Plus je la regarde, et plus je me dis que cette piscine ne peut définitivement pas ne faire que 50m. Mes muscles me hurlent le contraire.
Chiff' - Page 162
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Gloups
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Une existence tranquille
Une œuvre qui laisse un goût étrange dans la bouche. L’écriture est très neutre, et contraste avec la dureté des propos que tient Mâ, la narratrice. Son père, K. (sic.) écrivain célèbre (re-sic.) est parti en résidence dans une université californienne, accompagnée de sa mère. Ils l’ont laissée seule avec le benjamin de la famille qui prépare son entrée à l’université et, surtout, l’aîné, Eoyore, handicapé mental. C’est le récit de leur vie au cours de l’absence des parents que fait Mâ. Et à travers ses réflexions sur les événements de la vie quotidienne, ses lectures et travaux universitaires, transparaît la dureté de rapports familiaux marqués par le handicap et par le comportement torturé du père. L’existence tranquille qui donne son titre au roman est loin de l’être.Les thèmes abordés par le roman extrêmement variés et intéressants : foi et religion, regard de la société sur le handicap, processus de création, relation de l’écrivain à son entourage et la société qui l’entoure, l'amour fraternel. Les réflexions menées par les personnages sont parfois passionnantes au point que j’en viens à m’intéresser au cinéma de Tarkovski qui me laissait totalement indifférente.Mais je serais bien en peine de dire si j’ai réellement aimé ce roman alors même que je ne l’ai pas lâché. Passionnant mais pas agréable ! Je l’ai trouvé d’autant plus terrifiant qu’Oé s’est inspiré de sa propre situation familiale pour l’écrire. Et qu’il donne de lui-même une image rien moins que sympathique. Il joue tout au long du livre sur des mises en abymes, et se dévoile sans trop donner l'air de le faire. C'est en tout cas l'impression que j'ai. Je ne sais pas si c'est le cas dans d'autres de ses romans. La lecture des interviews qu’il a données à la presse et les renseignements existants sur sa vie et son œuvre confirment cet ancrage à la limite de l’autobiographique.Un roman étrange donc, mais qui donne malgré tout envie de découvrir d’autres œuvres de ce grand monsieur de la littérature japonaise.« Personne ne donnera sa vie pour toi, ne t’imagine pas que cela puisse arriver. Tout le monde te gâte sous prétexte que tu es un enfant intelligent, mais ne t’imagine pas trouver quelqu’un pour accorder plus de valeur à ta vie qu’à la sienne. Tu tomberais là dans la pire déchéance que puisse connaître un être humain. », paroles d’un père à son enfant…Kenzaburô Oé, Une existence tranquille, Paris : Gallimard : 1985. 285 p. (Du monde entier). ISBN : 2070730468. -
De l'importance de l'eau chaude
Aujourd’hui, j’ai pris une douche… Non, je vous rassure, je ne fais pas partie des gens qui considèrent que prendre une douche par mois est le maximum que l’on puisse faire sans mettre sa santé en danger. C’est juste que depuis lundi matin, le chauffe-eau de l’appartement que je partage en colocation était en panne.Le drame s’est noué lundi matin, alors que j’étreignais encore mentalement mon oreiller. Mon corps, lui, se dirigeait vers le panier d’oranges quand, soudain, mon œil a été attiré par une lueur rouge fort peu habituelle. Le chauffe-eau essayait de me parler. Mais sans colocataire ni mode d’emploi, je me trouvais dans l’incapacité la plus totale de comprendre ce qu’il tentait de me dire. Ce que je lui signifiais en l’éteignant. Grand bien m’en a pris puisque apparemment, le message était l’équivalent de « fatal error » pour un ordinateur. J’avoue avoir la faiblesse de penser que je suis trop jeune pour mourir, et que trépasser victime de l’explosion d’une chaudière est un tantinet couillon.Depuis, j’ai découvert que le mohair est vraiment une matière sympa, même si elle gratte, et que l’on peut très bien se doucher avec moins de six litre d’eau sans s’ébouillanter (même en grelottant) et à l’aide d’une casserole.Heureusement, la diabolique machine est revenue à la vie. C’est donc d’un œil amoureux que je contemple la petite flamme bleue qui danse dans la lucarne et que j’entend l’eau qui gargouille dans les tuyaux.. -
Bla, bla, bla
Pour papoter film et musique, et autres...
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Eloge de la lecture: comme mêler travail et plaisir
Je viens juste de terminer dans le cadre de mon travail la lecture d'un merveilleux petit essai: Eloge de la lecture. La construction de soi de Michèle Petit. Pour la bibliothécaire en devenir que je suis, la réflexion est intéressante même si aucun des éléments qui sont utilisés ou apportés n'est fondamentalement nouveau.Michèle Petit s'emploie au cours des 159 pages de son ouvrage montrer, démontrer et expliquer le rôle des livres, des textes dans la construction d'une identité et dans l'émancipation de l'individu. Elle montre pourquoi cette lecture, qui est éloignement du groupe dès lors que la lecture silencieuse naît mais aussi ouverture au monde et à la critique était, et est encore considérée comme dangereuse.Mais le plus intéressant à mon sens est son regard sur le discours tenu par les intellectuels, médias, éducateurs sur la lecture: "Les jeunes ne lisent plus", "Il faut lire".Ce discours que l'on entend depuis quelques années, les débats sur la lecture à l'école (ou faut-il ne faire lire que des classiques à nos chérubins, introduire ou ne pas introduire la littérature jeunesse) me hérisse le poil à titre personnel. Déjà parce qu'il ne correspond pas à une réalité complexe que les études menées sur le sujet par des gens comme Christian Baudelot dévoilent. Ensuite parce que je pense très sincèrement, que s'il faut donner aux enfants les clés qui permettent d'analyser les textes, et leur faire toucher les monuments de notre littérature, il n'en reste pas moins que la manière d'enseigner la lecture et le livre reste profondément utilitariste. Et ne laisse que peu la place au simple plaisir de rencontrer un texte, d'y trouver les échos qui nous permettent de grandir et de mieux vivre. "Lisez pour réussir mes enfants!", "Lisez des histoires qui vous instruisent et répondent à vos questions!" (histoire que nous n'ayons pas à y répondre?). Je trouve ça triste. Parce que sans plaisir, sans rencontre avec un auteur ou un texte, la lecture ne peut pas de toute manière aider le lecteur.Bien sûr qu'il ne faut pas priver la jeunesse et les autres de la "grande littérature", bien sûr que la construction d'un "vivre ensemble" passe par la constitution d'une culture commune. Mais l'accès à cette culture ne serait-elle pas plus facile si le plaisir, le désir était au rendez-vous dans la lecture? Et si l'injonction de lire n'agissait pas comme un repoussoir pour une partie des jeunes générations? Comme l'écrit Michèle Petit, « Il y a probablement une contradiction irrémédiable entre la dimension clandestine, rebelle, éminemment intime de la lecture pour soi, et les exercices faits en classe, dans un espace transparent, sous le regard des autres. »Ou encore, du maître René Diatkine : « Rien ne fait plus perdre le goût de la lecture que le questionnement, intrusion indélicate dans un espace où tout est particulièrement fragile. »La critique est virulente, mais constructive par le fait qu'elle s'inscrit dans une réflexion à la fois littéraire, psychanalytique, historique et sociologique. L'œuvre touche parce qu'elle provoque chez celui qui la lit une réflexion sur son propre chemin de lecteur, et des échos avec des moments, des pratiques de lecture, des plaisirs. Et reste de toute manière, le rare bonheur qu'il y a à lire les témoignages d'écrivains grands et petits, de lecteurs sur leurs lectures et leurs relations au livre.Je ne résiste pas au plaisir de livrer un de mes passages préférés: "C'est une curieuse transmutation celle par laquelle des oeuvres qui sont souvent le fruit des mouvements les plus intimes des écrivains, des artistes, des philosophes, qui disent leurs passions, leurs détresses ou leurs joies, sont agrégées les unes aux autres et converties en une sorte de monument officiel et pompeux [...] Quand ils déconstruisent le monument et dérobent quelques lignes, une métaphore, les lecteurs ne font que reprendre leur dû, pour réaliser leur propre assemblage, leur propre bricolage; pour retrouver aussi, dans le plaisir du dialogue, le geste d'un peintre, la voix d'un poète, le chant d'un fleuve, l'étonnement d'un savant ou d'un voyageur, et s't abriter."Un bel hymne à la liberté du lecteur et à la richesse intérieure qu'amène la lecture.Michèle Petit. Éloge de la lecture la construction de soi .Paris : Belin, 2002. 159 p. ; 22 cm.(Nouveaux mondes). ISBN 2-7011-3242-8 : 14,95 €.