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Chiff' - Page 16

  • Le confident - Hélène Grémillon

    Le confident.pngCamille vient de perdre sa mère alors qu'elle va devenir mère à son tour. Au milieu des lettres de condoléances, elle découvre une étrange lettre, une lettre qui va être suivie d'autres, qui dessine petit à petit l'histoire de deux amours brisées, et d'un secret qui est aussi le sien.

    Fort malheureusement, les histoires d'amour brisées sur fond de Seconde Guerre mondiale abondent en littérature, et ne fait pas oeuvre de cette période qui veut. Loin de dire que Le confident est un roman anodin et sans intérêt, c'est là souligner la difficulté de l'exercice et dire aussi, qu'Hélène Grémillon se tire avec un certain talent de l'ornière historique où elle a risqué de faire verser son récit. Ce qui aurait été dommage puisque ce n'est finalement que le décor tragique d'une histoire qui est celle de deux amours fous, d'une jalousie maladive, et du mal d'enfant qui pousse parfois au pire.

    Egrénant une parole dont on ne sait très bien de qui elle vient, les lettres répondent à la détresse et au mal-être de Camille, lui dévoilant des destins qui sont intimement liés au sien et le mensonge sur lequel a été bâti sa vie. Et si on devine assez vite, la chute du feuilleton, si l'on peut regretter un brin de facilité dans la chute, quelques longueurs, reste cette histoire de maternité qui répond à une actualité brûlante, celle des mères porteuses, et qui ne verse jamais dans la leçon, se contentant de rappeler que certains choix sont intrinsèquement tragiques puisque s'y mêle l'amour, l'instinct, la possessivité et le mensonge. Disant que la filiation, les rapports de mère à fille ne sont jamais simples.

    Porté par des personnages complexes, attachants jusque dans leur actes les plus abjects, Le confident est un premier roman au style simple, limpide, dont l'intrigue à tiroir mêle agréablement grande et petite histoire, vengeance, jalousie, amour, panel si commun et toujours détonnant des passions humaines.

     

    La livrophile, Noukette chez qui vous trouverez pléthore de liens, Claudialucia, Stephie,...

    Grémillon, Hélène, Le confident, Plon, 301p., 2010, 3.5/5

  • Les trois vierges - Yslaire, Boccar

    9782723439541_1_75.jpg9782723443173.gifTrois femmes de trente ans, conçues pour ce voyage, partent à la recherche du vaisseau Jupiter 4 parti quelques années auparavant. 50 ans de voyage, le huis-clos, inévitable, devient catastrophique lorsque la mission accumule les problèmes.

    Je suis passée à côté de cette bande-dessinée en deux tomes comme je suis rarement passée à côté d'une bande-dessinée. Que dire... Que le format est intéressant? Indéniablement. Que le dessin est très beau? Aucun doute pour moi. Mais pour le scénario... La situation de départ est intéressante, sans rien de très original, certes, mais j'ai trouvé que de l'absence de vieillissement des trois héroïnes,  à la manière dont petit à petit la machine se détraque, en passant par les rancoeurs qui explosent, la folie qui s'installe,  rien de tout cela n'est exploité jusqu'au bout et les personnages n'ont pas eu à mes yeux suffisamment de substance pour que je prenne un intérêt réel à leur destin. Mais comme je n'ai jamais réussi à rentrer dans les univers développés par Sylaire, ce n'est sans doute pas très étonnant.

    Une grosse déception donc, mais reste la technique, et la beauté de certaines cases, le vaisseau et l'espace.

    Sylaire, Boccar, Trois vierges, t.1 Dyane, t.2 Atena, Glénat

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    Et encore une contribution au challenge Summer Star Wars!

  • Crépuscule d'acier - Charles Stross

    mnemos-icaressf55-2006.jpg"Une petite voix commença à parler:

    - Bonjour? Tu veux bien nous distraire?"

     Pour la planète Rochard, satellite de la très conservatrice Nouvelle République, c'est le début de la fin: le Festival, civilisation vivant de l'information la survole et fait pleuvoir sur elle des téléphones un brin particulier: en échange d'une histoire, tous les voeux peuvent se réaliser. Autant dire que la révolution ne se fait pas attendre. Pas plus que la réaction de l'empereur qui envoie une flotte bouter l'envahisseur hors du système avec la ferme intention au passage de bousculer quelque peu la Loi de L'Eschaton sans avoir l'air d'y toucher. Ce que ne peuvent évidemment pas laisser faire Rachel Mansour, mandatée par l'ONU de la vieille terre, et Martin Springfield, ingénieur de son état, mais pas que.

    Tout bien considéré, Crépuscule d'acier est un joyeux foutoir incluant une hutte à patte de poulet, des vaisseaux spatiaux dont l'équipage utilise un jargon proprement incompréhensible, une civilisation un chouilla victorienne, une malle aux ressources insoupçonnées, une entité mystérieuse, des bestioles bizarres, un amiral grabataire... J'en oublie, mais que voulez-vous, Charles Stross offre à ses lecteurs un univers pour le moins foisonnant, distillant petit à petit les informations nécessaires à sa compréhension, ce qui a provoqué chez moi, soyons honnête, quelques froncements de sourcils typiquement maiskeskyracontejcomprendsrien au départ. Et puis de fil en aiguille, je me suis laissée embarquer dans une histoire qui mêle avec bonheur l'aventure et une réflexion politique qui aborde des thèmes d'une actualité brûlante.

    J'ai particulièrement apprécié la charge symbolique contenue dans la confrontation d'une entité totalement structurée par l'information et ses flux avec une société tentant de contrôler toutes les informations circulant en son sein. Non seulement Charles Stross sait tourner avec humour le choc qui en résulte, mais on perçoit en plus, sous-jaçente, la référence à Internet aujourd'hui. Ceci dit, Crépuscule d'acier ne se réduit pas à cela. Au travers de la Nouvelle République, c'est aussi l'occasion pour l'auteur de parler des révolutions, des sociétés réactionnaires, des régimes autoritaires, des conditions du changement mais sans jamais oublier de rendre les aventures de Rachel Mansour et de Martin Springfield savoureuses, tout comme celles qui attendent les révolutionnaires de planète Rochard. Tous ces personnages sont plutôt bien campés, et on prend plaisir à les suivre dans leurs aventures. Dommage que quelques petites longueurs émaillent l'ensemble, mais il n'y a là pas de quoi bouder le plaisir de découvrir un space opera haut en couleurs.

     

    Le jeudi c'est citation.gif" Comme il voyageait en hutte à patte de poulet dans une contrée sauvage qui était récemment passée d'un féodalisme bucolique à un post-humanisme transcendant sans étape intermédiaire, Burya Rubinstein laissait ses pensées dériver en un rêve empli d'empires effondrés."

    (La liste des participants est toujours par !)

     

     

    Des avis sur Noosfère.

    Stross, Charles, Crépuscule d'acier, Mnémos, 2006, 422p., 3.5/5

    Et de deux contributions au challence Summer Star Wars du RSF blog!

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  • L'amour est à la lettre A - Paola Calvetti

    9782264051011FS.gifEmma, la cinquantaine, décide de lâcher son métier de traductrice et d'ouvrir à Milan une librairie spécialisée, Rêves et Sortilèges, consacrée aux histoires d'amour, les merveilleuses, les tragiques, les juste tristes, les passionnées, les sans espoirs, les douces, et les autres. Or, à flirter avec l'amour, on risque de le voir surgir, ou ressurgir dans sa vie: Frederico, l'amour d'autrefois réapparait, bouleversant les certitudes et les habitudes d'Emma.

    Encore un roman lu il y a quelques mois, un roman dont j'ai envie de parler maintenant, un roman pour la plage, pour le voyage, pour paresser au fond d'un jardin, ouà  trimballer au fond d'un sac à dos. Un roman qui ne fait certes pas l'unanimité, mais que j'ai aimé, parce qu'il parle d'amour, parce qu'il parle de littérature, et qu'il m'a donné envie, s'il en était besoin, de lire encore et encore. L'amour à la lettre A, c'est un roman épistolaire, deux personnages, pas toujours réalistes, pas toujours sympathiques, parfois un peu ennuyeux, une plume inégale, mais beaucoup de plaisir à évoquer les récits d'amour, la vie d'une librairie et de ses habitués, l'Italie, l'inventivité d'Emma, son envie d'aimer. Si je sais avoir survolé certaines lettres, un peu soupiré par moment il me reste aujourd'hui le souvenir de ce lieu qui, certainement, existe sous une forme ou une autre quelque part, porté par un ou une libraire passionnée, et celui d'un agréable moment de lecture. Et rien que pour cela, L'amour à la lettre A vaut le détour.

    Cuné, Ori, Pimpi, Fashion, Carnet de lecture, Mango, Karine:), Aifelle, Stephie,...

    Calvetti, Paola, L'amour est à la lettre A, 10/18, 2010, 470p.