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  • A vos marques!

    Par un plock attirée, j'ai porté mon attention vers le nid d'une certaine dame Pickwick qui a eu la lumineuse idée de nous concocter un petit concours de derrière les fagots, façon psychanalyse des compulsifs et compulsives que nous sommes. Parce que soyons honnêtes, très chers, non content d'amasser les livres comme les écureils les noisettes, nous sommes également sujets à certaines maniaqueries touchant par exemple, un exemple, juste comme ça l'exemple, hein, les marques-pages. Avouez, vous cornez, vous utilisez vos tickets de bus ou de métro, des objets divers et variés, voire des marque-pages, des vrais, et ptêtre bien même que vous en offrez!

    Bref, foin de ces considérations! J'ai décidé de vous dévoiler mon rapport à ces petites choses... Chez moi, les marque-pages nichent dans les endroits les plus incongrus. On en retrouve fréquemment au milieu des chaussettes (je me demande s'ils les mangent, cela expliquerait bien des choses), des tee-shirts, des fiches de paie et autres. Ils ont aussi élu domicile sur mes étagères et cohabitent joyeusement avec d'autres locataires.

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    De temps à autres, ils échouent dans mes romans et autres lectures en cours. Les grands gagnants ces derniers temps sont:

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    Oui, il m'arrive d'être un brin déconcentrée pendant que je lis... Et c'est la faute d'Isil!

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    Ce petit bonhomme, je l'ai brodé de mes blanches mimines. Il se cache souvent entre deux pages!

    B
    Mais il faut bien que je dévoile aussi qu'ils leurs arrive d'être remplacés par ces petites choses qui me tombent sous la main au moment crucial:
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    Au hasard de mes activités...

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    Oui, je sais...

    D'autant que les renforts ne manquent pas! La preuve en image:
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    Ca, c'est la réserve cachée!
    Avec des petites merveilles!
    Celles qui me rappellent de beaux souvenirs: des voyages, des gens que j'aime:

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    Celles qui me dévoilent un peu:

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    Et ceux que j'ai chiné au gré de mes périgrination de salons en bibliothèques! Qui me font sourire, qui me rendent fière, les rares, les moins rares... Je les aime!

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  • Les vampires de Londres - Fabrice Colin

    tome-1-etranges-soeurs-wilcox-L-1.jpegLondres, 1888. Amber et Luna se réveillent enterrées vives et se découvrent des pouvoirs pour le moins étranges qui vont les impliqué dans une guerre dont le commun des mortels n’a jamais entendu parler. Et pour cause, elle implique des créatures qu’on pense être des créations d’imaginations surchauffées…

    J’étais, je dois bien l’avouer, quelque peu dubitative pour avoir entendu tout et son contraire à propos des sœurs Wilcox. Quid me demanderez-vous ? Et bien c’est à mon avis un fort bon début de série. Fabrice Colin plonge avec délice dans les rues sombres et brumeuses d’un Londres nocturne qui recèle bien des mystères et crée une ambiance gothique tout à fait agréable pour le lecteur. Sans compter qu’il joue avec bonheur des figures de la littérature de genre. On croise Watson, Holmes, Jack l’Eventreur dont les mystères sont résolus, une ligue qui ressemble fort à la Ligue des Gentlemen Extraordinaires, Dracula, une certaine comtesse Bathory et au détour d’un chapitre, la reine Victoria elle-même. L’hommage, certes un brin appuyé, n’est jamais lourd puisqu’il est parfaitement intégré dans un récit prenant, servi par deux héroïnes auxquelles on s’attache : Amber, volontaire et têtue, parfois trop pour son propre bien, Luna la rêveuse dont les hésitations sont tempérées par  un courage bien affirmé pour son âge. On découvre par petits bouts les créatures qui hantent à l’insu des humains les rues de Londres : terrifiants vampires, goules, fées, faunes et autres bestioles étranges et plus ou moins sympathiques. Le décor et les personnages s’installent petit à petit, et si l’intrigue ne brille pas par une folle originalité, elle promet quelques développements.

    Reste à savoir si la cible principale du roman sera aussi séduite par ces deux héroïnes et les nombreuses références qui parsèment leurs aventures, la plupart nécessitant tout de même quelques connaissances.

    Bref, c’est un roman sympathique, agréable à lire qui promet une série intéressante. Je ne manquerai pas de faire un sort au tome 2, ne serait-ce que pour savoir comment les deux sœurs vont se dépatouiller de leurs problème et ce qu’il va advenir de ce bon vieux Sherlock qui croise décidemment bien souvnt ma route ces derniers temps.

    L'avis de Cathulu, Fashion, Lily, Emmyne...

    Colin, Fabrice, Les étranges soeurs Wilcox t.1, Les vampires de Londres, Gallimard Jeunesse, 2009,283p., 4/5





  • La tante Julia et le scribouillard - Mario Vargas Llosa

    459264386.jpgQue voulez-vous, un titre comme ça, moi, je ne résiste pas! Et il était temps pour moi de découvrir cette plume incontournable de la littérature sud-américaine que représente Mario Vargas Llose. Avec en plus un bon whisky et un feu de bois à la faveur de vacances plus si récentes, j'ai ouvert avec gourmandise cet opus du grand monsieur sans me douter encore que j'allais me faire balader sur quelques centaines de pages de belle manière.

    Mais avant de continuer, quelques mots sur l'intrigue: Varguitas a 18 ans et passe ses journées d'étudiant en droit à rédiger les nouvelles pour la radio locale, espérant plus que tout faire reconnaître au monde entier sa vocation d'écrivain et rendant visite à sa nombreuse famille dans laquelle débarque un beau jour la belle Julia, superbe trentenaire bolivienne divorcée et fermement décidée à se trouver un second mari, quitte à s'entraîner un brin sur ce petit Vargas monté en graîne. Mais au jeu de l'amour, tel et pris qui croyait prendre...

    Voilà du moins pour l'intrigue principale. En fait, La tante Julia et le scribouillard ne peut pas vraiment se raconter. C'est une histoire d'amour scandaleuse entre un jeune homme et sa tante plus âgée que lui, c'est c'est l'histoire d'un apprenti écrivain, et c'est l'histoire du Pérou des années 50 avec sa bonne société, ses classes populaires, ses étudiants désargentés et la radio qui prend une place considérable dans l'existence de tout un chacun. La tante Julia et le scribouillard, c'est l'histoire d'un écrivain, mais par forcément de celui auquel on penserait au départ. Varguitas écrit, déchire ses oeuvres, se vexe, écrit àa la manière de truc et de muche avant de recommencer de plus belle. Varguitas est un débutant et moins que rien face à Padro Camacho, le maître absolu, l'auteur des feuilletons radiophonique qui tiennent en haleine le Perou tout entier. Sous sa plume, c'est une débauche de personnages hauts en couleur, de pages d'histoires familiales sordides ou drôlatiques qui se dessinent. Entre chaque chapitre suivant le développement des relations de Varguitas et de Julia, le lecteur a droit à un chapitre de feuilleton et rencontre à cette occasion un gynécologue qui parle trop vite, un flic un peu trop consciencieux, un clandestin nu, un dératiseur fou, une drôle de psychanalyste, un guitariste aux amours tragiques et pléthore d'autres personnages embringués dans des tragédies, des tragi-comédies, ou des comédies dont aucune n'est exempte d'une bonne dose de points d'exclamation et de suspense. J'avouerai qu'il m'a fallu un moment pour comprendre ce que venaient fiche au milieu de l'histoire de Varguitas ces élucubrations, il m'arrive d'être un peu lente (ou alors c'était le whisky et non je ne me cherche pas d'excuses), mais une fois le principe découvert, j'ai pris d'autant plus plaisir à ces chapitres que petit à petit Camacho perd la tête et le fil de ses histoires qui deviennent autant de monstres autonomes qui dévorent leur créateur.

    Ceci dit, si le procédé est indéniablement drôle et fascinant par ce qu'il dit de l'écriture et des relations entre l'écrivain et ses créations, on arrive un peu essouflé à la fin, fatigué par le trop-plein d'exagérations et d'envolées dans des histoires qui perdent de leur sel à force d'en avoir trop et qui porteraient presque un peu préjudice à l'histoire de Varguitas et de Julia. Parce qu'il ne faut pas croire, elle est belle cette histoire d'un amour presque interdit, clandestin en tout cas et auquel personne ne croit sauf les intéressés près à soulever des montagnes pour vivre au grand jour. D'autant plus belle que la situation était scandaleuse à l'époque et que le fond est manifestement autobiographique. Elle donne en plus l'occasion de découvrir un petit bout du Pérou, de son histoire et de son opposition aux argentins dont on ne sait pas vraiment ce qu'ils ont fait pour être détestés à ce point si ce n'est qu'ils ont du faire quelque chose!

    Et puis c'est une belle réflexion sur l'écriture et sur les affres de la création au final: de la naissance d'une grande plume à la mort d'une autre, d'un écrivain reconnu à un scribouillard qui enchante les masses, c'est un joli tableau que dresse Vargas Llosa.

    Bref, malgré mes petites réserves, toutes personnelles, c'est un tourbillon plutôt jubilatoire à découvrir!

    Vargas Llosa, Mario, La tante Julia et le scribouillard, Folio, 1985, 469 p., 3.5/5