
Les thèmes abordés par le roman extrêmement variés et intéressants : foi et religion, regard de la société sur le handicap, processus de création, relation de l’écrivain à son entourage et la société qui l’entoure, l'amour fraternel. Les réflexions menées par les personnages sont parfois passionnantes au point que j’en viens à m’intéresser au cinéma de Tarkovski qui me laissait totalement indifférente.
Mais je serais bien en peine de dire si j’ai réellement aimé ce roman alors même que je ne l’ai pas lâché. Passionnant mais pas agréable ! Je l’ai trouvé d’autant plus terrifiant qu’Oé s’est inspiré de sa propre situation familiale pour l’écrire. Et qu’il donne de lui-même une image rien moins que sympathique. Il joue tout au long du livre sur des mises en abymes, et se dévoile sans trop donner l'air de le faire. C'est en tout cas l'impression que j'ai. Je ne sais pas si c'est le cas dans d'autres de ses romans. La lecture des interviews qu’il a données à la presse et les renseignements existants sur sa vie et son œuvre confirment cet ancrage à la limite de l’autobiographique.
Un roman étrange donc, mais qui donne malgré tout envie de découvrir d’autres œuvres de ce grand monsieur de la littérature japonaise.
« Personne ne donnera sa vie pour toi, ne t’imagine pas que cela puisse arriver. Tout le monde te gâte sous prétexte que tu es un enfant intelligent, mais ne t’imagine pas trouver quelqu’un pour accorder plus de valeur à ta vie qu’à la sienne. Tu tomberais là dans la pire déchéance que puisse connaître un être humain. », paroles d’un père à son enfant…
Kenzaburô Oé, Une existence tranquille, Paris : Gallimard : 1985. 285 p. (Du monde entier). ISBN : 2070730468.