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Chiff' - Page 2

  • Celle qui a tous les dons - Mike Carey

    Celle qui a tous les dons.gifCe n'est pas que j'aime particulièrement les zombies, mais que voulez -vous, de nos jours, ils deviennent aussi difficile à éviter qu'une tablette de chocolat dans un de mes tiroirs, ou même un livre dans mon Terrier. C'est ainsi que j'ai comme qui dirait trébuché sur l'excellent roman de Mike Carey dans un moment de faiblesse d'inattention. C'est fou comme ce genre de chose arrive vite.

    "Tous les dons ne sont pas une bénédiction. Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu’on l’emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu’elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire.
    Melanie est une petite fille très particulière…"

    Autant le dire tout de suite, les attendus sont bien là: les attaques de zombies affamés, le monde ravagé, la lutte pour la survie, les recherches scientifiques désespérées des survivants, les questions éthiques, les cacahuètes périmées, etc., etc. Jusqu'aux explications qui ne sont plus guère originales puisque, entre le virus, la bactérie, les morts ramenés à la vie par la magie, la chimie et le reste, le tour a du être fait, ou quasiment. Et pourtant, ça marche, et ça marche même très bien. Et c'est même, finalement sur certains aspects franchement original. On suit les personnages avec plaisir dans leur fuite, et l'éveil de Mélanie à la vie et à sa condition se révèle finalement assez passionnante. C'est paradoxalement pour une histoire de morts-vivants un très chouette roman d'initiation qui pose clairement la question du post-humain et parvient à éviter au moins en partie les écueils du manichéisme.

    Que demander de plus... du suspense, des personnages attachants, des ambiances qui instillent doucement le malaise, j'ai beaucoup aimé et lu le tout d'une traite ou presque. Recommandé pour les amateurs du genre, comme les débutants.

     Mike Carey, Celle qui a tous les dons, L'Atalante, 2014

  • Le tabac Tresniek - Robert Seethalter

    Tresniek.jpgMoi, parfois j'aime rire. Et puis parfois, j'aime pleurer. Et puis des fois j'aime bien les deux à la fois. Parce que bon, ça n'est pas le tout d'être une dure à cuire, que même Indiana Jones peut raccrocher son fouet (et enlever sa chemise, si possible?), il y a quand même un petit cœur tu mou qui bat sous la carapace de tungstène (ou de laiton, ça dépend des jours). Bref, tout ça pour dire que pour qui veut rire et pleurer en même temps, je conseille avec bienveillance (et insistance) Le tabac Tresniek.

    D'accord, à première vue, comme ça, le titre ne fait pas fantasmer. Ça vous sentirait sa petite boutique poussiéreuse. Et c'est tout à fait ça. Enfin, presque.

    Mais résumons brièvement. En août 1937 le jeune Franz Huchel est mis dans le train par sa mère pour aller gagner son pain au loin. Adieu les montagnes de Haute Autriche, direction vienne le tabac d'Otto Tresniek (il y aurait comme une certaine logique) et l’aventure (quand même). La vraie (celle qui fait peur). L'Amour (je vous l'avais dit). Avec ses hauts, avec ses bas, une telle montagne russe qu'il faudra bien le grand professeur Freud vénérable client du tabac pour l'aider à en démêler les fils. Jusqu'au jour où les ciseau bien affutés de la grande histoire viennent les couper.

    Autant être franc et massif, j'ai adoré. Franz pour commencer, dégingandé, naïf, maladroit, qui débarque de sa campagne à la grande ville et qui y comment tout de go une éducation sentimentale et intellectuelle qui va faire de lui en quelques temps un amoureux transi et l'alter ego d'un Freud vieillissant qui ne sait guère comment se dépatouiller de ce provincial qui lui colle aux basques. Et puis la manière dont petit à petit, l'horreur s'insinue dans le quotidien, presque sans qu'on la voit venir, ou sans qu'on veuille la voir venir. C'est une merveilleuse histoire d'amour, de révolte, d'humanité et de psychanalyse.

    Bref c'est indispensable, pour les cartes postales, pour la montagne russe, et pour la douceur amère qui se dégage de ce beau texte qu'on termine le cœur serré et le rire aux lèvres tant l'humour reste, n'en doutons point, l'ultime politesse du désespoir.

     

     

     

  • Quelques minutes après minuit - Patrick Ness

    livre-quelques-minutes-apres-minuit.jpgConor serait un garçon comme les autres, ne serait-ce la maladie de sa mère, le cauchemar qui envahit ses nuits et ce monstre qui apparaît quelques minutes après minuit, apportant avec lui le vent, la violence, l'obscurité. Il vient chercher la vérité.

    Autant l'avouer immédiatement, j'ai pleuré. A la terrasse d'une boulangerie, en attendant de récupérer T., le fidèle destrier, assise à côté d'un paquet de mécanos et de quelques impétrants égarés là comme moi. Moi qui ne pleure (presque) jamais. C'est dire. C'est une histoire de peur, de mort, de ce que coûte parfois la vérité et de ce que coûte toujours la maladie: l'innocence et le bonheur. On ressent ce que ressent Conor, l’ambiguïté des sentiments, la peur, la colère, même et peut-être surtout à l'encontre de ce monstre et de ses histoires.

    Petite particularité de ce roman, il a été écrit par Patrick Ness sur une idée originale de Siobhan Dowd, décédée en laissant derrière elle une ébauche et des personnages. Je n'ai pas lu ses romans, et ne ferait donc aucune comparaison avec ce qui aurait pu être. Et peu importe finalement tant ce texte est d'une force, d'une justesse et d'une beauté rare qu'accompagne à la perfection les illustrations de Jim Kay.

    Quelques-minutes-apres-minuit-03.jpg

    L'arpenteur de pages, Elbakin,...

  • Les reflets d'argent - Susan Fletcher

    les reflts.gif"Qu'est-ce qui fait une bonne histoire?

    Je réfléchis puis je dis: Il faut qu'il y ait du bonheur - des gens qui le trouvent. Il faut un paysage qui nourrisse l'esprit, et soit si parlant qu'on ait l'impression d'y être. Il faut de l'amour. Peut-être un peu de tristesse. Et il faut un voyage, d'une façon ou d'une autre."

    Un voyage, c'est ce qu'offre Susan Fletcher. Un voyage sur île perdue et battue par le vent du Nord dont les paysages sont à l'aune des hommes et des femmes qui vivent sur ses terres: rudes, et extraordinaires chacun à leur manière. Un voyage au cœur des légendes qui se sont transmises de génération en génération. Un voyage au cœur d'une légende qui prend vie et qui va tout faire changer.

    Il est difficile de mettre des mots sur la magie qui se dégage de ce roman. La même que celle d'Un bûcher sous la neige. Elle tient à la fois de la poésie des descriptions, des personnages magnifiquement campés, des paysages, de la sagesse qui surprend au détour d'une page, de la nature omniprésente. L'île prend vie sous la plume de Susan Fletcher qui rappelle que pour ténus qu'ils soient, l'espoir et l'amour restent possibles, malgré le deuil et les secrets.

    DSCN9982.JPG

    Il va vite rejoindre l'étagère des indispensables.

    Cathulu