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  • Eldorado

    Le deuxième échec répertorié depuis que je tiens ce blog! J'espère que je ne vais pas être touchée par le syndrome de la multiplication des pains!

     

     

     Gardien de la citadelle Europe, le commandant Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes pour intercepter les clandestins. Jusqu'au jour où une série d'événements vient ébranler ses certitudes et lui faire tout quitter pour connaître à son tour, le lot de ceux qui quittent tout pour essayer de trouver une vie meilleure.

     

    La quatrième de couverture était alléchante, j'avais aimé La mort du roi Tsongor, et on m'en avait dit du bien. C'est donc en tout confiance que j'ai ouvert Eldorado de Laurent Gaudé. Mais là, le mur. Je n'ai même pas réussi à le terminer.

     

     

    A aucun moment je ne suis parvenue à m'attacher à des personnages que j'ai trouvé à la fois convenus et improbables. Je sais bien que l'humain est imprévisible et qu'il cache des ressources insoupçonnées, mais le commandant qui quitte tout pour faire à l'envers le chemin des clandestins, la jeune mère vengeresse, et les autres m'ont fait l'effet de marionnettes. Même les deux frères d'apprêtant à tout quitter m'ont à peine touchée. J'ai été saisie par un profond sentiment d'ennui. Cette fois-ci, les talents de conteurs de Laurent Gaudé n'ont pas suffit. Sur une réalité dramatique, des situations inhumaines, l'expression de la saleté et de la mauvaiseté humaine, il écrit un roman que j'ai trouvé plein de bons sentiments et de lieux communs, sans nuances.

     Le livrophile, Insatiable lectrice ont aimé, Essel et Laurent sont plus nuancés. Je n'ai lu leurs critiques qu'après avoir rédigé cet avis. Je retenterai la lecture d'Eldorado à leur lumière.

     

    Laurent Gaudé, Eldorado, Actes Sud, 2006, 237 p.

  • Les recettes de la blogoboule

    Aujourd'hui avait lieu le pique-nique de la blogoboule, merveilleusement organisé par Caro[line] (qu'elle soit mille fois remerciée). Les rencontres ont été belles, les discussions intéressantes (de l'oeuvre populaire à l'année Foenkinos), les rires au rendez-vous.

    Quelques unes des participantes m'ont demandé de mettre en ligne les recettes de mes contributions à nos régimes respectifs. Les voilà donc!!

    Le gâteau de la voisine, "que même avec les mains dans le dos et les yeux bandés tu le réussis, ou alors c'est que tu n'es vraiment pas doué":

    Telle Peau d'Ane, mesdames et messieurs, munissez vous d'une jatte et de quelques ingrédients. La bague en or massif peut être un ajout sympathique mais pensez à prévenir les convives auparavant. Pas sûr que leur trouvaille couvre les frais de dentiste.

    Il vous faudra donc un verre (lambda de moutarde décoré du roi lion ou de vos héros préférés. Ce pourra être Viggo éventuellement, mais je ne suis pas certaine qu'il y ait un verre Amora à l'effigie de David. Nul doute qu'ils remédieront bientôt à ce lamentable oubli). Dans la jatte, versez en vrac un verre de farine, un verre de sucre, un verre d'huite de tournesol ou équivalent. Ajoutez-y trois oeufs, un sachet de levure. Plus de la cannelle et du rhum (à consommer avec modération et tout ça) à votre convenance. Personnellement, comme vous avez pu le constater, je n'y vais pas avec le dos de la cuillère pourtant fort large.

    30 min à 45 min à 180°C et le tour et joué!

     

    Le cake au fruits rouges, "customise tes recettes":

    Il faut rendre à César ce qui est à César. Cette recette qui était un crash test apparemment réussi puisqu'il n'en reste pas une miette est inspirée du cake à la framboise de Sophie (in Les cakes de Sophie) et du crumble aux fruits rouges de la Popote des potes.

    Mélanger trois oeufs avec 170 g de sucre. Une fois le mélange blanchi et mousseux, y rajouter 160 g de farine et 1/3 de sachet de levure (personnellement, j'en met une demi). Faire fondre 150 g de beure demi-sel et l'incorporer à la pâte.

    Jusque là normalement tout va bien. Après, j'ai commencé à faire n'importe quoi!

    Utiliser un mélange de fruits rouges frais, ou, si vous êtes à la ramasse comme moi, le mélange de chez Picard. A faire décongeler un chouilla avant sinon gare au drame! Donc, mettre la moitié du sachet environ dans une casserole avec un sachet de sucre vanillé, deux cuillères à soupe de pastis (à consommer avec modération, n'est-il pas?) et de la menthe ciselée. Faire cuire un peu, égoutter (gardez le jus, il peut devenir un coulis fort sympathique). Réduire environ la moitié de la mixture en  purée et l'incorporer à la pâte. Ensuite, mettre dans un moule beurré et fariné une couche de pâte, quelques fruits, quelques morceaux de menthe, une couche de pâte, etc, etc, jusqu'à ce qu'il ne reste rien dans le saladier. Faire cuire 40 min à 180°C! C'était mon premier gâteau violet. Une expérience...

  • Trollitude

     
    Le deuxième roman envoyé par Sophie depuis son île dans le cadre du swap!
     
    Ange, photographe de publicité réputé, homosexuel et branché vit en solitaire jusqu’au jour où il sauve d’une bande de jeunes voyous ce qui ressemble à toute première vue à un chat. Mais ce qu’il recueille ainsi est beaucoup plus dangereux qu’un chat. C’est un bébé troll. Perdu, mignon, attendrissant, mais sauvage et dangereux. Un grand fauve. Sauf que de fils en aiguilles, de recherches zoologiques en apprivoisement, Ange va s’attacher à cet être. Un être qui s’avère de moins en moins animal et de plus en plus proche de l’humain. Et si les légendes avaient raison ?
     
    Ce que j’ai trouvé intéressant avec ce roman est le parti pris de l’auteur de présenter en alternance avec l’histoire même des extraits d’histoires, de contes et d’œuvres folkloriques nordiques, des extraits d’ouvrages de recherche universitaire et de vulgarisation sur les carnassiers qui donnent un aspect de réalité à son point de départ. Les trolls ne sont pas un fruit de l’imagination humaine. Ils sont rares, mais réels. Cela donne des pages parfois savoureuses, et presque toujours intéressantes. L’étrange d’insinue petit à petit. On pense au départ se trouver devant une belle histoire d’attachement entre humain et animal. Puis s’introduisent des petits éléments dérangeants. L’enfant troll défend son territoire, mais il est aussi capable de peindre, et de réflexion. Et que penser de ces événements étranges qui se produisent aux lisières de villes où les apparitions de trolls adultes se multiplient ? Les légendes prennent de plus en plus de poids, de réalité. J’ai aimé le fait que l’auteur ne répond à aucune des questions posées, laissant après un retournement de situation relativement inattendu et drôle son lecteur inventer. Le successeur de l’homme sera peut-être le troll mes amis ! Mais dommage que Johanna Sinisalo n’ait pas plus creusé sur l’enfant troll. Il y avait matière à développement. J’avoue être restée un peu sur ma faim
    Par contre, je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher aux personnages : le photographe de pub stressé qui trouve un sens à sa vie, le directeur d’agence publicitaire ambitieux et rusé, la petite fiancée asiatique, le vétérinaire étrange, etc. Leur vie sentimentale prend parfois un peu trop de place, même si c’est elle qui au final, permet que l’histoire bascule vers la folie totale. La qualité de l’ouvrage est aussi son défaut : intercaler des passages ”théoriques“ et littéraires sur les trolls donne du dynamisme à la narration, mais elle la hache aussi un peu trop. On aurait pu se passer de certaines de ces digressions.
    En tout cas une lecture agréable.
     
    L'avis de Sophie.
     
     
    Johanna Sinisalo, Jamais avant le coucher du soleil, Babel, 2005, 317 p.

  • La répudiée

     
    Rachel aime Nathan, Nathan aime Rachel. Pourtant, après dix ans de mariage, aucun enfant n’a couronné leur union. Et au bout de dix ans, selon les règles de la communauté hassidim, la femme stérile peut être répudiée.
    Je me souvenais fort bien du film d’Amos Gitaï, Kaddosh, qui m’avait laissée littéralement sur les rotules par la violence de ce qu’il dévoilait. Et c’est pourquoi j’ai longtemps hésité à me lancer dans la lecture de La répudiée. J’y ai pourtant retrouvé un univers à la fois très proche de celui du film et infiniment lointain. Kaddosh m’a laissé un souvenir de violence, physique et morale. La répudiée me laisse le goût d’une histoire d’amour dramatique. Ce n’est pas vraiment la communauté qui est mise en cause ici, bien qu’à travers l’histoire de Rachel, on puisse lire une dénonciation d’une pratique de la religion qui étouffe et brise. Rachel accepte cette religion et ses lois, elle la vit avec bonheur. Elle a été élevée avec. Elle accepte, du moins tant que cette loi n’interfère pas avec son bonheur conjugal. C’est là que commence le conflit entre cet amour si fort et la règle, entre la foi profonde et le désir. Eliette Abécassis narre ce conflit dans une langue lyrique, parfois un peu lourde mais qui a des résonances de Cantique des Cantiques par moment. C’est beau. Les mots de cette femme amoureuse, aimante, pour l’homme qu’on lui a donné et que par miracle, elle a aimé au premier jour sont débordants de sensualité. Comme ceux qu’elle prononce dans le doute et la douleur de la séparation exsudent une souffrance trop forte. Et c’est triste cette acceptation, ce renoncement alors même que Rachel sait que ce n’est pas elle qui est stérile. C’est terrible cette intériorisation des règles, cet engagement qui mène à la perte.
    Un très beau roman sur les pages duquel se glissait les images d’un film qui est lui, à voir.
     
    L’avis de Majanissa, de Patch, d'Anne.
     
    Eliette Abécassis, La répudiée, Le livre de poche, 2000, 124 p.

  • De la révolte aux conventions

    Voilà revenue l'envie de parler de mes petites activités cinéphiliques. Il faut dire que j'avais mis la pédale douce sur les toiles ces derniers temps! Mais voilà, comme j'ai vu quelques petites choses ces derniers temps...

       Tout d'abord Persépolis. On ne présente plus Marjane Satrapi née en 1969 dans une famille iranienne progressiste. Installée en France, elle a raconté son enfance et son adolescente, la révolution islamique, la guerre et l'exil dans les quatre tomes de Persépolis, la vie iranienne dans Broderies et Poulet aux prunes. Elle a elle-même travaillé sur l'adaptation de son oeuvre.

    Et on y retrouve toute la magie et l'émotion de la bande-dessinée. Ce dessin net, en noir et blanc un peu matiné de couleur à l'occasion du passage au grand écran. Et on rit, on pleure, on tremble avec Marjane. C'est une histoire dure et merveilleuse qu'elle raconte. On voit une petite fille prendre conscience de l'injustice et de l'opression, une adolescente perdre tous ses repères et une jeune femme tenter de voler de ses propres ailes malgré l'absence de liberté. Ce qui m'a le plus marqué est sans aucun doute que sans dogmatisme, Marjane Qatrapi montre ce qu'est l'exil, la souffrance du départ, de la séparation, la souffrance de ne plus être chez soi nulle part. J'ai encore une peu de mal à expimer tout ça! Les voix sont extraordinairement bien choisies. Il faut entendre Marjane et sa voix un peu éraillée, la grand-mère aussi et surtout, avec ses répliques pleines d'humour, d'humanisme et de bon sens. Je l'ai adorée. Définitivement à voir et à revoir.

       Ensuite, non pas un raté, mais une adaptation légère de Jane Auste. Je veux parler d'Emma l'entremetteuse, un film de Douglas McGrath (inconnu au bataillon pour moi), avec Gwyneth Paltrow, Alan Cumming, Jeremy Northam, Toni Collette et quelques autres. Je ne vais pas résumer l'histoire, silplement parler d'une adaptation moyenne. Les décors et les costumes sont impeccables. La prestation des acteurs pas mauvaise du tout. Mention spéciale à Gwyneth Paltrow qui réussi à donner un peu de couleurs à Emma. Pour le reste, tout ce qui fait le charme de Jane Austen, à savoir la verdeur du regard qu'elle porte sur sa propre société, la mise ne évidence des ridicules, la critique (nuancée) des conventions est absent. Reste une honnête histoire d'amour où une jeune écervelée se fait rattraper par Cupidon. Agréable mais pas inoubliable. A trouvé néanmoins sa place dans ma DVDthèque pour les soirs de déprime.

      Et enfin, la merveille, l'adaptation d'Orgueil et Préjugés réalisée par Simon Langton avec Colin Firth notamment. C'est un petit bijou de 6 fois 50 minutes, fidèle à l'histoire et à l'esprit du roman. Tout y est. Costumes, décors, performance d'acteur... Je crois que je pourrais le revoir deux cent fois que je ne m'en lasserais toujours pas!