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et oui

  • Agnès Grey - Anne Brontë

    9782253132387FS.gifAgnès est fille de pasteur d'un village du nord de l'Angleterre. Ses parents ayant subi un revers de fortune, elle décide de subvenir à ses besoins en occupant un des rares emplois accessibles à une jeune femme de bonne famille: gouvernante. Mais il y a loin des rêves à la réalité.

    Anne Brontë, la seule des soeurs dont je n'avais jamais abordé l'oeuvre, non pas que je ne connaissais pas son existence, mais rien ne m'avait attiré vers elle à l'époque où je me plongeais avec bonheur dans Jane Eyre et entre-temps, ma foi, je l'avais purement et simplement oubliée. C'était donc une totale découverte.

    Que dire, que dire... J'aurais adoré adorer, j'aurais adoré être fascinée, je me suis un peu ennuyée. Il faut dire qu'Anne Brontë est pour le coup une sorte d'OVNI dans ce que je connais des plumes féminines anglaises du 19e siècle. Elle n'a pas la passion de ses soeurs, pas une once de l'humour de Jane Austen, ni la profondeur de George Elliot. Je m'arrête là dans les références, c'est juste pour souligner à quel point je me suis trouvée surprise devant cette chronique sociale à la fois acérée et un peu fade. Comme Charlotte, Anne a choisit de raconter son histoire en donnant à entendre la voix de son héroïne. Agnès raconte sa décision de partir, sa première expérience douloureuse, la seconde tout aussi désastreuse, les changements brutaux que connaît son existence jusqu'à une fin certes heureuse, mais dans les même tonalités fanées que ce qui précède. Pourtant, le fond est intéressant: au lieu de romancer son expérience de gouvernante, Anne choisit de la raconter à travers Agnès de manière très réaliste, âpre, parfois même acide. Mais le tout est narré avec une froideur, une retenue qui ne permet à aucun moment de s'attacher aux personnages et aux situations. Agnès la première d'ailleurs, falotte au possible, retombant dans les mêmes situations, se soumettant à la loi des riches. Du coup, ses mésaventures répétées sont un peu lassantes, tout comme ses réflexions morales et religieuses, bien plus présentes que dans les oeuvres de ses soeurs.

    Agnès Grey est un roman intéressant, plus froid que le passionné Jane Eyre ou Les hauts de Hurlevent, mais il a aussi moins parlé à mon coeur de lectrice, et plus à sa tête. Et ce n'est pas la naissance et le récit discret de l'idylle d'Agnès et de Mr Weston qui éveille le moindre intérêt ou attachement.

    Au final un roman qui me laisse un petit goût d'inachevé. Je tenterai ma chance avec The Tenant of Wildfell Hall.

     

     

     

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  • N°6 - Atsuko Asano

     

    N°6 est une ville où tout et chacun est à sa place et où les enfants aux capacités remarquables, comme Aster, sont éduqués pour former l'élite quelque soit leur origine. Mais à N°6, il ne suffit pas d'être surdoué pour être choyé, il faut aussi être un bon citoyen. Et un bon citoyen, Aster cesse de l'être la nuit où il vient en aide à un adolescent en fuite, Le Rat. Puni pour son acte d'incivilité, Aster est exclu de son école et doit quitter son existence protégée. Quatre ans plus tard, il est témoin de deux morts suspectes dues à une mystérieuse maladie. Pris pour bouc émissaire par la police de N°6, il est contraint à la fuite. C'est le moment que choisit Le Rat pour refaire surface et le secourir à son tour. Pour Aster, c'est la chute dans un univers inconnu et effrayant où tous repères et toutes certitudes sont balayés.

    N°6 n'a rien de particulier, rien d'original. Oui, vous avez bien lu. Et pourtant, pourtant, à peine le premier tome terminé, vient une envie irrépressible de se jeter sur le tome 2 pour connaître la suite de l'histoire qui en compte 6. Le pire c'est qu'il n'est même pas possible de gémir que c'est trop injuste, que c'est encore une série à rallonge, le premier tome se lit en 2 heures et la suite sera sans doute aussi rapide à avaler! C'est qu'Atsuko Asano est diablement efficace! C'est court, mais dense! Dans ce premier tome, elle installe presque tranquillement cadre et personnages mais sans oublier d'instiller mystère, angoisse et interrogations. Qui est Le Rat par exemple? Et pourquoi est-il poursuivi par la police? Quel est ce mystérieux extérieur où sont relegués les parias? Qu'est-ce dont que N°6? La ville parfaite ou une prison dont es habitants ne sont pas conscients? Pour un lecteur averti, la trame se dessine et on se doute des chemins que vont prendre l'intrigue. Mais en même temps, l'auteur sait parfaitement jouer d'effets de surprise et on se demande de quelle manière elle va poursuivre son histoire!

    C'est en tout cas une dystopie qui joue parfaitement sur les thème de la société parfaite, du contrôle écologique, de la soumission à l'autorité et de l'éducation tout en installant un suspense plutôt prenant. Il y a l'émergence de la maladie, la fuite d'Aster, mais il y a aussi toute une réflexion sur l'utilitarisme, notamment à travers l'éducation à laquelle est soumis Aster, spécialisées, centrée sur les besoins de la ville et de la société (sciences, ingénierie,...) confrontée à l'éducation du Rat dont la tanière contient un mur de livre assez impressionnant. Humanités contre science, la bataille s'amorce dans le premier tome et promet des moments intéressants dans les tomes suivants.

    Asano, Atsuko, N°6, Rocher jeunesse, 2007, 4/5