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  • Café latte, bastards et harlequins

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    De dramatiques question se posent maintenant nous, bien chers participants: Fashion doit-elle arrêter le café latte, Chiffonnette doit-elle cesser de résister à l'appel du scone, Tarantino est-il bon pour la santé mentale des HGO?

    Toujours est-il que sous l'effet de la frustration, du café latte et de Tarantino, quelques décisions ont été prises. Non, ne nous remerciez pas, ce n'est pas la peine. C'est pour votre bien!

    Première décision: le challenge prendra fin le 30 septembre 2009, la plupart des valeureux participants ayant déjà donné du leur pour faire avancer la science.

    Deuxième décision: le meilleur billet reçevra une glamourous récompense harlequinesque qui ne sera pas un Harlequin (enfin, un harlequin est si vite arrivé qu'on ne sait jamais ce qui peut se passer dans un colis), et une médaille en chocolat (ou pas). Challengeurs et non challengeurs pourront voter pour leur critique préférée dans le billet ad-hoc, exclusion faite de ceux des organisatrices. Les votes auront lieu entre le 30 septembre et le 7 octobre.

    Troisième décision: en toute simplicité et amitié harlequinesque, nous lançons parallèlement le concours de la quatrième de couverture la plus harlequinesque, concours au cours duquel vous pourrez laisser libre court à vos fantasmes harlequinesques les plus inavouables. Fashion et moi-même réunies autour d'un martini et d'un pastis d'un café latte décernerons le prix en toute subjectivité. A vos plumes et à vos billets entre le 30 septembre et le 7 octobre itou.

     Pour la route et parce que vous et nous le valons bien, la liste de nos valeureux harlequins et harlequines:

     Stéphanie

    Papillon

    Keisha

    Laetitia la Liseuse

    Tamara

    Erzébeth

    Karine:)

    May

    Celsmoon

    Pimpi

    Hydromielle

    Mango

    Finette

    Anne

    Leiloona

    Armande

    Nanne

     Kitty

     Les livres de George Sand et moi

    Dominique

    Emma

    Tiphanya

    Yueyin

    Neph

    Shopgirl

    Lili

    Lrdpi

    Mo

    Martine

    Virginie

    Ankya

    Nanne

    Chimère

    ICB

     Levraoueg

    Hermione

    Elodie G

     Alex

    Hildebald

    Restling

    Olympe

    Mazel

    Petite fleur

    Voyelle et Consonne

     Ori

    Amanda

     Theoma

    Caro[line]

    Daniel Fattore

    Pimprenelle

    Cryssilda

    Lou

    Océane

    Sophie

    Titoune

    La Nymphette

     Miss Giny

    The Bursar

    Iluze

    Crazyprof

     Liliba

    Didouchka

    Kroustik

     La Papote

    Elisabeth

    Les piles

    Ptitlapin

    Yohan

     Ornon

    Louise

    Baudouin

    Clarabel

    Rose

    Alinéa

    Soit 74 inconscients! A vous de jouer!

  • Memory Park

    Poldavie, 2022. Trois ans après le génocide qui a touché la population d'origine ukrainienne, le gouvernement lance une campagne d'effacement de la mémoire des survivants. Pour la paix de la société poldave et le bien de tous. Mais certains ne veulent pas perdre leur mémoire. Pavel Soutine est de ceux-là. Ce qu'il sait va faire de lui la cible privilégiée des services gouvernementaux.

    J'ai finalement assez souvent l'occasion de hurler mon amour pour les littératures de l'imaginaire mon intime conviction que les romans qui relèvent de ces genres sont parmi ceux qui parlent le mieux du monde qui nous entoure et de ses enjeux. Memory Park ne déroge pas à la règle, Fabrice Colon offrant à ses lecteurs un texte percutant et intelligent sur les enjeux de la mémoire collective et les mouvements nationalistes qui s'éveillent de temps à autre à la violence.

    Sa Poldavie, petit état récemment indépendant d'Europe de l'Est est totalement crédible. On retrouve au fil des pages tout ce qui a hanté les pages des journaux dans les années 90 et au début des années 2000: les revendications indépendantistes, les mouvements de population, les crispations identitaires, les tensions ethniques et religieuses, les affrontements, l'impuissance des grandes puissances... Et surtout, le cheminement lent et terrifiant qui mène des hommes à exterminer leurs semblables au nom de valeurs dévoyées et faussées. J'ai été, faut-il le dire, impressionnée par la qualité de la trame et du paysage politique imaginés par Fabrice Colin.

    Ce cadre, et les événements qui se sont déroulés en 2019, le lecteur les découvre au fil des souvenirs d'un adolescent, Pavel, un des rares survivants de la vague de violence qui a déferlée sur la Poldavie, et de sa lutte contre le "devoir d'oublier" prôné par le gouvernement poldave trois ans après que des camps d'extermination aient fait leur réapparition. Le devoir d'oublier, comme pendant au devoir de mémoire. Les aventures de Pavel posent une question fondamentale: peut-on faire oublier le pire au nom du bien collectif, peut-on purement et simplement effacer ce qui dérange pour éviter d'y faire face et de risquer la réprobation des générations futures? Le message est fort, complexe, d'autant plus complexe que Fabrice Colin n'y apporte pas de réponse toute faite et évite soigneusement tout sentimentalisme ou sensationnalisme morbide. Pavel oscille entre l'envie d'oublier, la colère, la volonté de rapporter au monde ce qui s'est passé. Seule certitude, la nécessité du témoignage. Questions et amorce de réponse sont distillé au fil des aventures vécues par Pavel et son entourage, aventures qui ne m'ont pas toujours convaincue, mais permettent de maintenir un suspense efficace.

    La construction assez ambitieuse du texte avec de constants aller-retour du présent au passé, les thèmes abordés, les personnages complexes, tout concourt à faire de Memory Park un roman pour adolescent intéressant et passionnant, non pas essentiel, mais utile pour soulever sous un angle nouveau les questions du devoir de mémoire, du génocide, de la manipulation. et rappeler que l'histoire se répète trop souvent.

    Colin, Fabrice, Memory Park, Mango, coll. Autremonde,  2007, 4/5