaux spatio-temporels, quelques sorciers et autres histoires, je parviens encore à caser quelques obsessions et celle que je nourris pour la guerre de Cent Ans et plus globalement pour cette époque merveilleuse qu’est le Moyen-Âge n’est pas récente.

    En fait de délice, c’est une légère déception dont je vais ici me faire l’écho. Non pas que Saltarello soit un mauvais roman, loin de là. C’est même dans sa catégorie un texte ambitieux, original, au fond exigeant. Matthieu Dhennin réussit à plonger son lecteur dans le Paris du 14e siècle avec talent et déploie toute une galerie de personnages et d’événements qui permettent de se rendre compte à quel point cette période a été foisonnante et importante, loin, très loin de l’image trop souvent répandue d’âge sombre et barbare. On y discutait science, art, médecine, politique, cuisine avec verve et passion malgré le frein que pouvait représenter l’Eglise. On rencontre Nicolas Oresme et sa fascination pour la musique et l’harmonie, on croise Taillenvent le cuisinier des puissants, auteur du premier livre de cuisine, Nicolas Flamel qui avant d’être connu comme alchimiste était surtout un libraire tenant atelier de copie, Christine de Pizan, bref, au fil des pages, défilent des noms connus ou pour le moins familiers à qui l’auteur donne une épaisseur différente de celle que leur octroient les livres d’histoire. On redécouvre aussi les lieux avec plaisir : Saint-Germain-des-Prés et les villages devenus aujourd’hui des quartiers de Paris, le château de Vincennes en construction, l’île Saint-Louis en friche, les ponts, les Halles et tout le petit monde qui s’y croise et s’y bouscule.

    Pour tout cela, chapeau monsieur Dhennin.

    Malheureusement, la construction du roman ne m’a pas convaincue du tout, ou du moins, m’a rendue la lecture trop pénible pour que je puisse réellement apprécié la richesse du récit et des personnages. Le fait de basculer d’époques en époques m’a parfois agaçée et perdue et la conclusion de l’intrigue m’a semblée du coup trop rapide, d’autant que finalement, l’enquête de Rougemont sur la mort d’Oresme se révèle être quasi accessoire, l’alchimie prenant une place de plus en plus importante. J’ai eu un peu de mal à faire le lien ente les deux, voire eu l’impression qu’Oresme était totalement oublié pour mettre l’accent sur la naïveté et l’idiotie de Rougemont. On a un peu le sentiment d’un fourre-tout où un meurtre côtoie des messes noires et des pratiques magiques diverses et variées sans guère de cohérence. Pour le reste, la tendance à transcrire les tics de langages et accents m’a beaucoup gênée.

    Mais je pinaille car malgré mes bémols tout personnes, c’est un roman à découvrir, ne serait-ce que pour la manière dont il rend le 14e siècle français intensément vivant et présent !

    Tout est de la faute de Caro[line], mais Uncoindeblog, Yueyin, Pimpi, Ys et bien d'autres en parlent aussi...

     

    Dhennin, Matthieu, Saltarello, Actes Sud, 2009, 3/5




  • Les monstres de Templeton - Lauren Groff

    9782264049841FS.gifAlors que Willie Upton rentre dans sa bonne ville natale de Templeton pour panser ses plaies après une déception amoureuse en forme de cataclysme, le cadavre d’une étrange créature émerge à la surface du lac déclenchant une tempête médiatique. Mais ce n’est rien face aux bouleversements familiaux que va vivre Willie en quelques jours : sa mère Vi, ancienne hippie, se décide à lui révéler qu’elle n’est pas le fruit d’amours libres dans le San Francisco des années 1970, mais l’enfant d’un homme de la ville dont elle refuse de donner le nom… Plutôt que de se morfondre sur son sort et la crevette qui a pris racine en elle, Wilile se décide de percer le secret de ses origines paternelles.

     

    Il y a des romans comme ça, dont vous savez dès la première page que vous allez les dévorer. J’ai rencontré Willie au détour d’une première page, un drôle de monstre un peu plus loin et j’étais embarquée dans une histoire un peu folle que je n’ai pas pu lâcher avant la dernière page. Lauren Groff ne révolutionne pas la littérature, mais elle offre un roman remarquable, à la fois drôle et émouvant, passionnant et superbement construit. A la vie de Willie lancée dans ses recherches répondent les extraits de journaux intimes, les correspondances, les testaments, les romans, les journaux qu’elle découvre et qui dessinent par petits bouts l’histoire de sa famille et celle de sa ville puisque par sa mère et par ce père qu’elle ne connaît pas, Willie Upton est apparentée au fondateur de Templeton, Marmaduke Temple. Du coup, c’est non seulement une saga familiale avec ses fous, ses trahisons, ses drames et ses bonheurs qui se dévoile, mais aussi l’histoire d’une ville américaine des premiers pionniers à aujourd’hui. A la fois quête et enquête, la recherche de Willie met au jour les secrets cachés par des gens bien sous tout rapport, les relents fétides d’une réussite perçue comme fondatrice du rêve américain, les noirceurs d’une aristocratie nouvelle. On va d’arbre généalogique modifié en arbre généalogique complété au gré des découvertes de Willie, le tout agrémenté de portraits qui donnent corps aux voix qui se sont fait entendre et un petit air de réalisme au récit.

    C’est passionnant et servi par des personnages hauts en couleur, fascinants, plus complexes qu’ils n’apparaissent au premier abord, tous pourvus d'une petite bizarrerrie qui les rends proches. La bibliothécaire poussiéreuse et ses brownies, les joyeux joggueurs et leurs commérages, la jeunesse de Vi et ses amours religieuses... Dans la petite ville de Templeton, on a une sorte de creuset de toute la complexité des relations humaines, et ce à travers le temps. J'ai particulièrement apprécié la correspondance vénéneuse entre deux dames bien sous tout rapport que découvre Willie, les secrets soigneusement dissimulés pour éviter l'opprobre qu'elle découvre souvent par hasard. Ou que d'autres avant elle avaient soulevé au prix de leur carrière et d'une levée de bouclier. On ne touche pas impunément aux icônes du rêve américain... C’est souvent drôle malgré le tragique qui empreint le destin de la plupart des personnages.

    Et puis il y a cette petite touche de fantastique : le monstre du lac, le fantôme qui hante la maison de Upton… Des manifestations qui sont le symbole des secrets profondément enfouis qui modèlent les familles. A travers Willie qui cherche à découvrir son père, Lauren Groff parle de la filiation, des dissimulations, des mythes qui se construisent sur ce qui a été caché et n’attend que le hasard pour être révélé, du fait que les monstres ne sont pas toujours ce, ou ceux que l'on perçoit au premier abord comme tel.

    Roman à tiroirs, roman historique, roman humoristique, roman tragique, Les monstres de Templeton est un petit bijou qui me fait attendre avec impatience le nouvel opus de l’auteur dont c’était le premier roman.

    C'est Chimère qui m'a donné envie, mais Cuné en parle aussi, tout comme Cathulu, Manu,...


    ps: le trouve la couverture 10/18 absolument superbe!

    Groff, Lauren, Les monstres de Templeton, 10/18, 2010, 5/5




  • La couronne d'argent - Robert C. O'Brien

    02767.gif.jpgLe matin de son anniversaire, la première chose que voit Ellen est un drôle de cadeau : une couronne en argent qu’elle met immédiatement avant de partir se promener en attendant que le reste de la famille se réveille. A son retour, la maison a brûlé, sa famille aussi et le policier qui l’amenait au commissariat est tué par un bandit. Elle décide donc de partir chez sa tante Sarah à 600km de là, et de se débrouiller toute seule. Mais des gens étranges prétendent lui venir en aide, et rapidement, il lui semble être suivie…

    Il y a une longue, très longue histoire entre moi et ce roman jeunesse. Je l’ai découvert au CDI du collège que je fréquentais, l’ai emprunté et réemprunté, ai quitté le collège et l’ai redécouvert entre les mains de ma sœur quelques douze ans plus tard, avec à l’intérieur, la même fiche d’emprunt. Je l’avais regardé avec un sourire à l’époque et puis j’étais passé à autre chose. C’est tout récemment que j’ai eu l’occasion de le relire. J’étais, je dois bien l’avouer, un peu inquiète de ne pas y retrouver le même plaisir. J’avais tort. Je n’ai sans doute pas aimé pour les mêmes raisons, mais quel roman !

    Avant tout, La couronne d’argent est une merveilleuse aventure, pleine de rebondissements, de suspense. On suit avec intérêt la jeune Ellen dans ses aventures, on découvre avec plaisir les personnages hauts en couleur qu’elle rencontre au fil de son voyage, on tremble pour et avec elle.

    Mais au-delà de ça, La couronne d’argent est un roman étonnant : écrit en 1962, il met en scène une véritable petite héroïne, décidée, futée et déterminée à ne pas se laisser marcher sur les pieds par les garçons. Elle n’hésite pas à partir à l’aventure, se tire des mauvais pas avec ou sans aide. Elle sait qu’elle est une reine et va se comporter comme tel : avec courage, dignité, et la volonté de tenir sa place dans le monde.  On est loin des robes empesées et des petites filles modèles. En plus de cette héroïne peu commune, Robert O’Brien n’hésite pas à écrire une histoire aux accents de science-fiction merveilleuse qui joue avec certains canons du conte de fée et parle, l’air de rien, du contrôle des esprits par la propagande, du terrorisme, de l’utilisation de la terreur pour dominer et asservir. Le fond est passionnant et amené d’une manière qui le rend à la fois compréhensible (en jouant sur le sentiment d’injustice que provoque les menées du roi à la couronne noire) et approfondi.

    Au final un classique de la littérature jeunesse anglo-saxonne passionnant et toujours actuel. Un grand moment de bonheur pour les petits et les grands.

    O'Brien, Robert C., La couronne d'argent, L'école des loisirs, 1987, 5/5

  • Quand souffle le vent du Nord - Daniel Glattauer

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    Tête en l’air, Emmi Rothner envoie  plusieurs mails par erreur à Léo Leike pour résilier un abonnement. De fil en aiguille, leur correspondance va déborder les frontières d’échanges entre deux inconnus pour donner naissance à une relation qui va bousculer leurs certitudes et les mettre en danger.

     

    Bien, bien, bien… Je ne parviens pas à débuter ce billet de manière satisfaisante, faute de savoir par quel bout attraper ce drôle de roman qui se taille un joli succès sur la blogosphère après avoir enthousiasmé les lecteurs allemands. Il faut dire qu’il le mérite ce succès. L’auteur parvient à raconter en finesse une relation virtuelle qui naît par hasard, s’étoffe d’échange en échange jusqu’à transformer la vie des protagonistes. De mails en mails, Léo et Emmi se dévoilent, parfois plus qu’ils ne l’aimeraient, se cherchent, se trouvent parfois, se chamaillent souvent et s’interrogent sur la nature du lien qui les unit : flirt sans conséquence, amour naissant d’autant plus fort qu’il est celui qui lie deux esprits et s’est émancipé des appréciations esthétiques, interrogations sur les conséquences d’un passage au réel... Ce ne sont pas des interrogations nouvelles, mais elles ont sans nulle doute été amplifiées par le monde virtuel, tant celui-ci a facilité la naissance de relations entre inconnus. On s’y retrouve forcément un peu et d’autant plus que les messages sont donnés à la lecture à l‘état brut et sans autre indication temporelle que le temps écoulé entre deux. L’échange entre Emmi et Léo montre à la perfection comme s’établit une proximité entre deux personnes inconnues par le simple jeu de l’échange, comme on peut à la fois apprendre à se connaître plus facilement (facilité à se livrer ? libération des contingences physiques ?) et fantasmer et projeter sur cet autre à la fois inconnu et connu ses désirs et ses envies ai point de redouter le passage à la réalité. Cerise sur le gâteau, le talent avec lequel l'auteur utilise le courriel montre bien que ce n'est pas là un appauvrissement de la correspondance, mais une manière différente d'utiliser l'écrit, même s'il manque le plaisir d'ouvrir une enveloppe.

    Mais je dois admettre que malgré ses réelles qualités dont la moindres n’est pas une narration cohérente et bien construite, je disais donc et il va falloir que j’arrête les phrases à rallonge, que je n’ai pas été totalement convaincue et séduite par cet échange épistolaire de l’ère moderne. Les sempiternels atermoiements de Léo et Emmi ont fini par me lasser : alors que l’échange était prometteur, dynamique, on finit par se retrouver englué dans des tours et des détours qui rendent la lecture un brin longuette. J’ai eu du mal à vibrer et à me sentir concernée par la vie sentimentale des deux héros, même si Léo a tout du héros bougon qui éveille habituellement ma tendance naturelle au bovarysme et malgré l'humour qui empreint la plus grande partie des échanges.

    Bref, une semi-réussite en ce qui me concerne mais un roman indéniablement à découvrir!



    L'avis de Cathulu, Cuné, Emeraude, Fashion,...

    Glattauer, Daniel, Quand souffle le vent du Nord, Grasset, 2010, 3.5/5