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  • De l'hiver et des fringues

    Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais l'année avance et des choses étranges apparaissent dans les magasins de fringues. Je le sais, j'y étais ce matin. Avec l'intention avouée de refaire ma garde-robe. Mais dix minutes passées dans la succursale de l'enfer que sont les cabines d'essayage d'une marque de prêt-à-ne-pas-porter bien connue des fauchés dont le slogan pourrait être Hideux et Mal coupé m'a convaincue d'aller voir ailleurs si de quoi enrober les hanches n'était pas disponible! Par exemple, dans ma cuisine! C'est vrai quoi! Un coup on ressemble à une montgolfière alors que franchement, il faudrait un sacré coup de mistral pour nous faire décoller, et un autre on se retrouve privé de cette fonction si peu nécessaire que remplissent nos courageuses et acharnées petites alvéoles bonchiques. C'est pas comme ça que ça se dit? M'en fiche! Et en plus, je ne sais ce qu'ils font à ces miroirs, mais pour le coup, ce n'est pas à la porte d'Aix que ressemblaient mes fesses. On se serait cru devant l'Arc de Triomphe! Stupeur et frémissements comme dirait l'autre! 


    J'avoue? Aller, j'avoue. J'ai une sainte horreur du shopping!


    Heureusement qu'il y a d'autres bonheurs que les fringues sur cette terre et qu'il y a les copines m'encourager au stupre et au lucre!!
    Déjà, il y a eu le
    dîner livre-échange. Des comptes-rendus en ont été fait un peu partout, mais je tiens à dire de vive plume que j'ai passé un très bon moment! Arrivée avec trois livres, je suis repartie avec trois autres. Et en plus, grâce à la gentillesse de Stéphanie, j'ai eu L'empreinte de l'ange de Nancy Huston sur lequel je bavais avec fort peu d'élégance! Nourriture spirituelle et nourritures terrestres accompagnés d'unne bonne dose d'humour, j'ai bien l'intention de rempiler au suivant!! Malgré le mal que je fais à ma PAL! Tant pis pour elle!

    Et puis j'ai trouvé des enveloppes autrement plus sympathiques que celles de ma mutuelle et de ma banque sous mon paillasson!
    Anjelica et Flo ont frappé conjointement et il semble que ma réputation de fada de la cuisine soit maintenant bien assise!

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    A gauche (hem... droite) le joli marque-page envoyé par Anjelica. Les cartes me viennent de Flo qui m'avait déjà envoyé un marque-page à épices! Elle a joint à l'envoi un cahier pour noter mes recettes de cuisine! J'affute mes stylos!! Merci encore à toutes les deux! 

    Et pour la peine, j'ajoute une p'tite recette! Une variante du gâteau à la canelle et au rhum!

    La base est la même: 3 oeufs, un verre de farine, un verre de sucre, un verre d'huile, un sachet de levure! Mais à la place de la canelle et du rhum, ajoutez trois poires coupée en petits morceaux, les deux tiers d'un sachet d'amandes effilées et une bonne cuillère à café de mélange de cinq épices.  30 minutes à 180°C et le tour est joué! Les amandes donnent du fondant, les poires font une sorte de sirop savoureux mêlé de fruit au fond et les épices parfument le tout. Personnellement, j'aime beaucoup!

    Je ne saurais trop vous conseiller d'ailleurs ce mélange d'épices originaires de Chine. Je l'ai découvert il y a trois ans, et depuis, il accompagne une bonne partie de mes desserts! On trouve dedans de l'anis étoile, des graines de fenouil, des clous de girofle, de la canelle de Chine et du poivre sichuanais. Ceci dit, à la base, il devrait servir à cuisiner des viandes!

     

  • Auncun dieu en vue (et pourtant ils ont bien regardé)




    Bombay de nos jours. Une métropole grouillante, foisonnante, toute en contrastes et en méandres. Une métropole où se croisent les voix et les destins de personnages liés par le sang, l'amitié, la religion ou une simple rencontre.
     
    Je ne suis pas très familière de la littérature indienne et peu encline à m'y pencher jusqu'à présent. Simplement parce que je m'intéressais plus à la littérature japonaise ces derniers temps. C'est donc un peu par hasard, sur les conseils d'une collègue enthousiaste que j'ai embarqué ce livre avec moi dans mes pérégrinations. Que ladite collègue en soit remerciée, puisque grâce à elle, j'ai vécu un moment enchanteur.
    Le procédé tout d'abord est intéressant. Le livre débute avec le point de vue d'une certaine Mme Khawaz. L'époux dont elle parle durement fait entendre sa voix au chapitre suivant. Puis c'est le tour du fils qu'évoquait l'époux, puis de la soeur, puis du médecin qui avorte la soeur, et ainsi de suite jusqu'à ce que la boucle soit bouclée. Alors que cela pourrait donner un côté artificiel à la narration, on se retrouve avec un récit fluide, construit, logique et l'avantage non négligeable d'obtenir un tableau vaste de la société indienne. Le livre est plein du bruit, de l'agitation de ce pays et de cette ville tentaculaire.
    Sans condamnation, sans morale particulière, l'auteur donne à entendre son Inde. Chacun parle en effet avec sa petite voix singulière, ce qui n'est pas un mince exploit. Femme hindoue ou musulmane, traditionaliste ou moderne, jeune musulman libéré, adolescent hindou fanatisé, sikh, mendiant, self-made-man, etc. 
    Le style est très différent d'un chapitre à un autre. Aucun tabou particulier. Sont aussi bien évoqués au fil des pages les mariages arrangés, les avortements sélectifs ou non, l'autorité des belles-mères, que la haine réciproque des hindous pour les musulmans, le sentiment nationaliste, la misère la plus noire côtoyant la richesse la plus arrogante et indifférente. 
    Et alors que les réalités décrites sont parfois dramatiques, l'humour, voire le burlesque apparaît soudainement et irrésistible. Comme avec ce tueur en série incapable d'abattre une femme parce qu'il avait dit qu'il tirerait à 20 et qu'il n'arrive pas à compter au-delà de 7. Ou la marieuse buffetomane (je vous assure, c'est une vraie maladie!).

    J'ai bien sûr été plus touchée par certains personnages que par d'autres, mais tous ont quelque chose à dire, à transmettre. Leçon de courage ou de bêtise, de renoncement ou de combativité. On est très loin des clichés.

    Une belle lecture.


    Altaf Tyrewala, Aucun dieu en vue, Actes Sud, 2007, 202 p.