Une énorme flemme se pose sur moi! J'ai pourtant des notes de lecture à écrire presque à la pelle et des photos à classer! Mais bon, puisque je me suis entaillé le pouce gauche en tentant de couper les tartines du petit-déj ce matin, la cuisine se rappelle à mon bon souvenir! Dont acte et une petite recette pour la route! Je ne sais absolument plus d'où je la tiens! Si quelqu'un reconnait sa recette, qu'il me contacte avant de m'attaquer en justice pour plagiat!
Donc, le gratin de mangue. Ben oui, si je parle d'exotisme, j'assume!
Choisir trois mangues pas trop mûres (entre le très mou et le bétonné donc), ou prendre deux mangues mûres (mais pas trop) et une mangue verte (donc dure) pour compenser. Couper les bestioles en tranchinettes sans vous entailler bêtement le pouce gauche comme moi (ce n'est pas le même doigt que la dernière fois, ça tombe bien).
Battre deux jaunes d'oeufs avec cent grammes de sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse et double de volume (je n'y suis personnellement jamais parvenue. En tout cas pas avec mes petits bras musclés), mélanger avec 20 cl de crème liquide très froide et battue elle aussi. Ajouter une lichette de rhum pour le côté exotique. Verser le tout sur les tranchinettes de mangue, parsemer d'amandes éffilées et passer 15 min à 210°C.
Je m'interroge sur les épices qui pourraient être copains avec ce mélange. Je vais faire des tests... Une pointe de piment? Un chouilla de gingembre? Quelques feuilles de menthe? Où qu'il est le fouet???? Nan, pas celui pour les méchants, celui pour battre les oeufs!
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Une épée rouillée et une jupette
Il va falloir que je vous expose un de mes vices. J'aime les bonnes daubes. Et c'est ainsi que quand Fashion Victim a proposé de partir toutes en coeur voir La dernière légion, j'ai sauté sur l'occasion. Et bien chers amis, je vous l'annonce, c'était de la bonne daube bien comme il faut. Fashion racontera cela bien mieux que moi, mais entre Colin (Firth, bien sûr, qui d'autre!!!), les épées rouillées et les plastrons tout cracras, c'était le bonheur. Des dialogues ridicules, des effets de lumières hilarants, des clichés très clichés, tout était réuni pour un effet maximum. Les méchants étaient très méchants et sales, les gentils loyaux, gentils et tout aussi sales, les traitres pleins de traitrise. Les morts furent atroces, les têtes on volé, tout comme quelques bras, jambes et doigts. Les combats subtilement chorégraphiés étaient un plaisir pour les yeux. Si, si, je vous jure! Le coup de hache du barbare mort à la 38e séquence était très réussi!
Bon, les esprits chagrins ont fait remarquer qu'effectivement, nous n'avons pas vu les jambes de Colin, et encore moins ses fesses (regrets éternels). Mais il y avait son sourire en coin, ses petits soupirs désabusés et son maniement d'épée. Et puis même avec un pantalon sous sa jupette, ce monsieur reste vraiment, vraiment, vraiment sexy.
C'était une bonne soirée en tout cas, et j'étais heureuse de retrouver Fashion Victim, Emeraude, Caroline, et Delphine, et de faire la connaissance de Fafa! -
Je veux changer de soeur... Enfin, certains jours!

Voilà un joli petit roman sur lequel je suis tombée au hasard des rayonnages de la biblitohèque.
Emma, douze ans, n'est pas une adolescente comme les autres. Elle est certes préoccupée par sa rentrée scolaire, par les nouveaux amis à se faire, par les professeurs, mais surtout, elle a une petite soeur, Aliénor. Jusque là rien que de très normal. Sauf qu'Aliénor est autiste. Et qu'entre un père qui fuit dans le travail et une mère fermement décidée à s'occuper seule et envers et contre tous de la petite, la vie d'Emma a quelque chose d'un enfer. Jusqu'au jour où le vase déborde.
Si j'ai apprécié ce roman destiné aux enfants et jeunes adolescents, c'est pour le traitement sensible que fait l'auteur, Sylvaine Jaoui, du thème du handicap. Pour une fois, ce n'est pas une ode à la différence et à la tolérance, avec bons sentiments à la clé.
Emma aime et déteste sa soeur. Un peu comme ceux qui ont des frères et soeurs ont pu à la fois aimer et détesté leur fratrie, mais en pire. Elle la déteste non pas parce qu'elle existe, mais parce qu'à cause d'elle, elle a perdu sa mère et son père. Absent pour l'un, centrée autour de l'enfant malade pour l'autre, ils ne s'occupent plus guère d'elle. Emma se sent transparente à une période de sa vie où plus que jamais, elle aurait besoin d'attention. Sa mère, par sa volonté e vivre le quotidien avec Aliénor en oublie les sentiments de sa fille ainée. Sa souffrance, réelle, n'existe pas à ses yeux, seule l'enfant malade ayant finalement le droit d'avoir mal.
Sylvaine Jaoui pose mine de rien de vraies questions sur la maladie, sur la place de l'enfant malade dans la famille, sur le rôle des parents, sur la jalousie, sur le regard de ceux qui ne savent pas. Le problème d'Emma n'est pas tant sa soeur que sa difficulté à rendre publique l'existence de cette soeur. Elle n'ose pas en parler, et ce secret qu'elle garde rend bien difficile toute amitié. La moindre chose devient une épreuve. Inviter une amie, faire des courses, etc. Emma est à la fois rendue plus mature par cette épreuve, et en même tant fragilisée.
Tout est bien qui finit bien, mais le lecteur aura eu avant une évocation fine et sensible de l'adolescence et une approche concrète de ce qu'est l'autisme.
Sylvaine Jaoui, Je veux changer de soeur!, Casterman, 2003, 75 p. -
La beauté ne se mange pas en confiture. Enfin, c'est ce qui se dit...

J'avais été enthousiasmée par ma lecture de V-Virus du même auteur. C'est donc avec curiosité et quelques trépignements que j'ai piqué son exemplaire de l'oeuvre à Mimine frangine.
Bien, résumé: Tally Youngblood va fêter ses seize ans dans quelques mois. Et comme tous les adolescents, elle va subir le jour de son anniversaire l'intervention médicale qui la changera d'Ugly en Pretty. De laide parce que normale, elle deviendra un être conforme aux critères de beauté. Mais avec sa nouvelle amie, Shay, un monde nouveua s'ouvre à elle. Un monde où la laideur est acceptée, voire revendiquée. Un monde où certains savent que sous la volonté de rendre tout un chacun beau se cache une manipulation politique et totalitaire.
J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le récit, mais je me suis finalement laissée faire avec plaisir, et je lrai avec un grand plaisir les deux tomes à venir. Ce roman est finalement bien plus profond que les premières pages ne peuvent le laisser penser. Sous des dehors simples, c'est à une réflexion intéressante que l'auteur se livre, et sur des thèmes importants: la beauté et l'esthétique, les systèmes politiques, l'écologie, le poids des conventions sociales, la science.
Il montre comment l'éducation peut influencer un individu au point de fausser son regard sur lui-même et sur le monde qui l'entoure. Les adolescents qui vivent toutes ces folles aventures sont persuadés pour la plupart qu'ils sont laids, gros, difformes quand ils sont tout simplement normaux. Cela m'a rappelé (un peu facile, je sais) tous les débats qui ont eu lieu récemment sur l'impact des photos de mode et de magazines sur un grand nombre d'adolescentes. On voit aussi à quel point il est facile de passer d'une utopie à une utopie totalitaire, et à quel point il est facile de manipuler les foules. La philosophie n'est jamais très loin. Même si la démonstration est parfois un peu lourde, elle est convaincante. Le récit bien mené, le suspense soutenu et les personnages attachants font le reste.
La critique du Cafard Cosmique, l'avis de Chrestomanci.
Scott Wersterfield, Uglies, Pocket Jeunesse, 2007, 432 p. -
Le cri

Attention, il semblerait que j'en dise un peu trop!! Pas de spoilers, mais voilà!!
Une barrière de péage sur une autoroute désertée. Un homme qui attend, qui regarde passer le temps et des véhicules chaque jours moins nombreux. L'humanité est décimée par un cri de plus en plus intense qui déchire l'atmosphère et auquel seuls quelques individus échappent. Etrangement, il retentit depuis que Le cri de Munch a été volé. Est-ce la cause de ce vol? Est-ce plus simplement la fin du monde?
C'est un roman qui me laisse perplexe. Je me suis laissée prendre au départ par ce personnage de péagiste et son quotidien, par ses réflexions sur la vie, le monde. Par le gendarme Daniel qui troque son uniforme contre les paillettes et sa voiture de fonction contre une cadillac blanche. Par Carlo et sa collection de panneaux indicateurs. Par Joras et les deux hommes de sa vie dans le coma. La narration est fluide, agréable. Le récit intriguant.
J'ai beaucoup aimé l'utilisation faite du Cri de Munch, une toile qui m'a fascinée depuis que j'en ai vu une des versions au musée Munch. Ce qu'en dit le narrateur est très juste. L'intensité du cri, la souffrance et la folie qui se révèlent, l'isolement du personnage.
Puis petit à petit, ce n'est pas l'ennui qui s'installe, le roman étant court, mais une certaine lassitude. Un peu comme celle du narrateur qui ne sait plus trop où il va, si tant est qu'il l'ait jamais su. On ne voit pas où l'auteur nous mène, et le dernier chapitre se termine sur une chute qui fait comprendre que tout ce qui précédait n'était que métaphore, ou du moins le rêve d'un homme luttant pour échapper à l'horreur de la réalité. J'ai eu le net sentiment que cette fin venait comme un cheveu sur la soupe, achevant de faire sombrer le récit. Laurent Graff parle de choses dures, lourdes, mais d'une manière qui ne m'a pas du tout touchée. J'ai besoin d'un peu plus de clarté.
Stéphanie (qui m'a gentiment prêté son exemplaire) a aimé, Florinette en fait une analyse intéressante.
Laurent Graff, Le cri, J'ai lu, 2007, 125 p.