26.11.2009

La tentation d'en rire: Twilight chapitre 2: Tentation

Billet avec spoilers et fous rires. Âmes sensibles s'abstenir.

 

Je m'attendais à tout, et je préparais déjà dans mon petit cerveau survolté un billet comparatif de haute volée et bien évidemment extrêmement intellectuel. Je m'attendais à tout, sauf à me retrouver sans voix et sans comparatif devant ce chef d'oeuvre intersidéral de la daube. GI Joe remisé aux oubliettes de la daube, High School Musical 3 laissé KO au premier round. Véridique.

Heureusement, Celle qui aime Jacob, Celle qui n'a pas aimé Fascination, Celle qui a vu plusieurs fois Fascination et Celle qui était dubitative étaient là pour m'accompagner dans le fou rire. Il faut dire qu'il y avait de quoi.

Prenons les choses dans l'ordre:

- la réalisation: d'une inventivité rarement égalée. Si, si, je l'affirme! Franchement, parvenir à rendre plus ridicule encore le film tenait de la gageure vu le niveau de certains des acteurs (j'y reviendrai), mais ils y sont arrivés. Certains plans sont à couper le souffle: le plongeon de Sam avec sa contre-plongée abyssale, l'avion qui s'éloigne dans un ciel sans nuage (avion de la compagnie Virgin, je n'invente rien, ceux qui ont lu et vu sauront pourquoi je me suis marrée), la ronde de caméra qui flanque le vertige avec une Bella en décomposition avancée au milieu, j'en passe, il y en avait tellement que j'en ai oublié. La palme revient néanmoins à cette scène absolument fabuleuse qui rappelait tellement fortement La petite maison dans la prairie que Celle qui n'a pas aimé Fascination a chantonné le générique.

Désolée, je n'ai pas pu m'en empêcher.

Ceci dit, Edward en version Bella-a-des-visions-qui-ne-sont-pas-des-visions-c'est-pour-mieux-te-sauver-mon-amour-je-n'ai-fait-ça que-pour-ton-bien est assez fabuleux. Mention spéciale à la scène de la noyade. qui rappelle certains tableaux pré-raphaëlites, du moins quand on a les yeux bandés, les oreilles bouchées et qu'on s'étrangle de rire. Enfin, j'aime bien celle de la moto aussi mais pour d'autres raisons relatives à un tee-shirt. Mais je ne veux pas spoiler. Sachez simplement que la salle a poussé un grand soupir, et moi un très classe "ah ouais..." tandis que Celle qui aime Jacob chuchotait "Je vous l'avais bien dit".

- les costumes: Celle qui a vu Fascination plusieurs fois a fait remarquer à raison qu'Edward est extrêmement mal fringué. L'âme chagrine que je suis dirait que de toute manière, ce n'est pas la fringue qui pose problème. Cependant, on note un relâchement vestimentaire certain. Bella elle-même porte pendant deux heures de film d'affreux tee-shirt à rayure qui ne lui vont que parce qu'elle est quasi transparente. Certains me soufflent que c'est normal, elle a 17 ans et elle est amoureuse. Certes. Ça ne m'a jamais fait perdre l'appétit personnellement, mais je peux le concevoir. Alice n'étant quasi pas présente, pas de robes fabuleuses. Qu'est-ce qui rattrape tout ça? L'absence de costume des loups-garous.

 

(C'est bien connu, les loups-garous sont chauds bouillants. Dommage qu'il soit un peu jeune. Mais en même temps, j'aime bien Charlie Swan aussi dans un autre genre.)

Et les costumes rigolo des Volturi...

 

- le jeu d'acteur ou la direction d'acteur, je n'arrive pas à me décider: ce qu'il y a de bien, et Celle qui n'a pas aimé Fascinationne me contredira pas, c'est que Robert Pattinson est peu présent dans ce Chapitre 2. Non parce que, soit il est bourré, soit il joue vraiment de plus en plus mal. Si Jasper avait l'air constipé dans Fascination, c'est trois fois pire avec son frangin dans Tentation. Bouche crispée par l'atroce souffrance, sourcil froncé, Edward est manifestement désespéré. Et le spectateur aussi. J'ai distinctement entendu Celle qui n'a pas aimé Fascination souffler un 'Ah non!" quand il réapparaît. Et en plus il enlève sa chemise. Seigneur. Comment diable Bella peut-elle lui préférer Jacob? Elle n'a pas d'hormones? Ou alors le film est produit par Disney et on ne nous l'a pas dit... Ou alors Stephenie Meyer l'a écrit autrement. Mais je suis certaine qu'elle ne connaissait pas encore l'acteur qui joue Jacob. Bref, cessons ces détours et admettons que RP n'est pas aidé par son désastreux maquillage, son rouge à lèvre gothique et ses poils sur le torse. Et par la comparaison avec Jacob. La preuve en images:

Ceci dit, en dehors de Charlie Swan, la catastrophe est remarquablement équitable. Edward et Bella ont l'air de parfaits crétins dans toutes les scènes où ils se déclarent leur flamme tels Roméo et Juliette. Bon, ils sont parfaitement crétins.  De toute manière, l'ensemble des dialogues sonne crétin. Ou alors c'est qu'ils sont crétins? Ou peut-être que je ne suis pas assez romantique? Ou alors pas assez adolescente...

Ah si, quand même, je ne peux pas passer sous silence la merveilleuse prestation d'Aro Volturi qu'on croirait sous Ecstasy. Impayable, juste... impayable. Pour tout avouer, je n'ai pas pu m'empêcher d'applaudir en criant au sublime. A ce stade de la daube, ça pulvérise tout ce qui était connu.

Qu'est-ce qui sauve ce film? Et bien je dirais qu'en dehors de son indéniable et involontaire potentiel comique, c'est ça:

Et puis une salle écroulée de rire et applaudissant avec enthousiasme. Et une Jacob Team en grande, grande forme.

Ah oui, il m'a fallu un moment pour me souvenir pourquoi j'ai bien aimé les romans. Pas sûre que je me remette de l'adaptation cinématographique.

15.08.2009

GI Joe, l'amour au bout du canon laser

Ce billet est dédié à Fashion qui saura pourquoi. Attention, il contient des spoilers!

 

Quant on cherche bien, les petits coeurs roses de la romance et de l'amûr se cachent dans les endroits les plus inattendus. Ne vous étonnez donc pas si je m'en vais vous démontrer par A+B que GI Joe et les romans Harlequins présentent des similitudes certaines.

Yep, that's my mission!

Commençons donc par étudier de plus près nos héroïnes. Car les femmes sont à l'honneur dans GI Joe mesdames. Souffle du temps qui passe ou nouvelle cible commerciale, allez savoir, le fait est là.

Rappelons-nous de quelques uns des caractéristiques des héroïnes de nos objets d'étude:

- ce sont des femmes fortes sous des apparences fragiles. Ana est une femme forte sous des apparences fragiles: elle tatane les gentils à coups de bottes, tire comme une super pro qu'elle est avec des canons laser, des revolvers, des couteaux et un paquet d'autres trucs du genre, saute dans des jets en vol.

Shana "Scarlett" O'Hara, outre le fait qu'elle a un prénom tout à fait adapté à un roman harlequin cache elle aussi sous des dehors frêles de sérieuses compétences en combat rapproché: la demoiselle fait après tout partie de l'équipe Alpha des GI Joe et manipule fort bien l'arbalète. Ah oui, elle est championne de moto-cross aussi (il y en a bien qui sont championnes de rodéo hein?).

 

Elles sont accompagnées d'une foule d'autres dames qu'on apeerçoit deci delà à l'entrainement et qui dament le pion à leurs collègues masculin avec brio. Et elles gèrent parfaitement bien les tâches administratives. Et elles lisent. Différence avec les héroïnes de harlequin? Elles sont beaucoup plus coriaces! Pas elles qui vont avoir les bras qui faiblissent au bout de deux minutes quand elles tiennent un fusil. Elissa peut aller se rhabiller!

- ce sont des femmes fragiles sous des apparences fortes: un petit coeur sensible bat sous tout cet entraînement, ne l'oublions pas. Shana, qui rejette l'amour (être émotive, beurk) au profit de la science finit à l'insu de son plein gré par céder aux charmes discutables et aux techniques de drague vaseuses de Wallace 'Ripcord' Weems le super-pilote. Lequel s'avère capable de faire vibrer sa corde sensible et de la faire rire. D'accord, pas toujours, mais des fois. Quand à Ana, ahhh, Ana! Elle aime un homme, puis un autre, en manipule un entre-temps, mais s'avère finalement elle-même manipulée. Vous suivez? Heureusement, il y a une épaule virile (et peut-être tatouée, en tout musclée) qui lui permet de retrouver ses souvenirs à temps et sur laquelle se reposer.

- ce sont des femmes glamours et sexy, même si elles ne le savent pas toujours forcément (en tout cas, au début): Shana garde ses beaux cheveux auburns détachés pendant la bataille, ce qui lui permet de faire des effets de mèches des plus esthétiques en cas de chute ou de coups de pied retourné. Et elle porte très bien le blouson en cuir et le jean moulant quand elle fait des acrobaties à moto. Et le petit top échancré lui va à ravir pendant les entraînements. Nous pouvons donc la ranger dans la catégorie des belles femmes qui s'ignorent (et qui n'aiment apparemment pas les fanfreluches. A confirmer dans GI Joe 2).

Ana, elle, est l'héroïne sexy en diable et consciente de son pouvoir de séduction: lunettes à la fois pratiques et tellement attractive dans le genre secrétaire, combinaison en latex avec un joli décolleté, et si mes yeux ne m'ont pas trompés, de petits ajouts qui doivent plus à la coquetterie qu'à la praticité de la chose. Et qu'est-ce qu'elle court bien en talons! On se croirait dans Sex in the City!

Voilà pour ces dames. Au tour de ces messieurs maintenant. Deux cas de figure se déclinent en plusieurs modèles.

Premièrement, nous avons le gentil:

- le gentil maladroit: Wallace 'Ripcord' Weems , ou l'art de se ridiculiser devant une jolie femme, exubérant, un peu ridicule, mais très musclé. Son principal atout est d'être capable de piloter sans formation un jet volant à mach 6. Un homme, un vrai même s'il est gentil et maladroit. Je vous laisse faire des liens avec d'autres héros bien connus.

- le gentil qui traine un douloureux passé: un coeur brisé, un tragique événement suffisent à transformer notre Conrad 'Duke' Hauser en costaud viril mais triste avec lunettes noires, etc., etc. Mais heureusement, les costauds virils et tristes finissent toujours par être récompensés quand ils sont gentils. Conrad l'étant, il va pouvoir se battre avec toute sa fougue et ses muscles (qu'il a costaud, mais je crois que je l'ai déjà dit) pour les beaux yeux de sa belle, laquelle a finit par perdre ses lunettes. Ca ne vous rappelle rien?

Il est évident que quelques cicatrices ajoutent à la sexytude du gentil tout brisé par son tragique passé.

- le gentil viril, costaud et mutique: un tragique passé aussi, une vengeance, une tendance à être taciturne. Il faut dire que la combinaison en latex intégrale n'aide pas. Drague principalement à l'aide de ses sabres. Mon prochain objectif est de trouver un harlequin avec des samouraïs dedans.

- le gentil pas viril mais très très intelligent: accroché à sa console et ses ordinateurs, il finit par sauver à peu de chose près le monde. Celui-là par contre, je n'ai pas encore pu trouver le modèle.

Secondo, le méchant:

- le méchant sensuel, fourbe et sexy (toute ressemblance avec Passion sans escale est purement fortuite): ahhhhhh, Christopher. Il portait bien le cuir dans Dr Who, il porte bien la cravate dans GI Joe. Je me demande ce qu'aurait donné Doctod Who si Christopher Eccleston avant porté un costume et David Tennant une veste en cuir. Mais je m'égare. CE nous campe donc le héros sensuel, fourbe et sexy avec conviction et vraisemblance. Avec un accent écossais qui rappelle certains héros à fort potentiel de nos lectures préférées.

- le méchant tout cramé pas beau: lui, il n' aucune chance, mais il est là. D'ailleurs, il est tout frustré et devient très, très, mais alors très méchant.

Avec tout ça, il y a de quoi monter un scénario harlequin tout à fait crédible. Avec un peu plus d'explosions que d'habitude certes. D'ailleurs, il y a un scénarion harlequin dans GI Joe (félicitation aux scénaristes d'ailleurs, ils sont incapables de lire un plan de Paris, mais par contre, ils sont très performants en histoire d'amour avec des coeurs et des drames à l'intérieur)!

Ana aime Duke, mais un drame tout à fait dramatique les sépare. Quelques années plus tard ils se retrouvent. La dame n'est pas décidée à pardonner à son ancien cher et tendre. Mais le coeur de l'ancien cher et tendre n'a jamais cessé de battre pour elle. Et même si elle lui en colle une, son petit coeur à elle aussi n'a jamais cessé de battre pour lui même si elle ne le sait pas encore parce qu'elle a perdu la mémoire (ça, on l'apprendra plus tard, en même temps qu'on comprendra qu'en fait ce n'est pas de safaute si elle est si méchante). Ce qui nous vaut quelques flash-back des temps heureux où ils riaient ensemble, mangeaient des glaces ensemble dans les parcs, glandaient au soleil ensemble, discu... Ok, faisaient plein de choses ensemble dans l'amour et la concorde. Mais voilà, un rival est là maintenant: la jalousie ronge notre ancien cher et tendre. Et notre nouveau cher et tendre. Ils vont donc se battre pour les yeux de leur belle avec des dialogues que c'est du bonheur en barre ("Le monde est en train d'exploser autour de nous et nous sommes jaloux à cause d'une femme", dit nouveau cher et tendre à ancien cher et tendre après avoir roulé un palot à la belle pour rendre ancien cher et tendre pas content du tout ce qu'il est puisqu'il lui colle une beigne malgré les menottes) et quelques coups de tête bien placés. Après moults péripéties (des vraies ,avec des explosions dedans, des sous-marins, des canons lasers, des banquises qui explosent, des sabres et tout), ancien cher et tendre qui a prouvé sa valeur, sauve la belle et le monde avec et tout est bien qui finit bien.

Vous voyez? GI JOe en fait, c'est un film de fille. Avec des explosions et des vrais morceaux de Harlequin dedans. C'est pour ça que j'y suis allée d'ailleurs. Parce que mon petit coeur sensible frétille d'aise quand l'amour vainc à la fin.

 Je vous laisse avec un petit trailer pour la route!

 

 

17.06.2009

Caroline... Non, Coraline!

Encore un billet que je vais attaquer par mon habituelle et quasi rituelle déclaration d'amour à Neil. Gaiman. Il est (peut-être) grand, (sans doute) fort, (très probablement) beau, et il est atrocement doué: fantasy urbaine, littératue jeunesse, comics, quelque soit le domaine que ce touche-à-tout explore, c'est réussi. Que celui qui n'est pas d'accord se risque à aller le dire à Fashion!

 Bref. Pourquoi revenir sur la question? Tout simplement à cause de la sortie concomitante de l'adaptation en bande dessinée et en film d'animation du fabuleux Coraline.

Coraline, je l'ai lu il y a un petit moment déjà. Cinq ans pour être exacte, en un temps où le mot blog n'évoquait pour moi qu'un mauvais film de science-fiction avec des bestioles vertes à huit têtes. Je me souviens d'avoir frisonnée, trembloté, frémis et glapis de terreur sous ma couette. Si, si, véridique, j'exagère à peine! Les boutons à la place des yeux, les âmes perdues, le chat qui parle, cet autre univers qui attend comme une toile d'araignée de pouvoir enferme ses proies... Proprement et délicieusement terrifiant. Vous comprendrez donc sans peine la pulsion qui m'a poussée à attraper la version bande-dessinée et à filer dans la plus proche salle de cinéma me plonger dans l'adaptation offerte par Henri Selick.

 

Commençons donc par la bande-dessinée publiée par Le diable Vauvert. Je dois avouer que j'ai été à la fois surprise, et un peu déçue à première vue par le dessin: très comic book, des couleurs un brin pâlichonnes, des personnages et des décors ultra-réalistes... Je m'attendais à plus de rondeurs et de couleurs. Puis, petit à petit, la magie a opéré, le dessin de Craig P. Russell m'est devenu familier. J'ai retrouvé la noirceur du roman, sa charge de peur. En fait, le réalisme du dessin, en ancrant l'histoire de Coraline dans le réel, la rend probablement encore plus effrayante. C'est une belle adaptation, fidèle au roman, servie par une belle édition au format et au papier agréables.

 

Rien à voir, mais alors rien à voir du tout avec le film d'animation. Une merveille qui m'a fait retrouver pour le coup tout l'émerveillement de ma lecture. Pourtant, Henry Selick fait des entorses à l'intrigue. Mais c'est pour mieux respecter l'esprit du roman et le rendre encore plus accessible. C'est sans doute un peu idiot, mais le fait est que le contraste entre le vrai monde et l'autre monde est une claque: Coraline vit avec des parents gentils, mais peu présents dans une maison et une région qu'elle ne connaît pas et où elle s'ennuie en attendant la rentrée des classes. Un univers un peu terne dans lequel sa vitalité et son imagination débordantes ne trouvent pas d'exutoires malgré la présence de voisins pour le moins étranges; l'autre monde lui... coloré, chatoyant même, rempli de l'amour d'une autre mère et d'un autre père qui ont certes des boutons à la place des yeux, mais qui lui cuisinent ses plats préférés et créent pour elle des jardins enchanteurs et enchantés. L'autre monde d'Henry Selick déborde de créatures, de trouvailles poétiques et esthétiquement superbes: fleurs animées, insectes géants qui servent de montures, pianos aux mains mécaniques, meubles aux formes étranges... Un monde qui a tôt fait de basculer dans l'horreur et l'angoisse.

On y perçoit bien toute la réflexion sur la famille et l'enfance qui sous-tend le roman et son adaptation en bande dessinée: Coraline comme beaucoup d'enfants, veut fuir un père et une mère qui ne s'occupent pas d'elle comme elle le voudrait. Son fantasme d'une famille meilleure, elle le trouve de l'autre côté de la porte, de l'autre côté du miroir où tous les voeux se réalisent. Sauf qu'elle se rend compte, très vite, qu'elle ne veut pas que tous ses voeux se réalisent, que l'autre mère avec son amour n'est rien d'autre qu'un monstre prête à dévorer "son" enfant pour le garder, l'enfermer dans sa toile (une séquence qui m'a coulée sur place mais que je ne décrirai pas plus avant). Une petite réflexion m'est venue à la vue du film que je n'avais pas eu à l'époque de ma lecture, ni à celle de la bande dessinée: cet autre monde, l'autre mère m'ont rappelé la figure de la fée, du petit peuple qui attirait les humains par leur image de perfection et de bonheur et des promesses de réalisation de voeux. Une tromperie qui menait à la mort le plus souvent. Réaliser ses rêves les plus fous n'est pas toujours une bonne chose, être heureux de ce que l'on a une meilleure garantie de bonheur. Dans l'autre monde il y a aussi cette part d'inconnu que recèle l'autre: parents, voisins, amis qui peuvent soudainement devenir étrangers et inquiétants. De là à voir dans Coraline une mise en garde comme l'étaient les contes d'autrefois...

 Quoi qu'il en soit, l'animation est somptueuse et vaut à elle seule le détour: réalisation image par image, poupées et décors réalisés de main de maître, inventivité et sens du rythme, c'est un véritable bonheur à ne manquer sous aucun prétexte!

 

 

15.06.2009

Departures

Quand l'orchestre qu'il était parvenu fait faillite, Daigo abandonne son violoncelle et regagne sa ville natale avec sa jeune épouse, Mika. Là-bas, le seul emploi que trouve ce musicien sans autres compétences que la musique ni expérience est celui d'assistant d'un entrepreneur de pompes funèbres. Contraint d'accepter par besoin d'argent, il va découvrir un monde dont il ne soupçonnait pas l'existence et un tabou: celui de la mort.

Il faut admettre que vu comme ça, il y de quoi fuir à toute jambe. Et pourtant. Pourtant, ce film est un bijou. Le premier plan déjà. Deux phares qui percent la brume: on se croirait l'espace d'un instant dans le Totoro de Miyazaki, un monde étrange et magique. C'est un peu le cas: en suivant Daigo, on entre dans un univers qui, dans toutes les sociétés fascine autant qu'il provoque la répulsion, celui de la thanatopraxie, ou pour parler plus crûment, des croque-morts. Un métier que Daigo n'exerce pas de gaité de coeur au départ. Grand maladroit, âme sensible, il se voit confronté à des situations auxquelles rien en l'avait préparé. Puis, petit à petit, à travers les gestes des rites funéraires, il découvre le rôle fondamental qu'à celui qui accompagne les morts et l'ambivalence de la société à son égard. A cet égard, Departures est presque un documentaire qui présente le cérémonial mortuaire japonais, un documentaire fascinant: gestes ritualisés d'une grande beauté, d'une rare pudeur et en tout cas révélateur de la culture et de l'esprit japonais.

Departures est un film touchant, pudique, qui ne sombre jamais dans le pathos, la complaisance, le voyeurisme. Il y a des scènes d'une rare tendresse, d'autres d'une infinie tristesse, mais il y a aussi les maladresses de Daigo, l'amitié partagé,la vie quotidienne dans une petite ville de province japonaise avec ses bains publics, les rires provoqués par un humour qui frôle par moment le burlesque. On s'attache au patron bourru, à la secrétaire mystérieuse, à Mika, et aux autres. En les mettant en scène, le réalisateur, Yojiro Takita amène à réfléchir sur la mort et la manière dont nous l'appréhendons et la traitons, sur le tabou qu'elle continue à représenter partout, sur l'importance des rites qui l'entourent. Il offre une belle galerie de personnages portée par des acteurs presque impeccables et une mise en scène classique mais efficace, une jolie histoire de famille et d'amitié. Reste quelques petits défauts qui ne m'ont en rien gâché le plaisir: quelques scènes inutilement mièvres, quelques grimaces.

Je n'ai pas vu passer les 2 heures du film.

Un très beau film poétique, pudique, qui mérite, à mon humble avis, le détour. A bon entendeur...

 

 

12.01.2009

I feel good

Pour faire mon retour sur la toile, petit coup de projecteur sur, une fois n'est pas coutume, un documentaire. Une petite merveille où vous rencontrerez une chorale fabuleuse de grands-parents péchus et attachants qui chantent de la pop et du punk! Un film où vous allez rire, retenir votre souffle, pleurer et dont vous aller sortir en ayant une folle envie de vous mettre, vous aussi à chanter à tue-tête. J'ai adoré.

Démonstration en image (avancez jusqu'à 51 secondes):

 

 

 

 

 

Pour les versions originales des chansons, voir La BO du Terrier à droite! Pour en en savoir plus sur la chorale, le site officiel est par , avec une mention spéciale pour les clips!

07.11.2008

Glamourama

A l'issue d'une semaine à teneur hautement culturelle, il me faut, dans un grand élan de partage et d'amour universel, vous livrer mes réflexions sur deux films qui laisseront des traces, sinon dans l'histoire du cinéma, à tout le moins dans le coeur et l'âme de quelques cinéphiles avertis. Deux films, deux sex symbols, deux figures maternelles, des cascades époustouflantes, des courses-poursuites dantesques, des baisers torrides. Deux films, deux générations qui s'affrontent. James Bond in Quantum of Solace vs Troy Bolton in High School Musical 3. Deux films qu'avec deux LCAaussi scientifiquement curieuses que moi, nous avons vu, étudiés et disséqués.

Commençons sur de bonnes bases.

daniel-draig-big.jpgA ma gauche, The James Bond, j'ai nommé Daniel Craig. Sacré l'homme le plus sexy de l'univers par les LCA parisiennes dans un ensemble qui serait touchant s'il n'était pas effrayant. Un regard bleu azur (*soupire*), du muscle utile à revendre (© Choupynette), de la testostérone juste comme il faut, un art de porter le torse nusmoking qui mérite une renommée intergalactique, un romantisme soigneusement caché sous des dehors bourrus.

 

 

A ma droite, Troy Bolton: le regard également azur, du muscle, du romantisme, du ressort et de l'énergie à revendre. A noter que dans une scène qui a déclenché chez les aventurières que nous sommes une hilarité explosive, il porte plutôt bien le tee-shirt mouillé. Certes pas aussi bien que Colin la chemise tout aussi mouillée, mais on peut noter un potentiel à développer.

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S'il on en vient à discuter scénario, profondeur psychologique des personnages, ressorts dramatiques, il convient de reconnaître que chacun de ces films atteint des sommets dans son genre.

Un espion au coeur secrètement brisé (sauf pour les millions de spectateurs suivants ses exploits, mais est-ce bien la question), un basketteur de talent déchiré entre ses aspirations secrètes à monter sur scène et amour débordant du basket. Leur drame commun? Les femmes... Comment s'étonner quand on entend (métaphoriquement hein, sinon je vais faire la fortune de mon pharmacien en achetant du paracétamol) les millions de coeurs énamourés qui battent à la vision de leurs exploits?

A ma gauche, les James Bond Girls. Bien que j'ai eu des doutes sur le bien fondé du choix de certaines des dernières James Bond Girls (tout comme des James Bond eux-même, mais je n'en dirait pas plus de peur de risquer ma vie en rencontrant certaines fans de l'homme qui porte très bien le lamé bleu), l'arrivée de Daniel Craig a relevé le niveau. Belles , dangereuses, sexy même en marcel déchiré (du moins je suppose), séductrices jusqu'au bout des sourcils, elles crèvent l'écran.

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Comme vous pouvez le constater, il n'y en a pas que pour nous, mesdames.

 

 

 

 

Ceci étant, il y a du répondant dans la jeune génération. Armées de leurs gloss, de brosses à cheveux en guise d'arme de poing, le talon aiguille prêt à être dégainé, elles ont du potentiel.

 

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 Par contre, en terme de baisers torrides, l'avantage va sans aucun doute possible à notre James. Ou fais-je preuve ici d'une abominable cécité du au fossé générationnelle qui me fait préférer les pattes d'oies à la mèche et un torse dépassant avantageusement d'un maillot bleu dorénavant bien connu à un celui surplombant un baggy artistiquement tombant (le karma du jean est-il de tomber ou de ne pas tomber, telle est la question)? Les autres participantes à cette entreprise scientifique seront, je le pense, d'accord avec moi sur le fait que High School Musical 3 manque déséspérement de bisous. Notre  spécialiste es adolescentss'est demandé où diable Walt Disney avait bien pu faire passer les hormones qui normalement bouillonnent dans les petits coeurs tout mou des moins de 18 ans. Après mûre réflexion, je pense qu'il a du en faire don à Daniel Craig. Je ne vois que cette explication au fait qu'un seul et unique spécimen masculin soit aussi sexy. Que diable! Un maigre petit bisou et quelques bécots sur la joue, une petite valsounette et quelques étreintes prudes contre des baisers qui font monter la température d'une salle de cinéma à au moins 58,6°C!! La folle passion!!! Dans ce cas bien précis, rien ne vaut l'expérience. Elle évite de regarder vers les étoiles comme si Saint-Michel devait en surgir pour annoncer à nos tourtereaux un avenir radieux et pailleté dans le middle class américaine.

18895350_w434_h_q80.jpg Le plus beau dans tout cela? La figure maternelle n'est pas oubliée. M., la fabuleuse M. qui couve du regard son James, inquiète de le voir prendre tant de risque (ou serait-elle atteinte du syndrome de l'infirmière elle aussi?), prête à le remettre dans le droit chemin comme le fait Miss D., professeur de théâtre d'une telle abnégation qu'elle prend tout les risques pour amener ses élèves au meilleur, se lançant dans des discours philosophico-orientatifs d'une ampleur encore jamais vue sur grand écran (ce ringard de Robin Williams peut aller se rhabiller avec ses élèves debouts sur les tables, les siens bondissent, grimpent aux murs, et poussent la chansonnette en même temps, si ce n'est pas du talent tout ça)! 

 Cela donne des cascades ébourstiflantes où nos élèves tourbillonnents, sautent sur les capots des voitures tels des super-héros, s'accrochent aux câbles. L'avantage reste cependant à James, capable de se relever après un saut en parachute calamiteux où il sert de coussin à sa James Bond Girl, galant homme comme il est, et de repartir comme si de rien n'était, vodka martini à la main. He's a real man mesdames! Quoi que, traverser la moitié des Etats-Unis dans une épave roulante pour danser la valse avec sa copine sur le campus de Stanford mérite sans aucun doute également une médaille.

 

 

Passons à des choses bassement matérielles. Les voitures. En temps habituel, pour moi, une voiture est une chose avec quatre roues et un volant (les autres accessoires permettant de faire tenir roues et volant ensemble m'indiffèrent totalement) permettant d'aller d'un point A à un point B distants de moults kilomètres en polluant, certes, mais de manière bien plus pratique qu'avec mes simples petits petons. Dans le cas précis de James Bond, je me transformerais volontiers en mécanicienne. La scène d'ouverture de Quantum of Solace est à ce titre un moment de pur bonheur: une Aston Martin ET une Alfa Roméo dans une course-poursuite d'anthologie! On en oublierait presque (j'ai bien dit presque) que Daniel Craig est au volant. L'avantage de la maturité et d'être au service de Sa Majesté est de pouvoir massacrer de belles voitures. L'épave conduite par Troy n'a donc, vous le comprendrez, rien de bien alléchant pour mon petit coeur tout mou.

 

Par contre, niveau paillette, High School Musical gagne! Ca brille, ça scintille, ça luit, ça papillote dans tous les coins en rose, en argent, en mauve, en bleu quand James n'est finalement capable que de nous offrir des explosions fort traditionnelles. Il faudra penser à inclure des paillettes dorées à la prochaine explosion d'avion, de bateau ou de voiture.

 

J'en terminerai ici, laissant de côté mes réflexions sur le travail des stylistes (cette mini-jupe en lamé rose était d'un goût divin) et les mérites comparés des smokings portés à 40 ans et à 17 ans.

Une seule question me taraude encore... Daniel Craig sait-il chanter?

 

ps: une dancing queen de talents'est révélée à nous hier soir. Sa chorégraphie folle restera dans nos souvenirs émus. Elle sera sans nul doute engagée pour tenir son propre rôle dans High School Musical 4 (bientôt sur nos écrans je l'espère) ou le monde est injuste.

12.09.2008

Mamma miiiiaaaaaaaaaaaaa!




Chuis à la bourre, très très à la bourre à en croire mes comparses!! C'est la faute au travail! Et à mes activités extra-travail!! Si, si!! Vous pensez bien que je n'allais pas passer à côté de l'occasion de vous faire le compte-rendu de cette séance haute en couleur!!
Il faut savoir qu'a précédé un casse chez Starbuck: lattés en tout genre, sympathiques petites choses à grignoter, c'est repue que la bande complétement hystérique des parisiennes s'est dirigée vers la salle. Stéphanie dans les starting-blocs au sommet de la troupe, chargée d'ouvrir le chemin vers les meilleures places de la salle. Il faut dire que la foule s'était amassée derrière nous!
Ensuite... Ensuite... Et bien il y en avait qui se trémoussaient sur leur siège, d'autres qui écrasaient leur petite larme, d'autres qui chantaient et tapaient des mains en coeur avec la salle, d'autres qui hoquetaient de rire, et d'autres qui hurlaient en voyant le torse nu de quelques spécimens masculins ma foi fort consommables sympathiques!! Croyez-moi, ces messieurs cachent des choses des plus intéressantes sous leurs chemises!

24.03.2008

The dead girl

thedeadgirl_l200612221217.jpgThe dead girl, un film de Karen Moncrieff avec Toni Collette, Brittany Murphy

 

La découverte du corps d’une jeune femme assassinée va bouleverser quatre vies. Celle de la femme soumise à sa mère qui découvre le corps, celle d’une jeune femme qui espère que le corps retrouvé est celui de sa sœur disparue, celle de l’épouse qui découvre que son mari est le tueur, celle de la mère qui part à la découverte de sa fille. Quatre destins pour celui d’une femme qui rêvait de changer de vie.

The dead girl est un film coup de poing. Sur le même principe que Babel : faire d’entrecroiser les destins de personnes que rien ne lie a priori, Karen Moncrieff construit un récit qui parvient à rester fluide et cohérent. Ce faisant, elle éclaire cinq vies de femme d’aujourd’hui. Des femmes pétries de doutes, de contradictions mais incroyablement fortes et capables de résister au pire avec une dignité qui laisse pantois.

Toutes sont malades du manque : malade du manque d’amour, du manque de vie, du manque d’attention, de la culpabilité d’avoir un jour oublié d’ouvrir les yeux pour voir le pire. Toutes tentent de survivre tant bien que mal avec plus ou moins de bonheur et plus ou moins de concessions à ce que la morale permet. Toutes sont servies par un jeu d’actrice proprement fabuleux qui fait passer une émotion et une tension qui ne se relâchent jamais.

C’est d’autant plus fort que le regard qui est porté sur ces tranches de vie est exempt de tout jugement : de la prostituée à celle qui accepte le pire, la réalisatrice se contente de rendre des faits, des liens, des actes, concentrant de ce fait l’attention du spectateur sur le plus important : ses personnages.

Sobre, poignant, fort, The dead girl est sans conteste un des films les plus réussis que j’ai vu ces derniers mois.

 

18.03.2008

Marseille, Marseille...

mr_73.jpg

Parcourant du regard les catégories, je me suis soudainement rendu compte qu’il y avait une sacrément belle lurette que je n’avais pas papoter autour d’une autre des mes activités : hanter les salles obscures !
Et je reviens avec une solide déception. Encore que, y étant allée peu convaincue, peut-on réellement parler de déception…
 
Un tueur en série ensanglante Marseille. Louis Schneider, flic au SRPJ, mène l'enquête malgré l'alcool et les fantômes de son passé.
 
MR73, dernier film d’Olivier Marchal avec Daniel Auteuil est un cumulé de clichés comme j’en ai rarement vu au cinéma. Car si les blockbusters les cumulent, les clichés, c’est souvent en connaissance de cause, et pas avec un sérieux confondant comme dans le cas qui nous occupe. Commissariats crasseux, flics alcooliques, violents et corrompus, belles bagnoles, criminels aux têtes de criminels, rien n’est épargné. J’oubliais, Daniel Auteuil, tout alcoolique qu’il soit trouve plus perdu que lui : il se console en recueillant l’ensemble des animaux abandonnés de Marseille. En regard de la décrépitude des lieux et des hommes, le fait que tous circulent dans de magnifiques voitures de service, que le commandant de la criminelle habite dans une magnifique villa avec piscine surplombant la mer semble pour le moins invraisemblable. Et je ne cite là que ce dont je parviens à me souvenir !
Le scénario, apparemment tiré de faits réels est bourré d’ellipses, de raccourcis, de lieux communs et de flash-backs. Rien qui permette de suivre correctement l’histoire si tant est qu’il y en ait une ! Au générique de fin, le rapport entre les différents récits qui s’entrecroisent est toujours un mystère digne de l’Atlantide.
Le tout est d’autant plus sordide que les giclées de sangs sont exagérées, les corps filmés sous les angles les plus scabreux et le symbolisme hasardeux. Opposition naissance-mort, Christ en croix éclaboussé de sang quand le « héros » se fait justice, dialogues tellement profonds que le dernier des people parviendrait sans peine à faire mieux, rien n’est oublié !
Quand à la photo, elle accentue l’impression de décor en papier mâché : crépuscules crépusculaires, nuits trop profondes pour être vraies, ciels orageux hallucinants S’y ajoutent des envolées instrumentales qui visent sans doute à faire comprendre au malheureux perdu là que le moment est particulièrement important !
Reste heureusement quelques moments de franche rigolade, comme le moment où nos deux héros en manteaux de cuir à la Néo et armés de fusils à pompes sont matés par un méchant qui fait d’un seau un objet contondant des plus efficaces !
 
Bref, 2h20 d’ennui entrecoupé de quelques éclats et la sensation pesante d’avoir été prise pour une imbécile !

30.11.2007

De l’autre côté

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L’Allemagne aujourd’hui, la communcauté turque allemande. Les routes de Yeter la prostituée, Ali le vieux parieur, Nejat son fils professeur d’université se croisent le temps d’un drame.
Pour expier le meurtre de Yeter par son père, Nejat part à la recherche de la fille de cette dernière, Ayten, sans savoir que celle-ci, impliquée dans un groupe terroriste a trouvé refuge en Allemagne, où elle va rencontrer l’amour en la personne de Charlotte l’étudiante et sa mère, Susanne.
Par le jeu du hasard, tous vont se retrouver de l’autre côté, à Istanbul.
 
Que dire… Mon résumé ne rend pas du tout justice à la richesse et à la force de ce film. Si vous avez vu Babel, et bien je dirais que De l’autre côté utilise le même principe avec beaucoup plus de finesse et d’intelligence, de pudeur aussi. Sur un scénario complexe, le réalisateur parvient à une fluidité qui permet au spectateur de se retrouver dans le cheminement des personnages, de comprendre et de ressentir avec eux. Sans rien de spectaculaire ni d’outré.
Par le jeu d’entrecroisements maîtrisés, Fatih Akin construit un portrait en teintes tendres et amères d’une communauté exilée et d’un pays où tout, le meilleur comme le pire est possible. Ce sont deux mondes qui s’affrontent. Celui de Susanne et Charlotte les allemandes, de Nejat l’intégré aussi et celui d’Ali le déraciné, Yeter et Ayten. A travers eux, ce sont les relations de l’Europe et de la Turquie qui se dessinent, entre fascination et répulsion.
Ce sont aussi ceux qui observent, Susanne et Nejat et ceux qui se battent, Charlotte et Ayten.
Au-delà de cela, c’est aussi à une réflexion sur la barbarie et l’humanisme, sur la faute, la responsabilité et le pardon qu’est invité le spectateur. Barbarie des pauvres, barbarie des extrémismes, barbarie de l’ignorance, barbarie de pays prompts à rejeter hors de leurs frontières ceux qui leurs arrivent. Faute de ceux qui ferment les yeux, de ceux qui se battent.
 
Un film fort, doux que je ne saurais trop recommander.

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