
Sous le soleil de Toscane, Frances Mayes, Folio, 1999, 459 p.
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Sous le soleil de Toscane, Frances Mayes, Folio, 1999, 459 p.
En 1591, Rikyu maître la cérémonie du thé attaché au gouverneur du pays reçoit l'ordre de se suicider. Son disciple Honkakubo passera le reste de ses jours à se demander ce qui a poussé son maître à obéir sans même demander sa grâce.
Ce qui est certain à la lecture de ce roman deYashushi Inoué, c'est qu'il n'est pas facile d'accès. Sans doute pas le mieux pour s'initier à la littérature japonaise à moins de s'intéresser de très près au thé! L'écriture comme chez beaucoup d'auteurs japonais est sobre, concise. Elle va droit au coeur de ce qui doit être dit sans guère de fioritures, au point parfois de sembler plate et à la limite de l'ennuyeux. C'est du moins ce que j'ai ressenti au départ. D'autant plus que toute intéressée que je sois par la culture et l'histoire japonaise et malgré mes rudiments de connaissances en la matière, je me suis parfois retrouvée un brin perdue dans les histoires d'alliance, de guerre, de gloire et de chutes, d'intrigues!
Et pourtant, pourtant, le charme opère. Comme souvent. Petit à petit, j'ai été conquise par ce moine veillissant encore et toujours fidèle et loyal à son maître et à la voie du thé simple. Cet homme qui s'interroge sur la mort de celui qui l'a guidé. Qui lui parle encore jour après jour. Et qui finit par trouver la réponse à sa question. Le tout servi par un style qui révèle sa finesse. J'ai été gagnée par la sérénité et le calme au fil de ma lecture. Savourant comme les hommes de thé la beauté d'une plante, d'un paysage, d'en simple objet aux lignes harmonieuses.
Et puis on fait connaissance par petites touches avec le Japon médiéval et le monde du thé. Une plante, une feuille au départ, mais finalement un mode de vie, presque une religion, profondément exigeant. Le lien fait entre la cérémonie du thé, la guerre, le zen et la politique est passionnant. En cherchant à connaître les raisons du comportement de Rikyu, et celles de celui qui l'a condamné, Honkakubo va aller loin au coeur de cette discipline, à la fois discipline de vie et de mort. Et loin dans l'analyse des relations sociales et politiques de ce temps. Qui deviennent finalement aussi, voire plus importantes que le destin individuel de maître Rikyu.
On atteint au final , un beau portrait d'hommes, un beau portrait de la voie du thé et un beau portrait du Japon. Malgré un rythme lent parfois difficile pour l'impatiente qu'il m'arrive d'être!
"Ils découvrirent ce qui est le plus important pour l'homme de thé: préparer sereinement le thé, laisser faire le destin et ne pas tenter d'y échapper".
L'avis de Flo
ChallenGe ABC, lettre I
Yasushi Inoué, Le maître de thé, Stock, 1999, 211 p.
Annie François, Bouquiner, Seuil, 2000, 198 p.