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  • En avant, route! - Alix de Saint-André

    Trois fois Alix de Saint-André a pris le chemin. Trois fois elle s’est dirigée vers Compostelle, elle, la croyante intermittente, fumeuse invétérée et pas sportive pour deux sous. Trois fois elle a vécu une formidable aventure humaine, faite d’ampoules aux pieds, de chats mal doués, de rencontres, de disputes et de réconciliations qu’elle raconte avec humour.


    Autant vous le dire, j’ai adoré faire ce bout de chemin avec Alix de Saint-André et les autres. Le chemin, je ne l’ai jamais parcouru même si je le regarde depuis quelques années avec envie et le sentiment qu’un jour, j’irai le parcourir, en entier ou pas, on verra bien. Du coup, le découvrir sous cette plume réjouissante a été un vrai bonheur. Alix de Saint-André raconte son expérience, la vie quotidienne des pèlerins, les agacements, les moments de bonheur, les rencontres banales et extraordinaires, l’âne Pompon, ses sept maris, le botufumeiro, les raisons qui poussent un jour à prendre la route sac au dos pour trouver les réponses et même les questions, chacun avec son vœu, chacun avec une histoire qu’il choisit de raconter ou pas puisque l’important sur le chemin ce n’est pas ce qu’on est hors du chemin mais ce qu’on y partage, ce qu’on y vit ensemble ou dans la solitude. C’est un beau regard qu’elle porte sur elle-même et les autres, plein de tendresse, d’ironie douce et de lucidité sur la nature humaine.
    C’est un récit fort, qui mêle les détails triviaux du quotidien à des pages passionnantes sur la foi, les choix de vie, ce que l’engagement dans ce pèlerinage représente et apporte. On rit, on s’émeut, on vit un peu cette aventure à quatre kilomètres-heure et cette drôle d’odyssée dont on ne guérit apparemment jamais vraiment quelques aient été les raisons de s’y engager.
     

    Cuné m'avait donné envie de découvrir cette belle aventure, qu'elle en soit remerciée!

    Saint-André, Alix de, En avant route!, Gallimard, 2010, 307 p., 4/5
     

     

  • Le ruban rouge - Carmen Posadas

     

    1794, la Terreur bat son plein. Les exécutoins se succèdent à un rythme soutenu. Parmi les condamnés, deux jeunes femmes se lient d'amitié et survivront grâce à la chute de Robespierre. L'une deviendra impératirce, l'autre sera une des femmes les plus adulées de la Révolution avant de devenir l'égérie du Directoire. Devenue vieille, Thérésa Cabarus raconte le destin extraordinaire qui a mené une jeune aristocrate espagnole à s'inscrire dans l'histoire de France.

    Je ne sais pas trop ce que j'attendais en cochant la petite case devant ce titre lors de l'opération Masse Critique de Babélio, mais certainement pas à ça. Une romance historique m'aurait fait grand plaisir, un essai romancé m'aurait au moins intéressée, mais cette espèce de pensum indigeste m'a laissé un goût d'inachevé. Sans doute parce qu'après avoir lutté sur deux cent pages, j'ai jeté l'éponge. Carmen Posadas se flatte de brosser le portrait d'une femme hors du commun, prise dans les remous d'une époque de ruptures et de violence. Ça aurait pu être fascinant, ça se transforme en un cours d'histoire de France mal digéré. L'histoire des moeurs, le portrait de femme, tout cela est noyé dans des descriptions longues comme le bras de la situations politique et des intrigues de salon. Et alors même qu'il semble qu'elle ait joué un rôle important encore qu'effacé par son statut de femme, Thérésa est présentée, en tout cas sur la grosse moitié que j'ai lue, comme une jeune femme intuitive mais finalement peu intéressée par quoi que ce soit d'autre que ses futilités et son confort. Quiconque un tant soi peu familier avec l'histoire de la période n'apprendra rien de bien passionnant. Et alors que des mémoires pourraient se révéler enlevées et passionnantes, Carmen Posadas utilisant la voix de Thérésa ne parvient jamais à la rendre proche à son lecteur ou intéressante par le récit qu'elle pourrait faire des événements qu'elle a vécu. Ajoutons à cela que le style est pour le moins plat et que les dialogues ne sonnent jamais, ou du moins rarement juste, la coupe était pleine. Bref, on est dans un entre-deux qui rend le récit ennuyeux comme rarement. Pour être tout à fait franche, mes cours de licence étaient plus enthousiasmants.

    Choupynette a un avis plutôt similaire au mien.

    Merci malgré tout à Babelio et au Editions du Seuil pour cet envoi.