Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Plaisirs coupables

     

    La vie d’Anita Blake n’est pas de tout repos. Non contente de ranimer les morts, elle passe une partie de son temps libre à chasser les vampires qui passent les limites de la légalité. C’est là qu’elle a gagné son surnom : l’Exécutrice. Mais quand le monde de la nuit est agité par des luttes de pouvoir, elle ne peut qu’y laisser quelques plumes.

     

    Que voilà une bonne surprise ! J’ai attaqué le premier tome de la saga d’Anita Blake chasseuse de vampire en me disant que je ne risquais pas grand-chose ! Et je me suis retrouvée littéralement embarquée dans les aventures d’une héroïne qui ressemble par quelques aspects à Stéphanie Plum ! Je vois d’ici les oreilles de quelques membres éminents de la blogoboule se dresser. Celle par qui tout est arrivé par exemple, celle qui défend Ranger en toute circonstance aussi… Et d’autres ! Attention toutefois (je tiens à mon intégrité physique et une adepte de Miss Plum peut devenir dangereuse), je parle de quelques aspects seulement !!

    Bien, entrons dans le vif du sujet ! Laurell Hamilton embarque son lecteur dans les pérégrinations d’une héroïne haute en couleur en en faisant la narratrice de l’histoire. Ce qui lui permet d’user d’un phrasé-parlé haut en couleur et en verve ! Et de coller au plus près aux frousses et grosses fatigues d’Anita. Il faut dire qu’elle n’est guère épargnée par le sort : la voilà embarquée dans une sombre histoire de meurtre bien qu’elle ait freiné des quatre fers et de tout ce qu’elle avait de disponible pour freiner, menacée par une reine des vampires complètement frappée, attirée par un junkie aux morsures de vampires et par un maître vampire plus que séduisant encore qu’un brin agaçant. Bref, un joyeux foutoir qui prend place dans un univers plutôt bien pensé : les vampires sont reconnus et vivent, façon de parler, au grand jour. Ils vivent donc parmi les humains, plus ou moins bien acceptés, certain les rejetant et les traquant purement et simplement, d’autres militant pour leurs droits. Sachant qu’eux même ne sont pas des enfants de cœur et qu’une partie d’entre eux persiste à faire des humains leur repas.

    Heureusement qu’il lui reste assez d’énergie pour tenir debout, et assez d’humour noir pour faire face à quelques rats garous et vampires psychopathes. Une grande force dans le roman d’ailleurs cet humour ! Ca aide à faire passer quelques invraisemblances.

    Alors bien sûr ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais entre l’intrigue et les personnages, voilà une série attachante et une lecture sympathique pour les jours de fatigue et de moral à zéro ! Sans compter que les relations de ces messieurs pas franchement humains et de notre demoiselle pas blanc bleu devraient évoluer vers des sommets garantis chauds dans les tomes suivants !

     

    Laurell Hamilton va être rééditée en France par Bragelonne, ce qui est plutôt une bonne nouvelle vu l’état des éditions poches en bibliothèque, et il semblerait qu’une adaptation en film ou série soit prévue.

     

    Affaire à suivre donc !

    L'auteur a un blog. Pour aller y jeter un oeil ou deux, c'est par !

    Laurell Hamilton, Plaisirs coupables, Pocket, coll. Terreur, 2004, 378 p.

  • Sarn

     

     



    Prue vit avec ses parents et son frère au cœur de la campagne anglaise, tout près de l’étang de Sarn, cet étang où résonnent le soir, les cloches d’un village englouti. Défigurée par un bec-de-lièvre, elle va affronter le deuil, le travail acharné à la ferme, l’amour sans espoir, les superstitions et la méchanceté dans un tourbillon d’événements dramatiques.

     

    Fashion m’en avait parlé et au cours d’une virée dangereuse chez ce vieux Gibert Joseph, La Chef l’a brandi avec passion. Que voulez-vous, la LCA est faible, et bien qu’étant entrée dans ce lieu de perdition fermement décidée à ne ressortir qu’avec ce que j’étais venue chercher, je suis repartie avec (et quelques autres petites choses dont il sera un jour ou l’autre question ici). Là où je pousse le vice, c’est que non contente d’avoir laissé libre court à mes plus bas instincts, je n’ai absolument aucun regret. Ce roman est une petite et pure merveille. Le prologue, déjà, le prédit. Mary Webb, fille de la campagne, elle-même défigurée sait de quoi elle parle. Et elle aime profondément cette campagne qui est le décor de son roman et qu’elle a du quitter en trouvant, enfin, l’amour et le mariage : tout dans sa manière de décrire les paysages de Sarn le montre.

    Sarn n’est pas un simple roman pastoral. On y trouve, certes veaux, vaches, moutons, blé et volaille, mais le plus important est ce qui réside dans le cœur des hommes. Superstition, envie, jalousie, rancune, cupidité, autant d’éléments de la nature humaine qui portent le malheur là où il suffisait de se contenter de ce que donnait la nature pour y trouver quelque chose approchant du bonheur.

    La cupidité, c’est ce qui va perdre Gédéon Sarn et sa famille. Responsable de la mort de son père, il va travailler comme un diable pour réaliser un seul et unique rêve : acheter une maison au bourg voisin et y devenir un homme important. Peu lui chaud le prix à payer pour accomplir son dessein. Esclavagiser sa sœur, maltraiter sa mère, mener sa fiancée au désespoir, rien ni personne ne l’arrête. Ni Dieu, ni Diable d’ailleurs dont il a la beauté.

    Tout à l’inverse, Prue la douce est défigurée mais profondément bonne et aimante. Sa souffrance, elle la cache pour ne pas peiner son entourage. Bien plus instruite que ne le sont d’ordinaire les femmes et les paysannes, elle rédige l’histoire des temps de sa jeunesse.

    Mary Webb oppose tout au long de son roman ces deux natures : le mal et le bien en quelque sorte. Mais cela ne l’empêche pas de donner profondeur et complexité à ses personnages. Les fragilités que Gédéon cache se révèlent petit à petit. La volonté farouche de Prue la pousse à chercher en elle-même les ressources qui lui permettront de surmonter un pire tel que sa seule foi en Dieu ne peut l’aider. Cette volonté dont elle fait preuve la démarque de toutes les autres femmes de son entourage, et fait d’elle une sorcière, c’est-à-dire cette femme que l’on ne peut contrôler, que l’on peut d’autant moins contrôler que son savoir la met un peu plus à distance de ses semblables, frustres et crédules. C’est aussi de cela dont il est question : les superstitions et le mal qu’elles peuvent faire quand le monde qui les entoure, tout en brumes et mystères les confortent.

    La morale sera sauva à la toute fin, mais malgré ce happy end, bien des choses auront été dites sur l’humanité dans ces pages irriguées par la ferveur de l’auteur. Voilà un roman difficile à oublier et que je rouvrirai pour retrouver l’enchantement des paysages de la campagne anglaise, la beauté éblouissante de la naissance d’une libellule et du frémissement des champs dans la lumière de l’été.

     

    Mary Webb, Sarn, Les cahiers rouges, Grasset, 2008, 375 p. 

  • Mamma miiiiaaaaaaaaaaaaa!




    Chuis à la bourre, très très à la bourre à en croire mes comparses!! C'est la faute au travail! Et à mes activités extra-travail!! Si, si!! Vous pensez bien que je n'allais pas passer à côté de l'occasion de vous faire le compte-rendu de cette séance haute en couleur!!
    Il faut savoir qu'a précédé un casse chez Starbuck: lattés en tout genre, sympathiques petites choses à grignoter, c'est repue que la bande complétement hystérique des parisiennes s'est dirigée vers la salle. Stéphanie dans les starting-blocs au sommet de la troupe, chargée d'ouvrir le chemin vers les meilleures places de la salle. Il faut dire que la foule s'était amassée derrière nous!
    Ensuite... Ensuite... Et bien il y en avait qui se trémoussaient sur leur siège, d'autres qui écrasaient leur petite larme, d'autres qui chantaient et tapaient des mains en coeur avec la salle, d'autres qui hoquetaient de rire, et d'autres qui hurlaient en voyant le torse nu de quelques spécimens masculins ma foi fort consommables sympathiques!! Croyez-moi, ces messieurs cachent des choses des plus intéressantes sous leurs chemises!

  • Mari et femme

     

    « La première chose qui t'étonne lorsque tu ouvres les yeux c'est le plafond de votre chambre. Ça fait des mois que tu dors dans le salon. Tu ne comprends pas. Tu tournes la tête sur le côté, ta femme n'est pas dans le lit. Mais ses longs cheveux blonds s'étalent sous ta joue. Tu ne comprends pas du tout. Tu montes une main pour te gratter la barbe. Ta barbe a disparu. Tu ne respires plus. Tu descends ta main sous le drap. Tu cherches quelque chose entre tes jambes. Tu ne trouves rien. Tu te redresses d'un coup. Tu te tournes vers l'armoire à glace. Tu cries. Ta femme crie à ta place. »

     

    Certes l’idée n’est pas nouvelle : intervertir les corps d’un homme et d’une femme. Mais quand cet homme et cette femme vivent en couple, quand ils sont sur le point de se séparer, que l’un est un écrivain en crise et l’autre une éditrice au sommet de sa gloire, alors, on peut se dire qu’il y a quelque chose de nouveau sous le soleil. Et c’est le cas. Enfin, plus ou moins.

    Mari et femme est un texte court, mais incisif, concis, explosif presque : Régis de Sà Moreira y va à l’économie et parvient ainsi à faire entrer son lecteur dans cette vie de couple qui bascule. Dans la tête de cet homme qui doit se faire à un corps de femme. Jamais le narrateur ne s’embrouille, ne confond ce qu’il est et ce qu’est sa femme. Le décalage entre le corps et l’esprit induit des situations intéressantes, surtout quand chacun va à la découverte de la vie de l’autre.

    Toutefois, malgré toutes les qualités de ce roman, je dois avouer que je suis restée en dehors du texte. Déjà Le libraire ne m’avait pas convaincue. J’ai été plus accrochée avec Mari et Femme, appréciant le changement, mais j’ai trouvé le style un peu plat, et la manière de traiter son sujet, certes excellente, mais pas assez fouillée. On rentre dans la vie de ce couple, certes, mais il y manque un je-ne-sais-quoi, un brin de folie supplémentaire pour que ce soit totalement enthousiasmant.

     

    Cuné et Amanda sont enthousiastes, Lily a aimé, Emeraude un peu moins.

     

    Merci à Anne Vaudoyer pour l’envoi de ce roman !

    Régis de Sà Moreira, Mari et femme, Au Diable Vauvert, 2008, 181 p.