05.10.2009
Expiation

L’été 1935. Alors que la canicule écrase l’Angleterre, Briony Tallis, 13 ans, vit la fin de son enfance et tente de déchiffrer comme l’écrivain qu’elle sait être, le monde qui l’entoure et les relations étranges qui se nouent entre les adultes. Mais son immaturité va provoquer une tragédie.
Expiation est un roman phénoménal, un de ceux dont on sait au bout de quelques pages, voire de quelques lignes qu’il va vous emporter. Superbement écrit, superbement construit, il est tour à tour glaçant, terrifiant, déconcertant, inconfortable. Pourtant tout commence dans une certaine sérénité : un été anglais caniculaire, la campagne anglaise écrasée sous la chaleur, une réunion de famille qui se prépare. Ian McEwan excelle dans la description de cette propriété de famille avec son lac, son petit temple, la maison si laide. Par petites touches, il dresse le décor, le donne même à sentir. Puis, au fur et à mesure que l’on découvre la famille Tallis et ceux qui les entourent, la tension croît. McEwan est un naturaliste, en tout cas un peintre habile des caractères humains. Emily, Cécilia et Leon Tallis, Briony Tallis les cousins Quincey, Paul Marshall, Robbie Turner et sa mère Grace, tous sont décrits de manière magistrale et surtout, neutre. Quelques touches, quelques traits et c’est un être humain dans toute la complexité de ses réactions qui se dresse devant le lecteur. Aucun jugement chez McEwan, juste les ressorts des caractères et des comportements humains. De là sans doute ce sentiment de malaise qui croît au fil des pages. Le récit est à la fois intense et étrangement détaché, sensuel et glacé.
C’est Briony Tallis qui est au centre des quatre parties du roman. Dans la première, c’est une enfant encore, détestable dans son arrogance et ses certitudes. Si certaine de comprendre les adultes qui l’entourent, si certaine de son talent d’écrivain et de sa découverte d’une maturité nouvelle. Briony a le sentiment d’être devenue adulte en ce jour. Et pourtant… Mc Ewan décortique les mécanismes qui vont la mener au mensonge et au crime qui va la poursuivre sa vie durant : avoir détruit la vie de sa sœur et de Robbie Tyler. Mais peut-on expier un tel crime?
L'art de McEwan se révèle avec brio dans la suite de son récit. Partagé entre le point de vue de Robbie, et celui de Briony devenue élève infirmière, c'est une réflexion sur la culpabilité et le remord, et une description percutante de la guerre. Nous sommes en 1940, l'armée britannique fait retraite vers Dunkerke. Robbie entame une longue marche dans la campagne française, allant d'horreur en horreur, de bombardement en mitraillage. A Londres, Briony entame un apprentissage sévère et presque violent dans l'atmosphère d'attente et d'angoisse engendrée par cette guerre qui s'annonce et qui va faire irruption avec brutalité dans le quotidien hospitalier. Le lecteur se retrouve immergé dans l'apocalypse de la guerre au point de ne presque pas noter les petits détails discordants, les décalages presque imperceptibles qui seront soudainement mis en lumière dans un dénouement estomaquant qui interroge l'art de la fiction.
Expiation est certes l'histoire d'un drame familial, l'histoire d'une passion amoureuse, l'histoire d'une quête de pardon, l'histoire d'une guerre, mais c'est aussi, et surtout, à travers le personnage de Briony, une réflexion magistrale sur la fiction, le pouvoir de l'écrivain et ses limites. C'est vertigineux aussi de suivre Briony dans l'éveil de son talent et de sa vocation d'écrivain. Quand encore enfant elle provoque l'emprisonnement de Robbie, c'est aussi pour avoir voulu écrire le monde qui l'entoure et le plier aux règles romanesques qu'elle ressent comme réelles. Quand elle écrit son journal à Londres, elle fait de son quotidien une matière romanesque. Quand âgée elle vient de terminer son dernier roman, elle révèle comment l'écrivain peut réécrire le monde et des destins, les rendre autres et cela pour aussi longtemps que son récit ne tombera pas dans l'oubli. Sans jamais pouvoir, pourtant, changer ce qui est advenu et qui a été provoqué autant par le caractère fantasque d'une enfant que par une société prompte à condamner et à garder sous une chape de silence ses aspects les moins reluisants. Sous-jaçante au récit, la critique sociale est bel et bien présente: vie familiale, prégnance des hiérarchies sociales, bonnes manières et conventions cachant mal les pulsions et les crimes, ...
C'est donc, vous l'aurez compris, un coup de coeur et la découverte d'une plume absolument magnifique qui excelle dans la description psychologique, dans la manipulation du lecteur.
L'avis de Lilly, de Fashion, Emjy, Restling, ...
Ps: ne surtout pas visionner le film avant de lire le roman!! Encore que ce soit le film qui m'ait poussée à acheter le roman!
McEwan, Ian, Expiation, Gallimard, Folio, 2005, 5/5
18.09.2009
Drôle de temps pour un mariage

Dolly se marie. Elle est non seulement morte de peur mais doit en plus subir une famille des plus excentriques et un prétendant, Joseph, qui n’a jamais osé se déclarer. Par cette froide journée de mars, la maisonnée va vivre de drôles de moments.
Une journée, une courte journée pour un roman. Le parti pris de l’auteur, Julia Strachey donne un cachet supplémentaire à la petite histoire qu’elle raconte avec une ironie follement anglaise. Il faut dire que la matière est riche avec cette bourgeoisie de l’entre-deux-guerres dont tous les traits sont soulignés. Il y a l’insupportable veuve excentrique et tête en l’air, les jeunes filles faussement rebelles et indépendantes, les jeunes gens bons teints, les vieilles dames indignes, les domestiques, les conventions à respecter et sous le vernis, les piques, les mesquineries, les secrets soigneusement dissimulés. Tout ce qui fait ces délicieux romans anglais. Comme d’habitude, sous l’humour, perce la souffrance, le manque affectif, et le côté obscur de cette société si policée et avide de respectabilité. C’est après tout le récit d’un amour manqué entre Dolly et Joseph, et de leur incapacité à prendre la décision qui aurait pu changer leur vie. On les voit partir l’une vers un mariage qui s’annonce en demi-teintes sinon malheureux, et l’autre vers ses chères études à défaut d’avoir conquis son graal. Bien que je l’ai trouvé un peu rapide, j’ai pris un grand plaisir à cette lecture et aux gags qui se succèdent sans temps mort, à l’amertume qui affleure laissant le lecteur un peu essoufflé mais enchanté de cette virée dans la campagne anglaise.
L’avis de Manu, de Cathulu, Plaisirsacultiver,…
Strachey, Julia, Drôle de temps pour un mariage, La petite Vermillon, 2009, 3.5/5
07:00 Publié dans Littératures anglo-saxonnes | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : thé et ironie anglaise, mariage
12.08.2009
Au pays des mangas avec mon fils

Ou comment un père qui s'intéresse comme ça à la nouvelle marotte de son fils de 12 ans fini par tomber dans le monde du manga et de l'anime. Au point d'emmener fiston dans un grand voyage au pays du soleil levant à la rencontre de mangakas et de créateurs d'animes. Première découverte, Peter Carey est un grand écrivain australien vivant aux Etats-Unis, lauréat du Booker Prize. Deuxième découverte, même un grand écrivain australien vivant au Etats-unis et lauréat du Booker Prize peut se retrouver complétement perdu et à la merci d'un galopin de 12 ans parfaitement à l'aise, merci, en milieu étranger. Or, on a beau dire, comme milieu étranger, le Japon se pose un peu. Démonstration:
- les donuts ne sont pas pareils;
- on mange du poisson au petit-déjeuner;
- les mots ne veulent jamais dire ce qu'on croient qu'ils disent;
- les adresses postales sont un vrai casse-tête;
- le métro est un labyrinthe.
J'ai l'air de me moquer comme ça, mais Au pays des mangas avec mon fils est un régal, léger, certes, mais un régal. Peter Carey remonte aux sources de son voyage pour nous expliquer comment il s'est retrouvé dans cette galère: s'intéressant aux passions de son fils de 12 ans, Charley, il en est venu à s'immerger lui aussi avec passion dans l'univers du manga, de l'anime, et plus largement, de la culture japonaise. Père et fils s'influencent à qui mieux mieux jusqu'au jour où le père propose au fils de partir à la découverte de ce Japon qui les fascine à divers titres. Autant dire que s'il aime le manga, il espère bien quand même faire découvrir le "vrai Japon" à son fiston.
Sauf qu'une chose est certaine, Charley refuse d'avoir quoi que ce soit à faire avec le "vrai Japon". Les temples, les musées et tout le reste, très peu pour lui. Branché en permanence à son portable, à l'aise comme un poisson dans l'eau dans le Sega World, c'est un autre "vrai Japon "dans lequel il se trouve bien. Au grand étonnement d'un père qui va découvrir son fils en même temps qu'un aspect du Japon qu'il n'appréhendait pas.
Un des aspects les plus intéressants du récit est ce retour à la source. On y voit nos deux héros échafauder des théories sur le Japon, sur les mangas qu'ils lisent et les animes qu'ils regardent. Ils s'interrogent, réflechissent, lisent, se passionnent, discutent, bref, fantasment comme beaucoup de gens ce pays qu'ils ne connaissent que peu. Peter Carey nous parle de ce regard qu'ils portent, l'un comme l'autre sur le Japon, et il raconte au fil des chapitres, comment ce fantasme s'est vu confronter à la réalité de la vie quotidienne japonaise et d'une culture qui ne s'ouvre pas si facilement et s'échappe quand on croit, enfin, y avoir compris quelque chose. Cette confrontation donne lieu à quelques scènes drôlatiques et à une foule de petites aventures où Charley va se révèler sous l'oeil éberlué de son père. Charley, le modèle de l'adolescent monté en graine, mutique, pas franchement intéressé par ce qu'aiment ses parents, mais à l'aise comme un poisson dans l'eau dans un monde qui reste hermétique à son père: celui d'un Japon feru de nouvelles technologies où les visualistes s'habillent comme leurs personnages préférés.
Peter Carey le regarde évoluer avec un oeil plein de tendresse et d'humour, livrant en filigrane de son récit l'histoire de sa relation avec son fils et la manière dont ils s'enrichissent mutuellement. Ce qu'aime Charley n'est pas toujours ce qu'aime son père et inversement, mais ils se retrouvent parfois sur certaines oeuvres pour mieux se quitter sur d'autres.
C'est l'occasion pour l'auteur de parler, beaucoup, du manga et de l'anime japonais. Sans sombrer dans une liste ennuyeuse d'oeuvres qu'il considérerait comme majeures, il s'appuie sur quelques oeuvres qu'il apprécie particulièrement, ou que son fils aime particulièrement pour nous emmener à la découverte de cet aspect de la culture japonaise. Comme il aime Blood the last vampire, il embarque Charley et le lecteur à la rencontre d'un maître forgeron de sabres japonais. Comme Gundam Wings est une part considérable de leur vie à tous les deux, il nous fait assister à leur rencontre avec Tomino, le créateur de cett oeuvre. Avant de croiser, dans un moment magique, la route d'Hayao Miyazaki. L'occasion de découvrir comment naissent des mangas ou des animes au succès considérable, de confronter la vision occidentale de ces mangas à la vision japonaise, d'étudier la place du traumatisme de la Seconde guerre mondiale et des bombardements atomiques dans le manga et l'anime. C'est fourmillant d'informations, de petites découvertes et d'anecdotes. Ce serait franchement passionnant si c'était un brin plus approfondis. En l'état, c'est une lecture sympathique qui m'a donné envie de découvrir l'oeuvre de Carey et Gundam Wings. Ah oui, et de revoir pour la centième fois Totoro! Ce qui n'est déjà pas si mal!
Pour la route, une citation attribuée à Miyazaki: "il a dit qu'à son avis, l'imagination est ul'une des plus importantes facultés humaines, donc le but de ses activités est de développer l'imagination des enfants qui représentent les génénrations à venir. L'imagination est capable de crééer un monde entièrement différent selon l'usage qu'on en fait. Elle peut donner naissance à la vertu, ou bien aux armes de destruction qui menacent la terre entière. Il a dit, au passage, que les risques potentiels lui faisaient peur."
On en parle sur Anime-Kun.
Peter Carey, Au pays des mangas avec mon fils, Hoebecke, 3.5/5
19:16 Publié dans Littératures anglo-saxonnes, Récit de voyage | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : japon japon, le manga ça vous gagne
16.07.2009
L'amour par climat froid

Fanny et Polly, deux amies, deux jeunes femmes dont les choix de vie vont être radicalement opposés. Dans l’Angleterre des années 1930, la première, heureuse en ménage, va observer les rebondissements de la vie amoureuse et familiale de la seconde, livrant ainsi une chronique douce-amère et ironique de la vie de l’aristocratie britannique.
Alléchée par de nombreux billets et certaine de retrouver cette littérature british qui fait mes délices, j’ai ouvert pleine de confiance et de joyeuse attente L’amour dans un climat froid. A en croire quatrième de couverture et autres billets, ce roman avait tout pour me plaire : ironie, humour, chronique sociale et amoureuse, personnages attachants, etc. Et pourtant, pourtant, la mayonnaise n’est pas montée. J’ai refermé le roman avec un sentiment d’inachevé et une certaine frustration qui quelques semaines après ma lecture ont pris le pas sur le plaisir somme toute réel que j’ai pris à suivre les aventures de Fanny et Polly.
Pauvre Fanny d’ailleurs, narratrice singulièrement absente dans toute cette histoire. J’aurais tant aimé en savoir plus sur ses premiers pas d’épouse et mère, sur les émois qui l’on poussée à accepter la demande en mariage de son universitaire et désagréable époux, sur sa découverte du petit monde universitaire anglais. A la place de ses aventures, c’est un récit un peu superficiel de la trajectoire chaotique de Polly qui est offert au lecteur. Là encore, il y aurait eu matière : une jeune aristocrate étouffée par sa mère qui pense trouver dans le mariage sa libération, erreur commune, et qui découvre les affres de la vie conjugale après une guerre sans merci livrée contre sa mère. Je reconnais à Nancy Mitford la pertinence de ses observations, un certain humour, un brin d’amoralité rafraîchissant et la capacité à croquer des personnages hauts en couleur. J’ai adoré Ned, et lady Montdore, la guerre sans merci déclarée entre la mère et la fille. Mais quel regret de voir à quel point le récit reste superficiel et comment l’auteur boucle en deux coups de cuillère à pot son histoire, laissant le lecteur interloqué ! L’amour dans un climat froid m’a laissée relativement froide, mais cela ne m’empêchera pas d’aller jeter un œil ou deux sur La poursuite de l’amour.
Pour la petite histoire, L’amour dans un climat froid était également cité dans Au bon roman de Laurence Cossé.
Nancy Mitford, L'amour dans un climat froid, 10/18, 2007, 2.5/5
07:00 Publié dans Littératures anglo-saxonnes | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : so british, nancy mitford, au bon roman
02.07.2009
Finnigan et moi

Quand Anwell rencontre Finnigan, l'enfant perdu et solitaire a enfin le sentiment d'avoir trouvé un ami. Mais très vite, les jeux prennent une tournure étrange: car à Anwell rebaptisé Gabriel a été dévolu le bien et à Finnigan le mal. Leur petite ville australienne va vivre des heures difficiles.
Voilà un roman dont il va être difficile de parler sans trop en dire. Pour ceux qui voudraient garder le mystère, sachez que c'est un roman complexe, sur le rejet, la différence et la folie qui ne permet au lecture d'assembler les pièces du puzzle qu'à la toute fin. Assez magistral dans sa construction et dans son atmosphère, il vaut le détour.
Allons-y maintenant pour plus de détails. Je sais, c'est affreux, je ne peux pas m'en empêcher! Finnigan et moi est certes un roman sur le rejet, la différence et la folie, mais c'est aussi et surtout un romans sur l'enfermement. Anwell est un enfant solitaire dont la famille vit en marge de la société de leur petite ville isolée. Double solitude donc: celle d'une ville entourée par les montagnes, celle d'une famille repliée sur elle-même et son "statut". Un père avocat très, voire trop conscient de son importance, une mère étouffante, et un drame, celui de la mort du frère aîné attardé. C'est là que se noue l'intrigue et la rupture pour Anwell: quel que soit la manière dont on a expliqué le décès, lui sait qu'il a voulu, désiré la mort de ce frère tant aimé, qu'il l'a provoquée même dans son désir d'enfant d'avoir enfin la même vie de que les autres. Troisième enfermement, dans la culpabilité cette fois, une culpabilité que jamais son père et sa mère ne vont lui permettre d'oublier.
C'est une étrage famille que celle d'Anwell, le lieu de toutes les névroses, de toutes les violences et de toutes les indifférences. De fil en aiguille, on voit un petit garçon avide d'amour partir chercher un peu d'affection vers un ailleurs qui s'appelle Finnigan: un enfant sauvage, intrépide, toujours accompagné de son chien Surrender et capable du pire. L'un va se révéler manipulateur, égoïste, assassin, mauvais et libre comme l'air, l'autre incapable de résister à l'ascendant de son ami et constamment déchiré entre son profond besoin d'amour et le sentiment que rien ne va plus.
Là où Sonya Hartnett se révèle machiévélique, c'est qu'elle construit son roman comme le récit que fait Anwell/Gabriel sur le lit où il est en train de mourir à même pas vingt ans d'une mystérieuse maladie. Un flash-back donc, mais raconté à deux voix, celle d'Anwell cédant parfois la place à celle de Finnigan dans une succession de scènes parfois difficiles à remettre dans l'ordre, d'autant que le présent vient parfois faire irruption dans les souvenirs. Ce désordre, soigneusement construit, perd le lecteur tout en l'orientant tout doucement vers le fondement du récit. C'est une belle mécanique bien maîtrisée et mise en valeur par l'atmosphère étouffante et poisseuse que Sonya Hartnett installe: Finnigan est le grain de sable qui va gripper le mécanisme bien huilé d'une vie familiale et d'une ville. Méfiance, rancoeurs, violence qui explose au grand jour, la tension monte progressivement, le suspense aussi. On cherche à comprendre, on se dit qu'on a trouvé avant de changer d'avis et de tomber des nues quand enfin le pot au rose se dévoile. L'ambiance fantastique n'y est, il faut dire, pas pour rien.
Une lecture dérangeante, intense, qui parle d'amour, de haine et de culpabilité avec talent.
L'avis de Lily, Sylire, Joelle, Hilde, ...
Merci à Anne de m'avoir permis cette découverte!
Sonya Hartnett, Finnigan et moi, Le serpent à plume, 209, 3.5/5
07:00 Publié dans Littératures anglo-saxonnes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : folie, australie, hartnett
30.06.2009
Wisconsin

1967, Wisconsin. La famille Lucas vit sur ses terres: le père, alcoolique et violent, Claire, la mère, battue par son époux, considérée comme folle par son voisinage, James, 16 ans, chasseur émérite et admirateur d'Elvis Presley, Bill, 6 ans, qui voue un amour et une admiration sans borne à son frère et à la nature qui l'entoure.
Une vie marquée par la violence, par le passage des saisons jusqu'au jour où James s'engage dans l'armée et part au Vietnam, autant pour fuir que pour rabattre le caquet de son père. Commence alors pour sa mère et son frère une longue descente aux enfers marquée par sa disparition, la lutte contre un époux et père qui sombre dans la folie et l'amour que les Morriseau, couple de voisins porte au petit garçon.
Une histoire de folie, de fureur, de souffrance et d'amour dans les paysages magnifiques et sauvages du Wisconsin. Une polyphonie qui fait plonger le lecteur au coeur d'une famille déchirée et malheureuse. C'est ainsi que l'on peut résumer Wisconsin.
Mary Relindes Ellis fait parler tour à tour ses personnages, Claire, Bill, James, mais aussi Ernie Morrisseau le demi-sang et sa femme la superbe Rosemary. De récit en récit, de voix en voix, elle révèle avec un souffle romanesque enthousiasmant les forces et les faiblesses de ses personnages, les secrets qui rongent, les doutes, les petites joies et les amours. Elle révèle aussi la folie qui se cristallise autour du deuil de James, le pivot, ce garçon si fort, si courageux, un peu bête parfois comme tout adolescent, mais capable de protéger sa mère et son frère.
C'est un roman terrifiant par bien des côtés, un roman qui exsude le mal, la violence, l'indifférence du monde, les ratés des destins humains: Claire incapable de quitter ce raté qu'elle a épousé et qui fait payer le prix de ses échecs et de ses manquements à ses fils et sa femme, Claire considérée comme folle, sur les marques de coup de laquelle toute la ville ferme les yeux, Ernie et Rosemary dont l'amour ne va pas sans le deuil de l'enfant qui n'est jamais né, Bill qui grandit comme il peut et sombre de trop en avoir encaissé, sans que personne sauf Ernie, Rosemary et sa mère ne tente de le sauver. Après tout, il faut qu'un fils suive les traces de son père.
Il y a tout cela et l'amour aussi qui peut sauver, la rédemption. La nature autour, grandiose, dont les mystères sont livre ouvert pour ceux qui savent l'écouter et la regarder, la volonté de continuer vaille que vaille et malgré tout. Cadre et personnage à part entière, la nature prend une place importante et magnifique: vue par les yeux de Claire qui y puise le courage de continuer à vivre, par les yeux d'Ernie qui porte en héritage son sang indien, par les yeux de Bill qui l'aime à se damner et à y consacre sa vie d'adulte. C'est elle qui soigne les blessures, qui sans les guérir, permet de les supporter.
Même si certains aspects du récit m'ont paru un brin artificiels, même si la voix des fantômes un peu trop présente m'a parfois agaçée, force m'est d'admettre la force de ce récit, la sensibilité qui s'en dégage et l'empreinte qu'il laisse une fois la lecture terminée. Un très très beau roman.
L'avis de Fashion, de Tamara, Lily, Amanda, Sassenach, ...
Mary Relindes Ellis, Wisconsin, 10/18, 2008, 4/5
07:00 Publié dans Littératures anglo-saxonnes | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : wisconsin, ellis, grands espaces
13.06.2009
Ivanhoé à la rescousse
" Bien-aimés lecteurs de romans, vous avez sans doute été souvent frappés par le fait que les oeuvres qui excitent le plus notre curiosité s'achèvent de manière aussi peu satisfaisante que prématurée à la page 320 de leur troisième tome."

Ou ce qu'il se passe quand William Thackeray, atrocement frustré et outré qu'Ivanhoé ait épousé l'horrible bigote qu'est Rowena, décide de raconter ce qu'il se passe après que Walter Scott ait écrit le mot fin. Vous auriez pu résister vous? Avec en plus du reste une Fashion absolument dythyrambique pour vous faire l'article? Et bien moi non! Et vous savez quoi, heureusement que j'ai cédé! Il est vrai qu'ayant aimé La foire aux vanité, j'étais un public plus ou moins acquis à l'humour et à la plume de William.
Ceci étant dit, Ivanhoé à la rescousse est absolument hilarant. Non seulement Thackeray garde sa capacité à se moquer d'une bonne société anglaise prompte à imiter les moeurs d'un moyen-âge amplement fantasmé, mais en plus il frôle à plusieurs reprises le rôle de précurseur des Monty Python. Alors évidemment, si Sacré Graal vous laisse de marbre, il y a des chances pour que ce vieil Ivanhoé ne vous tire pas le début d'une esquisse de sourire. A vous de voir. Revenons à nos moutons. Nous avons donc en lieu et place du preux chevalier un époux soumis à son horrible femme et au bord de la dépression nerveuse; en lieu et place d'un roi sans peur et sans reproche, un gros bonhomme ridicule et colérique; en lieu et place de l'épouse douce et aimante une harpie qui terrorise tellement son monde que même le fou n'ose plus rire. Et dans un pays loin, très de la douce Angleterre, une Rebecca qui se morfond. Ce que ne peut supporter Thackeray: il est pro-Rebecca, il trouve insupportable que Scott n'ait pas donné à Rebecca ce qu'elle méritait pour de bêtes questions de morale et de sensibilité de son lectorat. Bref, il va tout faire pour caser Ivanohé avec Rebecca: on se retrouve donc avec un Ivanohé qui part en guerre pour fuir son mariage et qui, après moult aventures et improbables rebondissements, va tomber dans le bras de sa véritable dulciné. Je ne vous dirai pas comment diable il se débarrasse de l'encombrante Rowena, c'est trop savoureux pour que je vous refuse le plaisir de la découverte. Au milieu de tout ce bazar, les personnages qui ont terminé leur rôle partent boire une bière, les anachronismes fourmillent, les principaux personnages en font des tonnes et l'auteur ne se refuse pas le plaisir de s'adresser directement au lecteur.
Exemple type: " Chers amis, ce n'est pas par manque d'imagination ou d'intérêt pour le sensationnel ou le pathétique que je ne m'étends pas sur le sujet (NdC: une atroce boucherie). Cette description gâcherait votre digestion, vous empêcherait de dormir et vous ferait dresser les cheveux sur la tête." Sauf que le lecteur veut l'atroce description nom d'un lapin géant!
C'est tout bonnement savoureux et délicieusement ironique: en faisant des personnages de Scott les marionnettes d'un spectacle complétement dément, Thackeray retourne les grands mythes: Robin des Bois en prend pour son grade, le roi Richard, n'en parlons pas. La piété? Rowena se charge de l'illustrer. Les grands faits d'arme? Le triste destin de la comtesse de Châlu mitonnée avec sa robe en flanelle et quelques bras et jambes voltigeant se chargent d'en donner une image plus juste. Les croisés? Des tueurs psychopathes. Bref, Thackeray se plaît à faire tourner son lecteur en bourrique et à moquer tous les clichés des grands romans de chevalerie. Loin d'être un simple pochade, sa suite d'Ivanhoé se révèle être un petit bijou d'humour, d'ironie et de critique sociale en même temps qu'un hommage à la littérature .
Plus que conseillé par temps pluvieux et en cas de morosité tenace.
Tout est de la faute de Fashion, mais Lilly en parle aussi.
William Thackeray, Ivanohé à la rescousse, Rivage, 2009, 5/5
08.05.2009
De beaux mariages

Ondine Spragg et jeune et très belle. Fille d'un homme d'affaire de la petite ville d'Apex, elle s'ouvre les portes de l'aristocratie new-yorkaise par son mariage avec Ralph Marvell. Mais son ambition dévorante ne peut se contenter de la respectabilité que lui apporte cette union. Ce que veut Ondine c'est le succès, la célébrité, la richesse, toutes choses qu'elle va chercher à obtenir de mariages en mariages et quelqu'en soit le prix.
Il est rare de rencontrer en littérature une héroïne aussi antipathique, égoïste, lamentablement inculte, arrogante et imbue d'elle-même qu'Ondine Spragg. Et pourtant qu'elle est fascinante cette jeune femme avec ses défauts qui ne rachètent certainement pas ses qualités: une fois qu'on commence à suivre son ascension et ses chutes au sein de la Society, on ne peut plus faire autrement que tourner une page après l'autre. On est loin, très loin du roman de moeurs à l'anglaise. Pas d'humour, pas de légéreté, juste une description presque entomologique d'un monde en mutation et de sa cruauté. Ondine est une américaine de son temps: fiançailles rompues, divorces, rien ne la choque sinon l'échec dans la quête de la respectabilité et de la richesse. Elle est à l'image de l'univers des nouveaux riches, de Wall Street et de la spéculation et devient le symbole de la guerre qui se déclare entre ce monde et celui de l'ancienne aristocratie et de ses valeurs. Ondine au sein d'une vieille famille new-yorkaise, Ondine au sein d'une vieille famille de l'aristocratie française, Ondine dans l'univers interlope de la richesse, ses aventures montrent la rupture entre l'ancien monde et le nouveau monde. A travers elle, ce sont les rouages des sociétés américaines et européennes et de leur évolution qui sont analysés et décryptés avec un luxe de détails et une lucidité atroce. Ondine est le capitalisme: l'argent au centre de tout pour ce qu'il apporte de confort et de succès...
Ondine est une sorte d'animal conduit par ses désirs et ses jalousies, son instinct social, jamais par la réflexion. Son histoire est celle de l'ambition: jamais satisfaite de ce qu'elle obtient, Ondine Spragg cherche à obtenir toujours plus, toujours mieux que ce qu'elle a, quitte à détruire ce qui ne lui sert plus qu'il s'agisse d'objets ou d'êtres humains sans jamais se soucier des dégâts. La dernière phrase du roman laisse sans voix. Pas de sentiments, pas d'âme, presque pas de sensations physiques, Ondine est une espèce de machine mue par sa volonté d'ascension sociale. Un personnage qui donne d'autant plus froid dans le dos qu'elle n'est pas seule de son espèce. En même temps, c'est une femme qui se bat admirablement pour exister, qui utilise toutes les armes à sa disposition pour obtenir ce qu'elle veut. Dans son cas, c'est une position sociale et de l'argent, ses armes sa beauté et le désir des hommes, le mariage et le divorce. Elle se trompe, elle tombe et se relève, elle lutte contre son éducation, sans jamais renoncer. Admirable, mais glaçant: on a un peu l'impression d'être devant une fourmi qui ne renonce jamais à passer un obstacle qu'elle pourrait éviter en prenant une autre direction. Or, qui ne s'est jamais entêté dans un projet, dans l'accomplissement d'un désir qui pourtant n'a pas apporté le bonheur escompté? Ondine est aussi un miroir dans lequel on se reconnaît un peu.
Brillant, superbement écrit, De beaux mariages est une chronique sans fards et diablement actuelle malgré ses presque cent ans du Nouveau Monde. Passionnant, glaçant, c'est un roman qu'on lâche pas avant la dernière page et difficile à oublier.
L'article d'Un renard dans une bibliothèque, Allie, Stéphanie, Canthilde,...
Edith Wharton, De beaux mariages, La découverte, 2003, 4/5
07:00 Publié dans Littératures anglo-saxonnes | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : chroniques sociales, mariages, critique sociale
06.05.2009
Avril enchanté
Par une atroce journée pluvieuse de mars, Mrs Wilkins et Mrs Arbuthnot tombent à leur club sur une charmante petite annonce publiée dans le Times: un ravissant château à louer en Italie leur tend les bras. Ni une ni deux, nos deux dames qui sympathisent décident de louer l'endroit et partent en quête de deux complices décidées à partager les frais de ces vacances avec elles. Ce sera Lady Caroline qui cherche un refuge contre son rang, sa famille et ses amis, et Mrs Fisher, respectable vieille dame qui souhaite évoquer le souvenir de ses chers grands hommes victoriens au soleil. Tout voyage réservant de folles surprises, San Salvatore va transformer nos quatre voyageuses et, par ricochet, leurs époux et admirateurs.
Délicieux, c'est le qualificatif qui me vient à l'esprit quand j'évoque le souvenir de cette lecture. Délicieux comme un bonbon, une guimauve, ou une glace italienne par exemple! Avec ce roman qui a été un de ses plus grands succès, Elizabeth von Arnim offre une belle histoire sur le pouvoir sans partage des vacances et un hymne enchanteur à l'Italie (comme s'il y avait besoin de me donner envie de retourner dans ces contrées exotiques!).
Effectivement, des vacances, Lotty Wilkins et Rose Arbuthnot en ont besoin. La première s'enlise dans un mariage qui ne la satisfait guère avec un homme rigide. La seconde s'est réfugiée dans les oeuvres de charité pour oublier les oeuvres impies de son écrivain d'époux, lequel fuit autant qu'il le peut le domicile conjugal. San Salvatore pour elles c'est la rupture, le moyen de s'éloigner, l'indépendance et le mensonge qui renversent des années de conduite vertueuse. En un mot l'aventure! Lady Caroline, elle, étranglée dans le carcan de sa trop grande beauté et de ses privilèges de classe a un ardent besoin de solitude. Mrs Fisher, s'englue dans une vieillesse poussièreuse et stérile.
Quatre femmes qui ne se connaissent pas réunies autour d'un rêve italien font, vous me l'accorderez, de belles prémisses à un roman. Si on y ajoute le légendaire humour anglais, il va sans dire que les prémisses tiennent leurs promesses!
San Salvatore va se révèler à nos aventurières un paradis sur terre: jardin luxuriant, vieilles pierres pleines de charme, autochtones pittoresques, mer et temps splendide. Un lieu envoûtant qui va petit à petit amener nos quatre héroïnes à sortir de leurs chrysalides en une débauche de chassés croisés absolument hilarants. Il faut dire qu'entre Mme Fisher qui fait une petite crise de possession, lady Caroline qui tente déséspérement d'avoir l'air revêche et de trouver un coin de jardin tranquille, Rose qui dispute le statut de maîtresse de maison à la doyenne et Lotty qui flotte sur un petit nuage de félicité, les quiproquos et les disputes sont légions. Passant de personnages en personnages, Elizabeth von Arnim donne à voir les diférentes psychées qui s'affrontent, et utilise avec art et finesse ses connaissances de la psychologie humaine. C'est très drôle ces points de vue croisé, mais cela révèle aussi à quel point ce que nous pensons comprendre des actes et des désirs des autres n'est en fait qu'une illusion. Petites pensées mesquines, légère avarice, tentation permanente de jouer des tours, rien n'est épargné! Bien sûr, tous les habitants de San Salvatore vont se laisser gagner petit à petit par l'esprit du lieu, mais les motifs de départ de leurs actes ne sont guère reluisants. Et qui sait si toutes ces belles choses résisteront à la fin des vacances?
Et puis ces anglais en vacances faisant face à une Italie débordante de vie, de truculence donne des situations extrêmement comiques provoquées par les incompréhensions entre domestiques italiens et vacanciers anglais (ces macaronis, seigneur! Et la chaudière!!).
C'est donc un roman en apparence léger, drôle, mais qui aborde avec profondeur les ressorts des relations humaines en livrant de beaux portraits de femmes confrontées à leurs désirs et à la mort des espoirs qu'elles fondaient en la vie jeune fille, ou à la vieillesse et à la solitude qui l'accompagne. Au delà des mondanités et du rituel du thé, des rebondissements et de l'humour c'est d'un voyage dans l'esprit humain dont on ressort en tournant la dernière page.
A savourer au jardin avec une bonne tasse de thé!
L'avis d'Allie, de Malice, de Philippe,...
Elizabeth Von Arnim, Avril enchanté, 10/18, 1999, 4.5/5
22.04.2009
Boomerang

Sur le route de Noirmoutier, l'île des vacances de l'enfance où ils ont fêté ses quarante ans, et où ils n'étaient pas retournés depuis 1973, Mélanie a tenté de dire quelque chose à son frère Antoine avant d'être interrompue par un violent accident qui manque la tuer. Pour Antoine c'est une électrochoc. Divorcé d'une femme qu'il aime encore, dépassé par ses enfants adolescents, lassé par un métier qu'il exerce sans plus d'envie, il part sur les traces de ce passé marqué par la mort de la mère et le silence entretenu par une famille bourgeoise fermée sur ses secrets. L'occasion de panser les blessures et de rencontrer un drôle d'ange en Harley Davidson qui va secouer un quotidien bien trop englué dans la routine.
Je trainais des pieds. Il faut dire que ma première rencontre avec la prose de Tatiana de Rosnay s'était soldée par une solide déception. Mais voilà bien la preuve qu'en littérature comme ailleurs il ne faut pas se laisser arrêter par les préjugés: j'ai beaucoup, beaucoup aimé. C'est drôle, enlevé, sympathique, un peu triste et déprimant, c'est la vie comme elle vient.
Au centre du récit, un secret de famille, un de ceux qui alourdissent la vie sans qu'on le sache, faute de le connaître. La quarantaine dépressive, Antoine traîne ce secret, celui de mère, la si jolie Clarisse, décédée d'une rupture d'anévrisme alors qu'il était enfant et si vite effacée de la chronique familiale. En partant sur ses traces, Antoine va peu à peu réapprendre à se tenir debout et à affronter la vie, à la croquer à pleines dents, à apprécier chaque miette d'amour et de passion qui lui est accordée. On le suit, aussi avide que lui de découvrir la vérité sur cette femme. Boomerang, c'est la claque parfois nécessaire pour s'extraire de l'étouffante routine, de la peur qui pousse à se contenter de ce que l'on a et qui ne nous satisfait pas. Ça n'a l'air de rien comme ça, le récit de ce quotidien pas très brillant, mais les personnages, Antoine en tête, sonnent juste et deviennent au fil des pages en quelque sorte des amis que l'on n'a pas envie de laisser.
Entre la chronique familiale, l'histoire d'amour, l'enquête pas tout à fait policière, Tatiana de Rosnay parle avec finesse et humour de la manière dont on peut se libérer en comprenant d'où on vient, en se retrouvant et en l'acceptant. Au fond, elle parle de ces amours si compliquées: entre amants, entre parents et enfants, entre frères et soeurs,... de la difficulté d'exprimer ses sentiments, la manière dont les non-dits s'installent et finissent par tout détruire, la manière aussi dont la routine étouffe l'amour sans qu'on s'en rende compte. En quittant Antoine et sa tribu, on a parcouru un bout de chemin, et pris conscience, comme eux tous, que la mort est si présente qu'il ne faut pas oublier de vivre. Banal sans doute, mais qui n'a pas oublié de profiter de la vie en se laissant engloutir sous les soucis et les problèmes du quotidien?
Un roman ui fait du bien.
L'avis de Cuné, de Laure, de Clarabel, d'Hydromielle.
Tatiana de Rosnay, Boomerang, Ed. Héloïse d'Ormesson, 2009, 4/5
07:00 Publié dans Littératures anglo-saxonnes | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : crise de la quarantaine, secrets de famille







