
Une épidémie de scorbut, une cloche qui se remet à sonner après des années de silence, des fantômes qui errent dans les rues de la ville. Quand les morts reviennent venger un naufrage causé par l'amour fou, la jalousie et la vénalité, brumes et mort viennent mettre en cause tout ce qui faisait la vie de Laurence, la jolie infirmière, et la lancent dans une quête qui sera dorénavant toute sa vie.
Ombre est l'histoire d'un amour fou, celui de Laurence pour Bernard, son ami et son amant, emporté par les marins du Solitaire, le bâteau fantôme. Seule solution pour le retrouver, se plier aux exigences de l'Ombre, un homme masqué qui vit figé dans le temps et qui cherche à réunir la cargaison du Solitaire, navire perdu par la faute de son armateur, jaloux de l'amour unissant sa promise et un marin. Une cargaison qui contenait les reliques d'Ozbek, suceptibles d'apporter l'immortalité à ceux qui sauraient l'utiliser.
En fait, il est extrêmement difficile de faire un résumé complet de l'intrigue de ces sept tomes. C'est que ses fils se mêlent et s'entremêlent. On y trouve un navire fantôme, une ombre détachée de son maître, une divinité maîtresse du temps, un sablier porteur de mort, des fantômes, des sorcières, des esprits et des démons, des failles temporelles. Le tout donne une série à l'ambiance mystérieuse dont on se plaît à suivre les rebondissements et les révélations.
L'Ombre cherche à exister par et pour elle-même, Laurence à rejoindre son amour perdu par-delà la mort. Seule solution, dominer le temps, et donc, se rendre maître des reliques d'Ozbek, de son sablier, du diamant et de ses os. C'est l'occasion de réflechir à ce qu'est l'amour, au désir d'immortalité des hommes et à leur peur de la mort.
La construction en elle-même est intéressante: de l'exposition des personnages et de l'intrigue à la quête de Laurence, chaque partie de l'intrigue se découpe en deux albums. Seul regret pour moi, un nombre finalement trop peu nombreux de tomes qui ne permet pas d'exploiter au maximum le potentiel du scénario.
Bref, un scénario riche, des dessins qui servent à merveille l'atmosphère de l'histoire, qui me laisseront un excellent souvenir.
Un article sur SFMag.
Ombres, Dufaux, Rollin, 7 tomes, Glénat