12.04.2009
Régals du Japon et d'ailleurs

Exquis d'écrivain... Cette collection avait tout pour me plaire: des écrivains prenant la plume pour raconter leurs émois culinaires, leurs gourmandise, leurs plaisirs et leurs voyages gustatifs. Et pourtant, le premier des contacts avait été peu concluant, au point de m'éloigner pour longtemps de ces jolis petits livres. Il a fallu que Cathulu m'envoie fort gentiment son exemplaire de Régals du Japon et d'ailleurs, puis que je me décide à l'ouvrir. Je n'ai cédé qu'à l'occasion du Salon du livre où il me fallait un petit livre léger à bouquiner dans le métro entre chez moi et l'Antre de la Perdition, ce qui m'a finalement permis de passer un très agréable voyage!
Dominique Fortier ne parle pas d'elle, en tout cas pas directement. Dans une série de scénettes très différentes, elle raconte des histoires qui toutes, tournent autour de la cuisine, celle que l'on fait, celle que l'on déguste, celle que l'on attend et que l'on partage. On se promène au Japon, à Singapour, dans les montagnes françaises, en Afrique, à Metz, dans le Pacifique à la rencontre de gourmands agréables à fréquenter. Non pas que le tout me laissera un souvenir impérissable, mais j'ai été accrochée par le premier chapitre, où il est question de potiron, élément, il faut l'avouer, essentiel de mon alimentation quand la saison en est venue. Et puis on sent la gourmande derrière la plume, l'envie de bonnes choses, les souvenirs gourmands qui irriguent l'écriture. J'en aurais presque eu faim! Les dialogues et les situations croquées du bout de la plume sont parfois cocasses, parfois pittoresques, parfois les deux, en tout cas, elles sonnent juste et vécues et allèchent le lecteur, ce qui est le but de l'opération!
Merci Cathulu, ce petit livre a effectivement trouvé sa lectrice! L'avis de Ma cuisine rouge.
Dominique Fortier, Régals du Japon et d'ailleurs, Nil, coll. Exquis décrivains, 3/5
07:03 Publié dans Gourmandises | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : gourmandise, japon quand tu nous tiens
25.08.2008
Gourmandises

J’avais déjà croisé aux détours des rayonnages de la bibliothèque le nom de Maguelonne Toussaint-Samat. L’œil attiré par le joli titre de son ouvrage, je l’avais noté dans un recoin de ma mémoire, me disant qu’un jour ou l’autre, le l’ouvrirai pour voir ce qu’elle pouvait bien raconter sur ce sujet au combien alléchant des gâteaux et des friandises. Il a fallu que Babelio m’envoie son Miamissime dans le cadre de l’opération Masse Critique pour que je me décide ! Et bien m’en a pris !
La très belle et très exquise histoire des gâteaux et des friandises est une somme d’érudition, d’humour et de plaisir enthousiasmante. Maguelonne Toussaint-Samat fait œuvre d’historienne des mœurs : même si elle ne s’affirme pas comme telle, elle trace à travers l’histoire des gâteaux, entremets, desserts et autres gourmandises un tableau des us et coutumes humaines à travers le temps et l’espace. Mais on est loin de l’aridité que peuvent parfois avoir les essais historiques. Quand Maguelonne Toussaint-Samat fait une chronologie, c’est celle des pâtisseries les plus marquantes ! Quand elle utilise l’étymologie, c’est pour retracer les évolutions du mot entremet, ou de pâtissier ! Quand elle appuie ses démonstrations sur des extraits d’œuvres, ce sont des menus de banquets du 17e siècle et des recettes telles qu’écrites par ceux qui les ont réalisées… ou dégustées !
De manière fort agréable et didactique, l’ouvrage est divisé en parties : une première pour faire l’histoire de la profession des enchanteurs, pâtissiers et confiseurs, une seconde pour retracer l’histoire des ingrédients, une troisième pour faire celle des gourmandises à travers les âges, une autre pour retracer l’évolution des gâteaux et pâtisseries françaises avant d’arriver aux traditions gourmandes du monde entier et de passer aux glaces, confitures et fruits confits ! Le tout abondamment illustré de cartes postales, photographies, dessins, lithographies et parsemé d’anecdotes savoureuses : comment est née la toque du pâtissier, pourquoi le bretzel a la forme qu’on lui connaît et était échangé par les fiancés à Noël, pourquoi les œufs étaient considérés comme trop précieux pour être utilisés dans les gâteaux, d’où vient le sucre et comment il a été découvert… Avec Maguelonne Toussaint-Samat, on voit des destins de pâtissiers s’accomplir, des guerres se livrer à grand renfort de pain d’épice, et on apprend une foule de choses fort sérieuses et intéressantes sans même en avoir l’impression tant sa passion et son enthousiasme sont communicatifs !
A lire Maguelonne Toussaint-Samat, on n’a qu’une envie, celle de se replonger dans livres et carnets de recette, de touiller et mitonner, monter et pâtisser pour illuminer le quotidien, partager le bonheur de ces bonnes choses si importantes et accomplir le « devoir de gourmandise » !
Maguelonne Toussaint-Samat, La très belle et très exquise histoire des gâteaux et des friandises, Flammarion, 2004, 431 p.
15:00 Publié dans Gourmandises | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : gâteaux, ffriandises, gourmandise, toussain-samat
02.07.2008
Miam!!

Le nom de Maguelonne Toussaint-Samat sonnait familièrement à mes oreilles. Et pour cause, j’avais eu l’opportunité de feuilleter son délicieux La Très Belle et Très Exquise Histoire des gâteaux et des friandises. C’est donc encore plus alléchée que j’ai ouvert Le miam..issime.
Et à la lecture des avant-propos et introductions, difficile de ne pas être tenté de tourner et retourner les pages. Jugez plutôt : « Mais on ne devient cuisinier que si on est né gourmand. On ne fait bien que ce qu’on aime. On ne fait bien que ce qui nous plaît et nous amuse. La cuisine ne sera jamais une corvée si vous en mettez, en plus du grain de sel, ce qui est aussi indispensable : beaucoup d’enthousiasme et d’amour. Nous vous le redirons encore : la cuisine est un acte d’amour. » En l’occurrence, elle prêche une convaincue !
Commençons par l’objet lui-même : 22x16 cm, tient ouvert tout seul même sur les dernières pages (en forçant un peu) ce qui est fort agréable et plus que pratique ! Pour le reste, et bien, en 14 chapitres thématiques, Maguelonne Toussaint-Samat donne 800 recettes qui sentent le vécu ! Chose appréciable, ces thèmes ont été choisis par grands domaines d’ingrédients ou de plats. Je m’explique : on commence avec les beurres, condiments, vinaigrettes et sauces ; on continue avec les soupes, les hors-d’œuvres, les œufs, les légumes verts, puis les féculents, avant de passer aux poissons et fruits de mer, les viandes rouges, les viandes blanches, les plats complets, les fromages et crèmes ; les gâteaux, desserts et entremets ; les pains, viennoiseries et pâtes ; les petits gâteaux, bonbons et sucreries.
Avec ça, celui qui prétend ne pas y retrouver ses petits est de mauvaise foi ! Si, je l’affirme ! En plus, chaque chapitre est introduit avec une touche d’humour et quelques mots en guise de mise en bouche.
Le plus notable dans tout cela est que chaque recette a été cuisinée par l’auteur qui y va de son petit commentaire, de sa petite histoire, de ses trucs et astuces, de ses variantes. Du coup, on apprend une foule de petites choses, et on s’attache à lire chaque ligne, du moins quand l’auteur n’estime pas qu’il suffit d’un « Mélangez bien ces ingrédients » qui suffit à toute l’affaire ! Pas de bla-bla ni de mots compliqués dans tout ça ! Et surtout, aucun scrupule à utiliser les ustensiles que le progrès a mis à disposition des cuisiniers ni à remplacer une sauteuse par une poêle, ou n’importe quelle autre casserole assez grande pour faire l’affaire !
Bref, les recettes de Maguelonne Toussaint-Samat sentent le vécu, le bonheur d’offrir, de partager avec les amis, la famille la préparation et la dégustation de repas traditionnels ou exotiques. Cet aspect en fait un livre beaucoup plus agréable à utiliser que les habituels Larousse par exemple.
Chacun peut trouver son compte dans ce recueil. Le débutant complet, le plus-tout-à-fait débutant, le cuisiner chevronné, l’amateur de bonne chère. En tout cas, je ne peux qu’adhérer totalement à sa philosophie de la cuisine et à la passion manifeste qu’elle met à transmettre à son lecteur ce qui a été et reste au centre de sa vie.
Mon seul bémol : la maquette est tout à fait hideuse à mon sens ! Pas une image, du gris et du orange à en avoir le tournis ! Le choix de ces couleurs, sans doute justifié me semble donner un aspect à la fois trop austère et violent. Les lignes surlignées, l’utilisation des polices sont peu agréables. Et le manque d’« aération » du texte étouffe un peu ! Dommage vu la qualité du texte. Reste quand même qu’il serait dommage de se priver de cette somme gourmande, simple et érudite pour cette seule raison !

Maguelonne Toussaint-Samat, Le miam…issime, Toute la cuisine que j’aime en 800 recettes, Ed. Sud-Ouest, 2008, 768 p.
15:00 Publié dans Gourmandises | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : recettes, gourmandise, toussaint-samat







