
Vu mon addiction inquiétante pour l'univers de Jane Austen, il m'a été difficile de patienter jusuqu'à mettre la main sur Les nombreux monde de Jane Austen dont la très belle couverture me faisait de l'oeil. Autant vous dire que j'ai été insupportable, guettant assidûment l'arrivée de cet ouvrage ô combien désiré à la bibliothèque.
Et alors me direz-vous? Et alors c'est une déception, certes relative, mais une déception. Rien à dire ou presque sur la forme: illustrations abondantes, encarts explicatifs, bibliographie, c'est un ouvrage agréable à parcourir. Mais ce qui 'm'avait enthousiasmé dans Les nombreux mondes de Harry Potter m'a beaucoup gênée dans Les nombreux mondes de Jane Austen. Je m'explique: les oeuvres de Jane Austen sont présentées comme si leurs protagonistes avaient existés et avaient fait partie, de près ou de loin de la vie de Jane Austen. Du coup, se mêlent à la biographie de l'auteur des éléments des romans d'une manière qui ne m'a pas vraiment parue intéressante. Entre des épisodes de la vie de Jane Austen, le lecteur a droit à des résumés circonstanciés des romans et de leurs intrigues, ce qui, pour un lecteur assidu de Jane Austen, ne présente absolument aucun intérêt et risque de gâcher le plaisir de la découverte à celui qui n'a pas encore lu tout ou partie de son oeuvre. Sans compter qu'il devient difficile à qui n'a pas lu une biographie de l'auteur de démêler le romanesque du fait. Ce n'est de fait pas très grave puisque l'ouvrage ne se veut pas une biographie de Jane Austen mais une présentation de sa vie et une biographie croisée de ses principaux personnages mais cela a induit au cours de ma lecture un sentiment de malaise et d'agaçement dont je n'ai pas pu me défaire et qui s'est agravé à l'aune du manque de références et de sources concernant les photographies et illustrations abondantes dans le texte. J'ai lâché prise à la moitié de la chronologie qui constitue la deuxième partie de l'ouvrage. J'avais aimé dans Les nombreux monde d'Harry Potter ce parti pris d'aborder les personnages de fiction comme des personnages ayant réellement existé. Mais alors que dans cet ouvrage il était clair que la fiction était à l'honneur, dans Les nombreux mondes de Jane Austen, la frontière se brouille.
Point positif, ceci étant dit, on a droit à des notes concernant la Régence qui apportent sur l'oeuvre de Jane Austen un éclairage intéressant et qui situent dans leur contexte les petites choses du quotidien qui abondent dans les romans. Dommage qu'il n'y en ait pas plus. Et on a droit en prime à un passage en revue de la postérité de Jane Austen qui donne une furieuse envie de passer une commande immédiate.
Reste le texte de John Kessel, écrit en hommage à Orgueil et Préjugé et qui clos d'agréable manière ce docu-fiction. Orgueil et Prométhée a le mérite de mettre en avant la pauvre Mary Benning et de lui faire rencontrer un Frankenstein plutôt torturé.
Je connaissais sans doute trop l'auteur et son oeuvre pour apprécier pleinement l'ouvrage comme j'avais pu apprécier Les nombreux monde d'Harry Potter et dépasser mes réticences.
Ballester, Isabelle, Les nombreux mondes de Jane Austen, Les moutons électriques, 2009, 340p. 2/5