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  • Famille je vous aime

    Quand ma petite famille part se balader dans la cambrousse, il lui arrive de faire des rencontres bizarres mais sympathiques. Et comme ils sont adorables (bien entendu), ils vous envoient les photos après. Celle-ci m'est arrivée avec un commentaire du genre:" on t'a croisée au détour du chemin".

     

    Ne sont-ils pas...adorables?? C'est beau tout cet amour. :-)

    PS: je laisse à vos bons soins (enfin ceux de ceux qui ne m'ont pas déjà croisée) de deviner lesquels de ces accessoires je porte effectivement!

  • La maison des célibataires

     

     

     

    Cinq célibataires dans une maison au bout du monde. Cinq célibataires qui commencent à s'inquiéter pour leurs vieux jours. Un célibataire qui décide alors de se marier pour assurer les-dits vieux jours. Mais la fiancée est une marâtre. Riche certes, mais une marâtre. Et les vieux copains n'ont pas dit leur dernier mot.

     

     

    Le lecteur (ou la lectrice), lui, n'a pas fini de se tordre de rire! Jorn Riel offre en quelques trop courtes pages un petit conte drôlatique, vaudevillesque et immoral. Une apologie de la paresse et une célébration de la capacité à tromper son monde (gentiment ou presque) pour arriver à faire sa sieste au soleil. On croise des célibataires paresseux et malins, une veuve au tempérament chaud lançant sa rivale par une fenêtre, un administrateur administrant, et quelques autres personnages hauts en couleur. Quelques traits suffisent à leur donner corps et vie dans des situations poussées à leur extrême. Le pire, c'est qu'on se dit qu'il doit bien s'en trouver de parle monde de vieux roublards dans ce genre!

    Les accroches de chapitre sont savoureuses, l'écriture enlevée, et mon seul regret que cela ait té trop court! Ne surtout pas bouder Jorn Riel par lui-même à la toute fin! Non seulement le monsieur a une vie fascinante, mais en plus il se fait subir le même traitement humoristique qu'à ses personnages!

     

     

    "Une chance, ces dents du commerce, parce qu'ainsi, il n'avait pas à envisager de frais plus tard pour ces outils si fondamentaux à la mastication."

     

    Papillon en parle plus que bien ,tout comme Florinette, Valdebaz, Clarabel et Gachucha.

     

    Jorn Riel, La maison des célibataires, 10/18, 2006, 75 p.

  • Surprise!

    Aujourd'hui en rentrant du travail dans la grisaille, j'ai eu une jolie surprise! Une enveloppe en provenance de Montaubeau , euh non Montauban (merci Fashion) m'attendait sous mon paillasson. Avec à l'intérieur cette charmante petite chose:

    Ma réputation d'indécrottable gourmande n'est plus à faire! Et le pire, c'est que quand je cuisine, je me lèche les babines exactement comme ça!!

    Un grand merci à Flo pour cette gentille attention! Je suis toute regaillardie!

     

  • Thornytorinx (et non ornythorinx)

     

     

     

    Camille est une bonne élève, Camille est une petite puis une grande fille modèle. Camille est boulimique-anorexique. Et sa colère, son mal-être, son dégoût, elle les vomit chaque jour, détruisant petit à petit son corps et son esprit.

     

    Thorytorinx est un roman court mais fort. Non exempt à mon avis de défaut, mais intéressant. On y suit le parcours de cette enfant, puis jeune femme prise comme une mouche dans une toile d'araignée dans les attentes de son entourage. Voilà comment on se retrouve en classe préparatoire, puis dans une grande école de commerce, alors que ses rêves sont ceux du théâtre, du cinéma. Camille se rêve princesse. On la voit comme une princesse, elle se voit comme une princesse et le fossé avec le réel, la vie, ses relations difficiles avec les autres vont progressivement l'amener à basculer du côté de cette anormalité qui ne l'est pas tant (l'auteur rappelle à plusieurs reprises que la boulimie-anorexie touche une femme sur cinq en France).

     

    Le regard cynique, cru et violent de la narratrice est parfois difficile, mais on ne peut nier que Camille de Peretti sait de quoi elle parle. En matière de boulimie et d'anorexie, je ne sais pas, mais pour les relations mère-filles névrosées, le syndrome de la bonne élève et l'ambiance particulière des "grandes" écoles, les concours et les stages, oui. J'ai revu certaines scènes de mes études.

    Je n'ai pas trop aimé la fin. Je l'ai trouvée un peu rapide, un peu facile dans la psychologie de bazar. Mais pour le reste, je m'avoue assez impressionnée. D'autant qu'écrire dans une veine autobiographique sans tomber dans le nombrilisme et l'apitoiement n'est pas un exercice facile. Or là, aucune concession. Ni par rapport à elle-même, ni par rapport à son entourage. Elle regarde en face les scéances de vomissements, ses amours, ses relations familiales. Si son deuxième roman tient ce que promet ce premier (Nous sommes cruels), alors, je vais le lire. Malgré la crudité et la violence de ce premier roman.

     

     

     

    Camille de Peretti, Thornytorinx, Pocket, 2006, 151 p.

  • Quatre à cinq

     

     

    J'étais dubitative, et j'avais tort. "Quatre tomes de romans ados, sur des soeurs, aïe, aïe, aïe, j'en ai assez au domicile familial", me suis-je dit!! Et puis j'ai été emportée et ébouristiflée par la saga de la famille Verdelaine.

     

    Soit cinq soeurs, Charlie, Geneviève, Bettina, Hortense et Enid. Cinq soeurs dont les parents sont décédés et qui tentent de surnager dans la grande maison du bout du monde, là-bas en Bretagne. Entre deuil, peines de coeur, disputes et réconciliations.

     

    Il y a les soeurs évidemment, Basile le docteur amoureux de Charlie, spécialiste és couscous. Les cousins: Désirée, serial killeuse de poireaux, Harry qui copine avec cafards et rats. La tante Lucrèce et son Delmer. Tancrède et ses fioles. Augustin et ses moineaux. Et une foule d'autres personnages hauts en couleurs qui peuplent les pages de ces romans pleines d'émotion et de rire. On suit avec plaisir d'abord, intérêt ensuite, passion pour finir, l'évolution de cette fratrie malmenée par la vie et solidaire, aimante, adorable. C'est léger, drôle et en même temps assez profond.  Par la bande, Malika Ferdjoukh parle d'amour, de plaisir, de haine, de racisme et de tolérance, et de toutes les petites choses de la vie qui font le désespoir et le bonheur. J'ai pris un imense plaisir à suivre Bettina qui découvre que belle figure ne rime pas avec bel esprit, à suivre Enid dans ses conversations avec le Gnome des Toilettes et dans sa tentative désespérée pour sauver Swift la chauve-souris. Hortense et son amie malade, ses premières règles. Charlie et ses atermoiements amoureux, sa lutte de chaque instant pour garder ce qui reste de sa famille intacte. Geneviève, ou l'eau qui dort et ses mystères.

    Ce n'est jamais niais, jamais téléphoné (enfin, peut-être parfois un peu, mais on ne va pas chipoter), jamais pénible. Je me suis sentie proche de Charlie, statut de grande soeur oblige. En tout cas, de la grande soeur que j'aimerais avoir été et être encore, avec son amour absolument abyssal pour ses emmerdeuses de frangines. Sans la tendance à tomber de haut à chaque tournant de la vie et du toit.

     

    A aucun moment ou presque le rythme ne faiblit. On a toujours envie de savoir ce que vont devenir les soeurs, et à la dernière page du dernier tome, c'est avec un pincement au coeur que je me suis dit que je devais les quitter. Un livre à offrir aux petites, de 11 ans à 77 ans presque. Je vais l'offrir à ma petite frangine en tout cas. Pour ne pas la laiser passer à côté de ce plaisir. Et le conseiller à celles qui me demanderont ce qu'elles peuvent bien lire.

     

    Bravo et merci à Mme Ferdjoukh en tout cas. Je vais aller creuser du côté de ses autres écrits maintenant. Avec l'espoir avoué de retrouver un peu de cette magie.

     

    Un petit extrait, histoire de vous appater, un parmi tant de ceux qui m'ont fait sourire, ou rire aux éclats: "Elles opinèrent. Terrassées. Songeant qu'avec une nature qui l'avait faite chapeautée, déclamante et emmerdeuse, Mme Bouin n'était vraiment pas rancunière."

     

    Kalistina a aîmé, Laure aussi, et Clarabel.

     

    Malika Ferdjoukh, Quatre soeurs (Enid, Hortense, Bettina, Geneviève), Médium de l'Ecole des loisirs